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Cercle de feu : Une Première Nation demande à la vérificatrice générale d’enquêter

Elle est en conférence de presse au studio des médias de Queen's Park.

La vérificatrice générale de l'Ontario, Bonnie Lysyk. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

Radio-Canada

La Première Nation de Neskantaga, dans le Nord-Ouest de l’Ontario, a demandé à la vérificatrice générale de la province d’entamer une enquête sur les dépenses publiques du gouvernement dans le Cercle de feu, un gisement minier sous-développé situé sur leur territoire.

En 2020, le gouvernement provincial s’est engagé à financer la construction de Northern Link, une route qui facilitera l’accès au Cercle de feu situé à 540 kilomètres au nord-est de Thunder Bay.

La route permettra également de relier plusieurs Premières Nations isolées au réseau routier provincial.

Or, des résidents de la région concernée estiment que l’Ontario a manqué de transparence dans son engagement à financer l'infrastructure routière.

La carte montre les trois routes praticables en toute saison proposées pour relier les Premières Nations éloignées au réseau routier provincial.

La carte du projet Northern Link montre les trois routes praticables en toutes saisons proposées pour relier les Premières Nations isolées au réseau routier provincial. La route de Marten Falls est en violet, la route Northern Link est hachurée et la route de Webequie est en rouge.

Photo : Radio-Canada / Stephanie Ash / CBC

La Première Nation de Neskantaga demande au bureau de la vérificatrice générale de mener une vérification de l'optimisation des ressources afin d’assurer que l’argent public est dépensé de manière responsable.

Une dépense questionnable?

L’auteure de la demande, Mme Dayna Scott, estime que le financement de Northern Link est inapproprié. Elle travaille à la clinique juridique de Osgoode Hall, à l'Université York, qui présente cette demande avec la Première Nation.

 Le public doit être informé si le gouvernement dépense dans des investissements miniers précaires avec des rendements douteux, alors que les secteurs de l’éducation et de la santé demeurent chroniquement sous-financés, commente-t-elle.

« À combien s'élèveront les coûts de construction des routes? Qui s’acquittera de la facture? Qui en sera propriétaire et qui y aura accès? Ce sont des questions sans réponses. »

— Une citation de  Dayna Scott, professeure agrégée et chaire de recherche en droit et justice environnementale à l'Université York à Toronto et auteure de la demande

Des communautés opposées au projet

L'entreprise Noront Resources détient la majeure partie des droits d'accès au Cercle de feu.

En avril, les Premières Nations d’Attawapiskat, Fort Albany et Neskantaga ont déclaré un moratoire sur tous les développements dans la zone minière jusqu’à ce qu’une analyse d’impact régionale soit effectuée par un groupe autochtone.

Vue aérienne d'un site d'exploitation minière.

Le camp Esker de Noront Resources, situé dans le Cercle de feu.

Photo : Noront Resources

Malgré cette opposition, les évaluations environnementales mandatées par la province pour chacune des routes ont avancé au cours des 18 derniers mois, puisque les deux communautés concernées directement par les routes -- les Premières Nations de Webequie et de Marten Falls -- appuient le projet.

Mais selon une coalition composée de la clinique juridique Osgoode Hall, de Greenpeace Canada, du Conseil des Canadiens et de Mines Alerte Canada, Noront Resources a cherché a minimiser l'opposition des groupes autochtones au projet depuis 2015.

« Noront Resources n’a pas sérieusement documenté l’opposition des Autochtones, ce qui pourrait potentiellement induire les investisseurs en erreur. »

— Une citation de  Lettre de la coalition

Des incertitudes au niveau des coûts

Selon des documents obtenus par CBC, la province estime que le coût global de la construction des routes se situe entre 1,1 milliard de dollars et 1,6 milliard de dollars.

Un communiqué du gouvernement ontarien précise que l'infrastructure routière proposée serait disponible pour un usage public et privé, et que les coûts réels seront connus après l’évaluation environnementale en cours.

La province a déjà demandé au gouvernement fédéral un soutien financier allant de 557 millions de dollars et 779 millions de dollars pour le projet.

À qui revient la facture?

Au moment de la découverte des gisements miniers du Cercle de feu, les entreprises minières avaient proposé de développer le corridor de transport pour se rendre aux gisements elles-mêmes.

Dayne sourit à la caméra.

Dayna Scott est professeure agrégée et chaire de recherche en droit et justice environnementale à l'Université York à Toronto.

Photo : Université York à Toronto

Mais ces dernières années, la facture de la construction des routes et les évaluations environnementales semble avoir été transférées au gouvernement et aux contribuables commente Mme Scott.

« À quel moment a-t-on décidé que ce seraient les Ontariens qui paieraient pour ces routes, et non les entreprises minières qui bénéficient directement de l’extraction des minéraux ? »

— Une citation de  Dayna Scott, professeure agrégée et chaire de recherche en droit et justice environnementale à l'Université York à Toronto et auteure de la demande

Mme Scott espère qu'une enquête de la vérificatrice générale favorisera une plus grande responsabilité et transparence pour les dépenses gouvernementales.

Le directeur de Noront Resources, Alan Coutts, ainsi que le ministre des Ressources naturelles de la province, Greg Rickford, ont tous deux décliné une demande d’entrevue de CBC.

D'après les informations de Logan Turner de CBC News

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