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La serre de l’ancien zoo de Québec sera démolie la semaine prochaine

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La serre indo-australienne de Québec est l'une des plus grandes en Amérique du Nord.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Tanguay

Après des années de suspense, le sort de la serre indo-australienne de l’ancien Jardin zoologique de Québec semble enfin scellé. Malgré les nombreuses tentatives citoyennes pour préserver le bâtiment de verre, sa démolition devrait commencer dès le 4 novembre.

Pour Michel Lagacé, un biologiste qui a participé à la construction de la serre en 2002, c’est un grand deuil qui s’amorce.

On est très déçus, on est choqués même, je pense, dit-il. Au niveau scientifique, au niveau nature, au niveau environnement, c'est une décision est qui incompréhensible.

Michel Lagacé est un de ceux qui croient au potentiel du bâtiment. Il aurait souhaité qu’il soit réhabilité pour en faire un outil d’éducation à l’environnement et aux changements climatiques pour les jeunes générations.

L'intérieur de la serre vu de l'extérieur

Durant ses années d'opération, la serre abritait des plantes et des animaux provenant d'Asie et d'Océanie.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Tanguay

Elle est en très bon état cette serre-là, on pourrait y aménager une des plus belles forêts tropicales, ici, en Amérique, croit-il.

Selon lui, un financement d’environ cinq millions de dollars aurait été nécessaire pour réaménager la serre.

« Cette serre-là, c'est une émeraude. C'est comme le Grand Théâtre de Québec ou comme le théâtre Diamant à Québec du point de vue culturel. »

— Une citation de  Michel Lagacé, biologiste

Aucun projet retenu

La serre est à l’abandon depuis la fermeture du Jardin zoologique de Québec, en 2006. Le bâtiment, dont la construction a coûté 14 millions de dollars, n’a donc servi que quatre ans.

Un cadenas bloque le portail qui mène à la serre

La serre indo-australienne de Québec a fermé ses portes il y a 15 ans.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Tanguay

Le terrain sur lequel elle se situe a récemment été cédé au Centre de services scolaires des Premières-Seigneuries. En 2020, un comité a été mis en place pour trouver une vocation aux bâtiments de l’ancien zoo, mais en vain.

Aucun intervenant ne s’est montré intéressé par la reprise des dits bâtiments. En 2021, dans une ultime tentative, la SQI [Société québécoise des infrastructures] a été mandatée pour lancer un avis d’intérêt pour trouver une nouvelle vocation à la verrière, mais les résultats n’ont pas été concluants, relate Sylvie Jacques, régisseuse aux communications au CSS des Premières-Seigneuries.

Michel Lagacé et René Pronovost devant la serre

Michel Lagacé et René Pronovost se sont battus pendant des années pour sauver la serre indo-australienne.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Tanguay

Pourtant, l’organisme Jardin de la Capitale, dont fait partie Michel Lagacé, avait répondu à un appel d’intérêt plus tôt cette année. Le biologiste affirme avoir fait la démonstration qu’opérer la serre serait rentable, une fois des travaux effectués pour la remettre en état. Le projet comprenait une serre tropicale et une coopérative d’habitation sur le site, qui aurait permis de financer les opérations de la serre. Ce projet a toutefois été refusé par le CSS des Premières-Seigneuries.

On voit réellement qu'il n'y a aucune ouverture, se désole Michel Lagacé.

L'extérieur de la serre

Le système de la serre est suffisamment puissant pour assurer un climat chaud et humide à l'intérieur du bâtiment, même durant l'hiver.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Tanguay

Le CSS des Premières-Seigneuries évoque quant à lui un problème de zonage, entre autres.

Un appel d’offres public se terminant jeudi a donc été publié au début du mois pour la démolition de la serre. Les travaux sont prévus du 4 novembre au 16 décembre.

Une cathédrale de verre

Tout comme Michel Lagacé, l’agronome René Pronovost n’en revient tout simplement pas que la serre de l’ancien zoo soit démantelée.

Elle a un énorme potentiel. Pour moi, cette structure-là qu'on voit de loin, c'est un bijou, comme une cathédrale de verre, plaide-t-il.

Un plan rapproché les vitres de la serre

Construite en 2002, la serre est entièrement constituée d'acier et de verre.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Tanguay

René Pronovost a été directeur du Jardin botanique de Montréal de 2014 à 2019. Il ne peut imaginer combien il en coûterait de bâtir une nouvelle serre de cette dimension aujourd’hui au Québec.

La grande serre d'exposition du Jardin botanique de Montréal, elle est plus petite que celle-là. Nous, quand j'étais directeur, on rêvait d'avoir une structure aussi imposante que celle-là. Et là, il y en a une au Québec, puis elle n'est pas exploitée. Pourquoi la démolir?

Même s’il est minuit moins une, Michel Lagacé et René Pronovost espèrent toujours que le bâtiment unique en Amérique du Nord soit sauvé in extremis du boulet de démolition.

Avec la collaboration de Sébastien Tanguay

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