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Le Dr Pierre Martin craint la désertion de la profession de médecin de famille

Le Dr Pierre Martin, président de la l'Association des médecins omnipraticiens de la Mauricie

Le Dr Pierre Martin, président de l'Association des médecins omnipraticiens de la Mauricie, réagit à la pression exercée par Québec sur les médecins de famille.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les médecins de famille de la région sont d’accord à l’effet qu’il faut améliorer l’accès de la clientèle orpheline, mais s’opposent aux moyens que le gouvernement Legault entend prendre pour faire augmenter le nombre de prises en charge.

« Ça a un effet épouvantablement pervers sur ce qui va arriver dans l’avenir. Et moi, je suis inquiet », s’exclame le président de l'Association des médecins omnipraticiens de la Mauricie (AMOM), le Dr Pierre Martin, en entrevue à l’émission Toujours le matin.

Actuellement, la moyenne régionale est de 1170 patients par médecin. Le Dr Martin indique qu’il y a des professionnels qui ne sont pas au ratio de 1000 patients, mais qu’il faut avoir une approche nuancée, par tranches d’âge, pour interpréter les chiffres.

Selon les données régionales, les médecins de 45 ans et plus ont au moins 1000 patients puisqu’ils sont déjà bien installés dans leur pratique. Ceux de 55 à 65 ans ont un taux d’inscription encore plus élevé, 1619 patients en moyenne, parce qu’ils ont délaissé des obligations d’hôpital et qu’ils ont concentré leurs efforts à offrir des services de première ligne.

Alors, techniquement, quand un de ces médecins décide de prendre sa retraite, il va être remplacé par un plus jeune qui n’aura pas 1500 patients au départ, indique le président de l'AMOM.

Selon lui, s’il n’y avait pas d’élections à venir l’an prochain au Québec, le discours du gouvernement Legault ne serait pas le même.

« C’est non seulement de l’hérésie, mais c’est épouvantable ce que ça a comme effet sur les troupes actuellement. Je peux vous dire que les médecins, ils ont juste envie de partir. Ils sont exactement comme les infirmières. »

— Une citation de  Dr Pierre Martin, président de l'Association des médecins omnipraticiens de la Mauricie

Il craint que les médecins de famille en formation se dirigent plutôt vers les spécialités en raison de la pression exercée sur les omnipraticiens.

Un réseau redessiné par la pandémie

Est-ce qu’on l’a dit assez comment le système de santé a passé proche de s’écrouler quand il y a eu la pandémie?, demande le président de l’AMOM. Il explique que les médecins de famille ont complètement revu l’ingénierie de la première ligne pendant la pandémie, en offrant de l’accès aux patients sans médecin plutôt que des inscriptions.

Le Dr Martin indique qu’il y a eu des retards dans les consultations régulières puisqu’il était demandé aux gens qui vivaient des situations non urgentes de rester à la maison. Et, il y a le fait que les médecins ont dû prêter main forte pour protéger les établissements d’éventuels bris de service.

« Les docteurs sur le terrain, ils sont complètement... soient insultés, soient démoralisés par ça. Ils se sentent trahis parce que pendant la pandémie, ils ont répondu présents. On leur a demandé de complètement changer leur pratique, d’aller faire des gardes, de s’assurer des services dans les CHSLD. Ils ont tout fait ça. »

— Une citation de  Dr Pierre Martin, président de l'Association des médecins omnipraticiens de la Mauricie

Alors que le réseau recommençait à fonctionner plus normalement, l'Association des médecins omnipraticiens de la Mauricie travaillait de concert avec le ministère de la Santé pour trouver une solution pour les 40 000 personnes qui n’ont toujours pas accès à un médecin en Mauricie--Centre-du-Québec. L’objectif était de rendre les cliniques accessibles à la clientèle non inscrite.

« Et là, au moment où on est en train de travailler là-dessus arrive cet impératif qui vient vraiment changer..."Non, on ne fait plus ça! Il faut que d’ici le mois de mai prochain on ait 800 000 personnes qui ont été prises en charge au Québec." » explique le Dr Martin, qui répète que la volonté du gouvernement risque d’avoir des conséquences dommageables.

Le taux d’inscription des patients qui ont un médecin de famille a légèrement fléchi depuis le début de la pandémie. Il était de 88-89 % et il se situe maintenant à 87 % sur le territoire desservi par le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

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