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Un couple déplore les longs délais d’attente pour obtenir un permis de travail

Des permis de travail empilés

Un couple de Sherbrooke déplore les mois d’attente nécessaires pour obtenir un permis de travail.

Photo : Radio-Canada / Alexandre DUVAL

Radio-Canada

Alors que la province vit une importante pénurie de main-d’œuvre, certaines personnes qui immigrent au Canada peinent à comprendre pourquoi il est si compliqué d’obtenir un permis de travail. C'est le cas d'un couple de Sherbrooke.

Claudia Gilbert-Baron, qui est québécoise, a rencontré Kevin Grinsnir, qui vient de France, lors d’un voyage en Europe. Ils se sont mariés en France il y a maintenant six ans et après avoir partagé leur temps entre les deux côtés de l’Atlantique, ils ont choisi de s'établir en Estrie pour de bon. 

Photo de couple de Claudia Gilbert-Baron et de Kevin Reda Grinsnir. Elle tient des fleurs et ils se regardent amoureusement.

Le couple s'est marié il y a six ans.

Photo : Gracieuseté de Claudia Gilbert-Baron et de Kevin Reda Grinsnir

Depuis son arrivée en février, M. Grinsnir n'a toutefois toujours pas réussi à obtenir le droit de travailler.

Immigration Canada me confirme qu’ils ont reçu tous nos papiers en date du 12 mars, et au moment où on a posté tout ça, le délai de traitement devait être de quatre mois pour obtenir le permis de travail. Là, on est aujourd’hui que ça fait presque huit mois, soupire Mme Gilbert-Baron.

Comme le dossier de son conjoint a été présenté via une demande de parrainage, pour que M. Grinsnir obtienne éventuellement sa résidence permanente, la démarche est plus longue.

Claudia Gilbert-Baron et Reda Grinsnir assis à la table de leur cuisine.

Claudia Gilbert-Baron, qui est québécoise, a rencontré Kevin Grinsnir, qui est français, lors d’un voyage en Europe.

Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer

Je trouve ça complètement aberrant. Je peux très bien comprendre que ce soient des démarches qui sont fastidieuses, car il faut quand même vérifier les antécédents des personnes, et je suis complètement d’accord avec ça. Mais sur cette demande précise là, je ne demande pas un passeport canadien, je demande juste le droit de travailler, de payer mes impôts, de payer mes taxes, s’exclame-t-il. 

Ce qui est d’autant plus fâchant, c’est que j’ai des liens avec ce pays, je suis marié avec une Canadienne, j’ai déjà travaillé, car j’ai eu un visa de vacances-travail de deux ans, ajoute-t-il. 

Kevin Grinsnir a d'ailleurs déjà trouvé un emploi de gérant au Siboire Jacques-Cartier. Le copropriétaire de l’entreprise Pierre-Olivier Boily, qui nage en pleine pénurie de main-d'œuvre, attend son arrivée avec impatience.

Pierre-Olivier Boily devant le Siboire.

Pierre-Olivier Boily, le copropriétaire du Siboire.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau

« Il faudrait que ce soit plus facilitant, surtout en ce moment, où c’est criant. Je crois qu’au pays, on est déjà privilégiés d’avoir du monde qui veut immigrer. Peut-être que pour répondre à cette pénurie-là, ça prendrait un peu de souplesse. »

— Une citation de  Pierre-Olivier Boily, copropriétaire du Siboire 

Le restaurant a fait parvenir une lettre à Immigration, réfugiés et citoyenneté Canada (IRCC) pour soutenir son futur employé.

Le directeur des affaires publiques et gouvernementales de l’Association Restauration Québec, Matin Vézina, dénonce aussi la situation.

Dans ce dossier-là, on voit quelqu’un qui veut faire carrière dans une industrie et voir qu’on ne veut pas lui accorder son permis de travail, c’est difficile à comprendre. Le besoin est là. Il ne remplace pas un Canadien, il n’y en a pas de Canadien de disponible pour ce poste-là, s’exclame-t-il. 

Ce qu’on peut faire, c’est rappeler

Kevin Grinsnir et sa conjointe ont cogné à la porte de la députée libérale de Sherbrooke Élisabeth Brière.

Cette dernière reconnaît qu'il faut accélérer le traitement des dossiers en immigration. Elle assure que son équipe fait tout en son pouvoir pour faire cheminer le dossier.

Les délais sont trop longs, effectivement, on ne peut pas dire autrement. Pendant la période électorale, je l’ai dit qu’au niveau de l’immigration, il fallait changer les choses. 

« Ce qu’on peut faire, c’est de rappeler, puis rappeler, puis rappeler.  »

— Une citation de  Élisabeth Brière, députée libérale de Sherbrooke

Claudia Gilbert-Baron et Kevin Reda Grinsnir espèrent obtenir de bonnes nouvelles rapidement, sans quoi ils n’excluent pas la possibilité de repartir vivre en France.

Traiter les demandes le plus rapidement possible

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, l'IRCC a indiqué que la COVID-19 avait eu des impacts sur ses opérations et que face à ces défis, elle avait fait de gros efforts pour s'adapter et traiter les demandes le plus rapidement possible.

Le temps qu'il faut pour traiter une demande varie en fonction d'un certain nombre de facteurs, tels que le type de demande qui est présentée, la rapidité avec laquelle les demandeurs répondent aux demandes d'IRCC de fournir des renseignements supplémentaires, la facilité avec laquelle nous pouvons vérifier les renseignements fournis, la complexité d'une demande, ainsi que les ressources dont nous disposons, a ajouté Nancy Caron, porte-parole pour l'IRCC.

Avec les informations de Marie-Hélène Rousseau 

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