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Dominique Anglade tente de mettre le couvercle sur le litige Montpetit-Barrette

Dominique Anglade parle à un micro, en marge du caucus de son parti à Orford.

La cheffe du Parti libéral du Québec Dominique Anglade.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

La cheffe libérale Dominique Anglade ne veut plus assister à des disputes publiques entre les membres de son caucus, comme celle qui a opposé mercredi ses députés Marie Montpetit et Gaétan Barrette. Toute cette affaire n'est cependant pas le symptôme d'un leadership défaillant, assure-t-elle.

Mme Montpetit, qui est porte-parole en matière de santé, a tancé l'ex-ministre de la Santé du gouvernement Couillard après que ce dernier eut critiqué sur Twitter des propos du président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, le Dr Louis Godin.

Ce tweet est aussi peu productif que l’attitude autoritaire et les menaces du premier ministre Legault envers les médecins de famille, lui a-t-elle répondu sur le réseau social, en réclamant un changement de ton envers les professionnels de la santé.

Cette rare dispute publique au sein du Parti libéral du Québec (PLQ) a entraîné la tenue d'un caucus spécial en après-midi. Mme Montpetit doit en outre avoir une discussion jeudi avec Filomena Rotiroti, whip et donc préfète de discipline du parti. Elle ne devrait pas être sanctionnée.

Je voulais mettre les points sur les i, nous assurer qu’on a des débats à l’interne – c’est très bien – mais nous assurer aussi qu’il y a de la solidarité de la part de l’ensemble des collègues du caucus. C’est ce que j’ai fait hier. Je pense que ça a été très bien entendu et très bien compris, a expliqué Mme Anglade jeudi matin.

Après avoir répété ce message à plusieurs reprises en français, sans jamais dire si Mme Montpetit l'avait prévenu de son tweet, Mme Anglade s’est ouverte un peu plus lorsqu’elle a été invitée à faire de même en anglais.

« Le message que j’ai envoyé est celui-ci : des choses comme ça peuvent se produire, vous ne voulez pas que ça se produise très souvent. C’est correct d’avoir des opinions, c’est correct d’en débattre à l’interne en caucus, mais en fin de compte, vous ne voulez pas voir ce type de comportement à l’extérieur du caucus. »

— Une citation de  Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec

La cheffe libérale a subtilement distribué les blâmes dans cette affaire, en disant, sans nommer Mme Montpetit, qu’elle s’attend à une solidarité sans faille entre les députés. Elle a aussi indiqué, sans nommer M. Barrette, qu'elle a fortement recommandé aux porte-parole de son parti de s’en tenir aux dossiers qui leur appartiennent.

Chaque porte-parole doit faire des commentaires sur les dossiers qui relèvent d’eux. La porte-parole en matière de santé, c’est Marie Montpetit, a-t-elle indiqué sans détour.

La cheffe libérale a tenté de minimiser la situation, en plaidant qu’elle avait des caucus spéciaux toutes les semaines. Elle a en outre assuré qu’il ne s’agissait absolument pas d’un signe qu’elle a perdu le contrôle de ses troupes et qu’elle a d’ailleurs confiance en l’ensemble de [sa] députation.

Ni Mme Montpetit ni M. Barrette n'ont encore commenté publiquement la situation. Leurs tweets respectifs sont toujours en ligne.

Le litige entre les deux députés libéraux n'a pas manqué d'amuser les adversaires politiques du PLQ, dont le premier ministre François Legault, qui ne s'est pas arrêté pour parler aux journalistes en se dirigeant vers le Salon bleu de l'Assemblée nationale pour la période des questions.

Je ne voudrais pas faire de l'ombrage à Dominique Anglade. C'est la journée Dominique Anglade. Qu'elle s'occupe de Mme Montpetit, de M. Barrette, évitant du coup de répondre à d'autres questions sur la gestion de son gouvernement dans le dossier des omnipraticiens.

Le leader parlementaire du Parti québécois, Joël Arseneau, s'était aussi amusé hier en retweetant le message de Mme Montpetit et en écrivant : Cher Parti libéral, ça va bien? Je me rends disponible pour des discussions constructives en matière de santé.

C'était de l'humour. On a l'occasion de collaborer, Mme Montpetit et moi, sur une base régulière. Alors, je lui faisais un clin d'œil en solidarité dans une situation qui n'est certainement pas facile pour elle, a commenté M. Arseneau jeudi matin.

Il a fait référence au fait que de telles prises de bec ont plutôt été l'apanage du Parti québécois au fil du temps, en ajoutant, pince-sans-rire : On a de la compétition de ce côté, puis on n'est pas jaloux.

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