•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Impatience et « frustration » dans le caucus de Justin Trudeau

En attente de leur premier caucus national, des députés libéraux ont l’impression que leur voix est ignorée depuis les élections.

Justin Trudeau en conférence de presse.

Des députés libéraux se sentent peu écoutés depuis la tenue du scrutin, le 20 septembre.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Si Justin Trudeau s’est réuni avec ses nouveaux ministres mercredi, aucune rencontre formelle n’a encore eu lieu avec l’ensemble de ses députés.

Des libéraux ne cachent pas leur surprise de voir les choses s’étirer ainsi. On trouve ça étonnant. Ça fait plus d’un mois que l’élection a eu lieu, souligne la députée de Brossard—Saint-Lambert, Alexandra Mendès.

Il n’y a aucune explication ou excuse possible de ne pas avoir déjà tenu une réunion du caucus, lance le député ontarien Nathaniel Erskine-Smith. Il y a un certain niveau de frustration, explique un autre élu libéral, qui a préféré garder l’anonymat.

Radio-Canada a pu parler à plusieurs députés libéraux qui ont hâte de faire entendre leur voix lors d’une réunion officielle du caucus national, surtout que des décisions importantes ont été prises depuis le scrutin du 20 septembre.

La fin de la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE), confirmée par Chrystia Freeland la semaine dernière, sans consulter le caucus, a laissé un goût amer à M. Erskine-Smith.

[Le gouvernement] n’aurait pas pris cette mauvaise décision d’annuler la prestation s’il avait écouté le caucus, tranche-t-il, jugeant que l’aide est encore nécessaire.

« Plus tôt dans cette crise, le caucus était consulté tous les jours, à 17 h, à propos de la réponse du gouvernement face à la pandémie. Maintenant, nous annulons une prestation d’urgence et il n’y a même pas une rencontre du caucus? Pour moi, elle est là, la frustration. »

— Une citation de  Nathaniel Erskine-Smith, député libéral de Beaches--East York

Nous devons revenir au travail et ce travail inclut de participer à des rencontres régulières du caucus pour s’assurer que la rétroaction de nos électeurs est communiquée de manière adéquate, particulièrement quand il s’agit de décisions importantes, ajoute le député, qui tient tout de même à préciser qu’il est en mesure de communiquer facilement avec ses collègues ministres au besoin.

Chrystia Freeland et Justin Trudeau se saluent en se touchant de l'avant-bras.

La vice-première ministre Chrystia Freeland en compagnie de Justin Trudeau lors de la cérémonie d'assermentation du Cabinet le 26 octobre.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

D’autres élus ont hâte d’effectuer un retour sur la dernière campagne électorale et de relater à leurs collègues ce qu’ils ont entendu aux portes.

C’est important de partager notre input, alors qu’on vient de parler à nos électeurs, affirme un député libéral qui a préféré garder l’anonymat.

Toutefois, pour l'instant, aucune date n'a encore été annoncée pour la tenue d'une rencontre du caucus national.

62 jours d’attente

62 jours vont s’être écoulés entre les élections et la reprise des travaux le 22 novembre, comparativement à 44 jours en 2019 et en 2015. Des députés s’expliquent mal pourquoi il faut attendre aussi longtemps avant de revenir à Ottawa.

J’aime bien jaser avec les journalistes de Radio-Canada, mais j’aimerais mieux être en train de siéger au Parlement, lance à la blague un député libéral au bout du fil. Je ne vois pas de raison valable de ne pas siéger avant le 22 novembre, ajoute cet élu.

La Chambre des communes.

Les députés recommenceront à siéger à Ottawa à compter du 22 novembre.

Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

Mardi, quand il a dévoilé son Cabinet, Justin Trudeau a dû défendre la décision d’attendre deux mois avant de reprendre les travaux parlementaires.

Le Parlement a de grandes priorités sur lesquelles nous allons livrer le mois prochain et je sais que nous avons tous très hâte de nous y mettre, a répondu le premier ministre.

Le nouveau leader du gouvernement à la Chambre des communes, Mark Holland, défend aussi ce choix. Pour faire beaucoup de travail, il faut s’assurer d’être bien préparé pour savoir où on s’en va, a-t-il déclaré mercredi en marge d’une rencontre du Cabinet.

Il souligne aussi le processus de consultation qui est en cours avec les partis d’opposition dans le contexte d’un gouvernement minoritaire. Si nous voulons avoir un Parlement efficace, un ordre du jour parlementaire efficace, ces conversations doivent avoir lieu, a-t-il expliqué.

L'identité des 38 ministres étant maintenant connue, ces derniers doivent embaucher leurs chefs de cabinet respectifs. Mercredi, ils n'étaient que cinq à être confirmés dans leurs fonctions. À Ottawa, plusieurs attachés politiques attendent toujours de savoir où ils atterriront.

Justin Trudeau est au micro, avec ses 38 ministres derrière lui.

Justin Trudeau s'adresse aux journalistes après l'assermentation de son nouveau Cabinet.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Pour leurs 100 premiers jours, les libéraux de Justin Trudeau ont identifié quelques priorités législatives, dont l’instauration de 10 jours de congé de maladie payés pour les travailleurs sous juridiction fédérale, le partage des revenus des plateformes numériques avec les médias canadiens, l’interdiction des thérapies de conversion et la modernisation de la Loi sur les langues officielles, notamment.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, accuse le premier ministre de trop prendre son temps. Cela soulève la question : pourquoi M. Trudeau a-t-il déclenché les élections? Il a dit qu’on était dans un moment urgent, un moment important d'entendre la volonté de la population canadienne [...]. Mais si c'était une question si urgente, pourquoi prendre autant de temps pour retourner au parlement? demande-t-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !