•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Bruno Marchand n’est plus convaincu que le tramway est « acceptable »

Bruno Marchand, candidat à la mairie de Québec.

Bruno Marchand, candidat à la mairie de Québec

Photo : Radio-Canada

Facture en hausse de 600 millions de dollars, manque de transparence et acceptabilité sociale en déclin, le candidat à la mairie Bruno Marchand juge que le projet de tramway a besoin d’un sérieux coup de barre.

Avant de dire que le projet demeure acceptable, j'ai envie d'avoir l'état des lieux complet, a lancé le chef de Québec forte et fière jeudi matin. Selon lui, les révélations selon lesquelles le bureau de projet évalue maintenant que le réseau structurant de transport en commun de Québec pourrait coûter tout près de 4 milliards de dollars alimentent le sentiment de méfiance dans l’opinion publique.

C'est quoi les autres choses qu'on ne sait pas dans ce projet-là?, s’interroge-t-il en se mettant dans la peau des citoyens. L'absence de transparence et de volonté claire de donner des informations, et je pense juste aux dernières semaines de campagne, témoigne nécessairement pour les citoyens d'un bris de confiance.

« Aujourd'hui, je ne peux pas vous dire que coûte que coûte on va aller faire ce projet-là. »

— Une citation de  Bruno Marchand, candidat à la mairie de Québec

Besoin de consulter

Bruno Marchand pourrait-il envisager de changer de mode de transport, par exemple revenir à un service rapide par bus? Ou encore pourrait-il carrément reculer sur le projet de tramway?

Le candidat à la mairie reste vague et répond qu’il faudra discuter avec les gouvernements supérieurs et surtout consulter la population.

« Je crois au tramway, je veux faire l'état des lieux, et après ça, je veux rallier les citoyens. Si on n'est pas capable de rallier les citoyens, ce projet-là ne peut pas voir le jour. »

— Une citation de  Bruno Marchand, candidat à la mairie de Québec

Dans un communiqué envoyé peu après son point de presse, Bruno Marchand a tenu à clarifier que le tramway demeurait pour lui et son parti la solution adéquate pour la colonne vertébrale du réseau de transport en commun. Il ajoute être conscient des retards qu'engendrerait un changement de mode de transport et réitère sa confiance dans les études du bureau de projet.

Selon le chef de QFF, il est néanmoins possible de lancer de nouvelles consultations publiques de manière agile sans entraîner de retard majeur dans le projet. On verra la forme, on verra les moyens qu'on va mettre en place, mais c'est pas vrai que ce projet-là va se décider sans les citoyens.

Notre couverture des élections municipales au Québec en 2021.

Je vais me battre

Devant les hésitations de son adversaire, Marie-Josée Savard se positionne comme la candidate qui défendra le tramway jusqu’au bout. Depuis le début, contrairement à M. Marchand, j'y crois à ce projet-là, je ne fais pas semblant d'y croire pour une campagne électorale.

Au sujet des 600 millions de dollars qui pourraient s’ajouter à la facture, Marie-Josée Savard souligne qu’il ne s’agit pas d’un dépassement de coûts, mais bien d’une évaluation du bureau de projet basée sur la conjoncture économique.

C'est une photo au moment présent, mais si dépassement de coûts il y aura, ce sera au moment où on va ouvrir les enveloppes, explique-t-elle. La Ville est toujours en appel de proposition et les offres des entreprises qui voudront construire les infrastructures pour le tramway sont attendues pour 2023.

Marie-Josée Savard, candidate à la mairie de Québec.

Marie-Josée Savard, candidate à la mairie de Québec

Photo : Radio-Canada

« Les enjeux qu'on vit présentement au niveau du domaine de la construction, du taux d'inflation, c'est quelque chose que tous les grands projets vont vivre. »

— Une citation de  Marie-Josée Savard, candidate à la mairie de Québec

Marie-Josée Savard affirme qu’elle a pris connaissance des nouvelles évaluations du bureau de projet dans les médias jeudi matin. Je n'ai pas manqué de transparence. Ce chiffre-là je ne l'ai pas vu dans aucun rapport, ça n'a pas été déposé au comité directeur du projet de projet.

Des cachotteries encore une fois

Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, juge peu probable que la candidate, qui est toujours vice-présidente du comité exécutif, n’ait pas eu l’information en main.

Il lui reproche une fois de plus son manque de transparence, ou sinon, un manque de sérieux. Si l'hypothèse est vraie qu'elle ne le savait pas, c'est inquiétant. Mme Savard aspire à diriger la Ville de Québec. Est-ce que ça va toujours être comme ça, qu'elle n’est jamais au courant de rien?

Jean-François Gosselin, candidat à la mairie de Québec.

Jean-François Gosselin, candidat à la mairie de Québec

Photo : Radio-Canada

« On apprend ça dans le journal à quelques jours du vote, c'est des cachotteries encore une fois. […] Heureusement, on l’a appris avant le vote. »

— Une citation de  Jean-François Gosselin

Jean-François Gosselin admet que le contexte inflationniste touche tous les projets, même le métro léger qu’il propose pour Québec.

Il évoque la possibilité de réduire le nombre de stations ou d’en faire de plus petites s’il fait face à des contraintes budgétaires. Du même souffle, le chef Québec 21 affirme néanmoins avoir de la marge de manœuvre et avance qu’il pourrait même étendre la portée de son projet. Si on est capable de faire la ligne orange dans une phase une, on va faire la ligne orange. […] On met tout sur la table pour travailler tous les scénarios avec les citoyens.

Jean-François Gosselin n’a pas voulu s’avancer à savoir si le contexte inflationniste affectera aussi le 3e lien, projet qu’il appuie sans réserve depuis son arrivée en politique municipale.

Équité avec Montréal

Chez Démocratie Québec, Jean Rousseau trouve lui aussi complètement ahurissant que la Ville de Québec n’ait pas dévoilé plus tôt que le budget du tramway était en forte hausse.

Il estime que le directeur du bureau de projet aurait dû dévoiler l’information alors qu’il a tenu un long point de presse, la veille, pour présenter les différents scénarios pour insérer le tramway sur René-Lévesque. S'il y avait eu dépassement de coûts, j'aurais espéré qu'on nous en parle hier.

Il demande l’équité avec la métropole. Il est hors de question que Montréal paie des frais supplémentaires lorsqu'il y a des dépassements de coûts. Donc, on demande le même traitement.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !