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L’arrivée de nombreux travailleurs étrangers temporaires retardée en Abitibi-Témiscamingue

Des travailleurs agricoles plantent des fraises dans un champ du Québec.

Dans la région, ce sont principalement les producteurs bovins et laitiers qui ont recours à de la main-d'œuvre étrangère durant l'hiver (archives).

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

L’Union des producteurs agricoles (UPA) demande au gouvernement fédéral d’intervenir pour assurer l’arrivée des travailleurs étrangers temporaires au pays.

L’UPA joint sa voix à celles de l’Association des producteurs maraîchers du Québec et à la Fondation des entreprises en recrutement de main-d'œuvre agricole étrangère pour demander au premier ministre Justin Trudeau ainsi qu’aux ministres fédéraux concernés de mettre en place une cellule de crise.

Selon l’UPA, Service Canada éprouve présentement d’importants ratés informatiques (Nouvelle fenêtre), ce qui retarde le traitement des études d’impact sur le marché du travail (EIMT). Ce document est essentiel pour les employeurs qui souhaitent avoir recours à de la main-d'œuvre étrangère.

Le président de l’UPA en Abitibi-Témiscamingue, Pascal Rheault, soutient que ces délais provoquent déjà des impacts tangibles chez plusieurs producteurs agricoles de la région.

On a 26 travailleurs étrangers temporaires qui sont attendus chez nous et qui sont présentement retardés. Il y a déjà des entreprises qui ont accumulé deux mois de retard. Je ne sais pas quand ces travailleurs-là vont pouvoir venir sur le territoire pour travailler, mais présentement, c’est vraiment une problématique, affirme-t-il.

Pascal Rheault assis derrière une table

Pascal Rheault

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

M. Rheault indique qu’à cette période de l’année, ce sont principalement des producteurs bovins et laitiers qui doivent avoir recours à de la main-d'œuvre étrangère.

L’hiver, c’est une période où tu dois t’occuper des animaux, surtout au niveau du bovin. Quand l’ouvrage doit être fait à deux ou à trois et que tu te ramasses seul parce que tu n’as pas de travailleur, c’est compliqué. On sait que le taux de chômage dans la région est pratiquement à zéro et c’est difficile d’attirer parce que les salaires sont très élevés. Alors quand les travailleurs étrangers ne peuvent entrer, il y a des entreprises pour lesquelles c’est extrêmement difficile , soutient M. Rheault.

Le président régional de l’UPA ajoute que cette situation peut avoir des conséquences sur le plan psychologique pour les agriculteurs.

Quand tu es habitué de faire 40, 50, 60 heures par semaine et que tu es obligé de doubler d’heures, à un moment donné ça ne peut plus fonctionner. Tu peux travailler une semaine ou deux comme ça pratiquement jour et nuit, mais tu ne peux pas faire ça des mois de temps, dit-il.

« À un moment donné, ça devient plus difficile sur le côté psychologique et familial. Avec des animaux, tu ne peux pas mettre une clé dans la porte et attendre à demain. Quand c’est le temps de les nourrir et de les soigner, tu n’as pas le choix de faire l’ouvrage. Souvent, c’est la famille qui va être hypothéquée à travers ça. »

— Une citation de  Pascal Rheault, président de l'UPA en Abitibi-Témiscamingue

Mettre un terme aux études d’impact sur le marché du travail?

Sébastien Lemire souriant et assis sur un muret de béton.

Selon le député du Bloc québécois dans Abitibi-Témiscamingue, Sébastien Lemire, il serait temps de songer à abolir les études d’impacts sur le marché du travail.

Photo : Gracieuseté

Jugeant la situation actuelle inquiétante et évitable, Sébastien Lemire affirme que ces études ont perdu de leur pertinence dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre généralisée.

Je suis dans un stade où je me dis qu’on est peut-être rendu à abolir ce principe des études d’impact du marché du travail parce que c’est un processus qui vise à démontrer qu’on a vraiment besoin de se tourner vers l’étranger pour notre personnel. On est à un stade où il faut être efficace, enlever de la lourdeur administrative et permettre à nos entrepreneurs qui sont déjà obligés de travailler les soirs et les fins de semaine de s’enlever cette épine-là, soutient le député.

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