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Plante prise pour cible au débat en anglais, Holness donne l’assaut

Valérie Plante et Denis Coderre écoutent Balarama Holness.

Les candidats à la mairie Valérie Plante, Denis Coderre et Balarama Holness ont confronté leurs idées en matière de sécurité, de mobilité et d'économie, notamment.

Photo : MONTREAL GAZETTE / Dave Sidaway

La mairesse sortante de Montréal, Valérie Plante, a dû défendre son bilan face à des adversaires prompts à relever ses failles, jeudi soir, lors du seul débat en anglais de la campagne électorale. Balarama Holness, à l’aise dans cette formule, a été particulièrement incisif à l’endroit de sa rivale.

Au cours des 90 minutes qu’a duré la joute oratoire, Balarama Holness a tenté de positionner son parti comme celui du changement, seule option viable face à ses adversaires, des politiciens aguerris, mais aux visions, selon lui, dépassées.

En font foi les engagements qu’Ensemble Montréal et Projet Montréal ont annoncés pour combattre la criminalité dans la métropole, a donné en exemple M. Holness, seul candidat en faveur d’une réduction du financement de la police.

Valérie Plante et Denis Coderre abordent les enjeux de sécurité publique de façon archaïque, a-t-il lancé. Investir dans l’armement et les forces policières [pour s’attaquer à la hausse de la criminalité] n’est pas la bonne solution, a fait valoir M. Holness.

Sur la défensive, la mairesse sortante a assuré qu'elle avait augmenté le budget du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en fonction de l'inflation et « des besoins », comme celui d'appliquer le couvre-feu imposé par le gouvernement du Québec.

On peut faire de la prévention, oui, mais on a besoin aussi d’avoir une forte présence policière, a déclaré de son côté M. Coderre, qui a l’intention d’embaucher dans les plus brefs délais 250 policiers supplémentaires.

Selon le chef de Mouvement Montréal, la solution consiste plutôt à diminuer le financement accordé au SPVM pour rediriger ces fonds dans les services aux communautés les plus défavorisées. Une façon, a-t-il ajouté, de mieux soutenir les jeunes qui vivent dans ces secteurs.

Balarama Holness parle derrière un lutrin transparent.

Balarama Holness a voulu positionner son parti, Mouvement Montréal, comme celui du changement.

Photo : MONTREAL GAZETTE / Dave Sidaway

La mairesse sortante, qui a affirmé que la réduction du financement de la police n’était pas une option, s'est montrée d'accord avec M. Holness pour dire que la baisse de la criminalité et des inégalités passe par l’amélioration de la qualité de vie dans ces quartiers.

Non seulement il faut financer la construction de logements sociaux, mais il faut s’assurer que les habitants de ces secteurs puissent avoir accès à des infrastructures, comme des bibliothèques ou des espaces verts, a expliqué en substance Mme Plante.

Le ton a toutefois monté lorsque la cheffe de Projet Montréal a plaidé pour plus de transparence et d’imputabilité pour remédier au problème de profilage racial dans les rangs du SPVM, dont les habitants des secteurs les plus défavorisés de la ville font les frais.

À l’évocation des caméras d'intervention que pourraient porter les agents du SPVM – une mesure que défend Valérie Plante, mais qu’elle a rejetée par le passé, invoquant des raisons financières et techniques –, M. Holness s’est empressé de lui couper la parole pour lui enjoindre de dire la vérité « au public ».

Flammèches autour des pistes cyclables

Le chef de Mouvement Montréal s’est aussi démarqué sur la question de la mobilité. Interrogé sur la façon de convaincre les Montréalais de troquer leur voiture pour le bus ou le métro, M. Holness a souligné que des sacrifices individuels étaient nécessaires pour lutter contre la pollution plutôt que de s’en tenir à dire, comme l’ont fait ses adversaires, qu’il fallait rendre le transport collectif plus attrayant.

Il est également de votre responsabilité de préserver l'environnement, a-t-il souligné.

Sur l’inévitable thème de la cohabitation entre les automobilistes, les cyclistes et les piétons, Valérie Plante a pour sa part reproché à Denis Coderre de ne pas avoir sécurisé convenablement la rue Saint-Denis pour les vélos lorsqu’il était maire.

Valérie Plante répond à une question derrière un lutrin transparent.

Valérie Plante a défendu le fait que son parti, Projet Montréal, est le seul à s'être doté d'un plan crédible pour assurer la transition écologique de la métropole.

Photo : MONTREAL GAZETTE / Dave Sidaway

Si elle l’avait été, Mathilde Blais, cette cycliste décédée en 2014 sous le pont de la rue des Carrières, ne serait pas morte, a-t-elle souligné – ce que Balarama Holness a aussitôt dénoncé comme étant un coup extrêmement bas.

En guise de réponse, M. Coderre a souligné que le nombre d’accidents avec des piétons avait grimpé en flèche depuis l’arrivée au pouvoir de Projet Montréal.

La contre-attaque de Mme Plante ne s’est pas fait attendre : la mairesse sortante l’a aussitôt accusé d’avoir menti en tenant des propos similaires concernant les cyclistes, plus tôt dans la campagne.

Ne mentez pas à propos des chiffres, lui a-t-elle lancé lors de ce segment le plus animé de la soirée, au cours duquel la cheffe de Projet Montréal a dû demander à M. Holness de ne plus lui faire signe de se taire.

Désaccords sur l'impôt foncier

Enfin, sur la question de l’économie, Balarama Holness a réitéré sa volonté de faire de Montréal une cité-État et promis de limiter la hausse des impôts fonciers à 3 % en 2022, soit un point de pourcentage de plus que ses adversaires, s’il est élu à la mairie le 7 novembre.

À plusieurs reprises, il a qualifié Valérie Plante de malhonnête pour avoir haussé les taxes au-delà de l’inflation dès son arrivée au pouvoir – une décision que la cheffe de Projet Montréal a souvent dit regretter par la suite.

Balarama Holness a également proposé de créer des zones où les commerçants pourraient être exemptés de taxes afin de relancer certains secteurs en perte de vitesse dans les quartiers excentrés.

Projet Montréal propose plutôt de créer un nouveau programme baptisé « Accès-Locaux » afin de permettre aux sociétés de développement commercial d'acquérir des immeubles vacants sur leurs territoires respectifs, a souligné Valérie Plante.

Denis Coderre parle derrière un lutrin transparent.

Le chef d'Ensemble Montréal, Denis Coderre, a reproché à la mairesse sortante Valérie Plante d'avoir « vu la lumière trop tard » sur de nombreux dossiers.

Photo : MONTREAL GAZETTE / Dave Sidaway

En ce qui a trait au centre-ville, l’arrondissement de Ville-Marie mériterait son propre maire, a estimé M. Holness – un engagement pris par Projet Montréal en 2017, qui n’a toujours pas convaincu Québec de modifier la loi en ce sens.

Denis Coderre, lui, a rappelé qu’il avait récemment déménagé dans le Vieux-Montréal. Alors je serai le maire de Ville-Marie, parce que je vis là aussi, a-t-il lancé en souriant, avant que Balarama Holness lui réponde qu’il habitait lui-même au centre-ville depuis 10 ans.

Comme il l’avait fait au débat du Téléjournal 18 h, lundi, le chef d’Ensemble Montréal a déclaré qu’il fallait diversifier les sources de revenus de la Ville afin de diminuer sa dépendance envers l'impôt foncier et les droits de mutation immobilière (la fameuse taxe de bienvenue). Cette dernière, selon lui, devrait être revue.

Notre couverture des élections municipales au Québec en 2021.

Le débat était organisé par CBC Montréal, Montreal Gazette, Global News Montreal, CJAD800, CityNews Montreal et CTV News Montreal.

C'était la dernière fois que les principaux candidats à la mairie avaient l'occasion de confronter ainsi leurs idées. Depuis le 17 septembre, ils ont eu l'occasion de croiser le fer sur nombre de thèmes, comme le tourisme, les relations internationales, le mont Royal, la culture, la jeunesse et l’économie.

Moins populaire que ses adversaires dans les intentions de vote, Balarama Holness a parfois été exclu des joutes oratoires. Sa formation présente 68 candidats sur les 103 postes électifs qui seront en jeu au prochain scrutin.

Après le départ du candidat Dan Kraft plus tôt cette semaine, Denis Coderre compte sous sa bannière 97 candidats. Les cinq autres candidatures manquantes sont le résultat d'une entente conclue avec l'équipe de Luis Miranda dans l'arrondissement d'Anjou. Projet Montréal est le seul parti à présenter 103 candidats.

Les électeurs qui souhaitent voter par anticipation pourront le faire les 30 et 31 octobre. Ils pourront autrement se rendre aux urnes le 6 et 7 novembre.

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