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Des attentes élevées pour la réforme des soins de longue durée de l’Ontario

Des dizaines de croix plantées sur la pelouse du centre.

Des croix représentent les victimes de la COVID-19 sur la pelouse du centre Camilla Care Community à Mississauga, en Ontario, en janvier dernier. Près de 4000 personnes sont mortes dans les foyers de soins de longue durée en Ontario pendant la pandémie, et le centre Camilla Care a été parmi les plus durement touchés.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Radio-Canada

L'Ontario dévoile jeudi un nouveau projet de loi pour les foyers pour aînés de la province, où les éclosions de COVID-19 ont tué plus de 3800 personnes depuis le début de la pandémie.

Les défenseurs des personnes âgées estiment que c'est le moment ou jamais pour l'Ontario d'améliorer les soins de longue durée et les conditions de vie des personnes âgées qui y résident.

Le gouvernement promet que son projet de loi améliorera le respect de la loi et la transparence dans le secteur des maisons de soins de longue durée.

Le projet de loi tant attendu a été promis et annoncé à plusieurs reprises par le gouvernement depuis qu'une commission a critiqué la province pour avoir laissé tomber les résidents des foyers avant et après que la pandémie de COVID-19 ait commencé à sévir dans les 626 foyers de l'Ontario.

Le ministre des soins de longue durée Rod Phillips a annoncé mardi que l'Ontario prévoyait de renforcer l'application de la loi en doublant le nombre d'inspecteurs et en organisant des inspections proactives des foyers.

Or le gouvernement Ford est celui qui a pratiquement supprimé, peu après son arrivée au pouvoir, ces inspections.

Transformer le système

Le secteur des soins de longue durée a besoin de plus qu'une simple modification de la loi ou une application plus stricte de celle-ci, selon Lisa Levin, PDG d'AdvantAge Ontario, une association représentant plus de 200 foyers sans but lucratif et gérés par les municipalités.

Nous devons transformer le système. Nous sommes actuellement à un moment critique dans le domaine des soins de longue durée, a déclaré Mme Levin dans une entrevue accordée à CBC News. Si nous n'avons pas de changements importants maintenant, je ne sais pas si nous le ferons un jour. C'est notre moment. C'est notre chance de vraiment changer le système.

Selon Mme Levin, les foyers de soins de longue durée de l'Ontario sont sous-financés et manquent de ressources depuis des années. Malheureusement, il a fallu la mort tragique de milliers de personnes à cause de la COVID-19 pour que le public et le gouvernement reconnaissent que nous avons besoin de changements majeurs, a-t-elle ajouté.

Mme Levin affirme que le gouvernement va dans la mauvaise direction en accordant aux exploitants à but lucratif 60 % de ses contrats de construction de nouveaux foyers de soins de longue durée.

Réforme radicale

Le groupe qui représente les établissements majoritairement privés, l'Ontario Long-Term Care Association [Association ontarienne des soins de longue durée, traduction libre], a récemment publié ses recommandations de réformes.

Les personnes dont les proches ont vécu dans des établissements de soins de longue durée attendent le projet de loi de jeudi avec beaucoup d'impatience.

Vivian Stamatopoulos a commencé à militer avant l'apparition de la COVID-19. Sa grand-mère vivait alors dans un foyer. Elle est par la suite devenue une activiste de premier plan pendant la pandémie.

Vivian se fait prendre en photo dans un cimetière.

Vivian Stamatopoulos est professeure agrégée à l'Université Ontario Tech, et elle milite pour les résidents des foyers de soins de longue durée.

Photo : Radio-Canada / Jared Thomas

Le système a vraiment besoin d'une réforme radicale, a déclaré Mme Stamatopoulos, professeure adjointe à l'Université Ontario Tech. Elle craint que les modifications proposées ne suffisent pas à faire une différence significative.

Le problème n'a jamais été qu'il n'y a pas assez de règlements, a-t-elle déclaré lors d'une entrevue avec CBC News. Le problème a toujours été qu'ils ne sont pas respectés et que nous permettons systématiquement aux mauvais acteurs d'enfreindre la loi de manière répétée et en toute impunité. C'est là le problème fondamental.

Elle souhaite que de lourdes amendes et une menace claire d'accusations criminelles soient imposées aux propriétaires et aux exploitants de foyers de soins de longue durée qui font fi des règles.

Il faut vraiment les inciter à changer la façon dont les soins sont dispensés dans ces établissements, en sachant que cela leur retombera dessus au bout du compte, a déclaré Mme Stamatopoulos.

Elle se demande si le gouvernement Ford apportera ce qu'elle appelle des changements réels et significatifs pour obliger ces mauvais acteurs à rendre des comptes, compte tenu de sa décision, l'an dernier, d'exonérer les foyers de toute responsabilité pour les décès causés par le COVID-19, sauf dans les cas de négligence grave.

Des sanctions vraiment sévères

Cathy Parkes, dont le père Paul est décédé en raison de la COVID-19 l'année dernière alors qu'il vivait au foyer Orchard Villa de Pickering, souhaite que l'on indique clairement que les exploitants de maisons de soins infirmiers qui fournissent des soins inadéquats verront leur permis révoqué.

Une femme et un homme plus âgés, souriants, devant un mur de briques.

Cathy Parkes et son père, Paul, qui est décédé en avril dernier lors d'une éclosion de COVID-19 qui a ravagé le foyer Orchard Villa, à Pickering.

Photo : Gracieuseté Cathy Parkes

Il doit y avoir des sanctions vraiment sévères lorsque vous avez des foyers qui font les mêmes erreurs à répétition, a déclaré Mme Parkes en entrevue. Pas seulement un avertissement écrit, pas seulement un plan de soins volontaire, mais commençons réellement à leur infliger des amendes et, jusqu'à un certain point, à leur retirer leur permis.

L'Ontario Association of Residents' Councils [OARC, Association ontarienne des conseils de résidents, traduction libre] regroupe les conseils qui représentent les personnes qui vivent dans chaque foyer de soins de longue durée. L'OARC a donné à M. Phillips des recommandations détaillées pour des réformes législatives.

Nous sommes à un moment critique, critique, a déclaré Dee Tripp, directrice générale de l'association.

Nous subissons une crise de dotation en personnel dans les soins de longue durée depuis des décennies. C'est le moment de faire des changements, a déclaré Mme Tripp en entrevue.

Pas de mordant

Le Dr Samir Sinha, directeur du service de gériatrie du Sinai Health and University Health Network de Toronto, estime que les plus gros problèmes des soins de longue durée ne sont pas liés à la législation.

Un homme se tient debout, portant un sarrau blanc.

Selon le Dr Samir Sinha, le gouvernement a déjà le pouvoir de régler bien des problèmes. (Archives)

Photo :  CBC / Ousama Farag

Je pense qu'il y a certainement des choses qui peuvent être améliorées, mais en réalité, le gouvernement actuel n'a pas réussi à utiliser une grande partie des pouvoirs dont il disposait, a déclaré le Dr Sinha en entrevue.

La loi actuelle sur les soins de longue durée dispose en fait de tous ces outils et a toujours disposé de ces outils.

Jane Meadus, qui dirige le Advocacy Centre for the Elderly, basé à Toronto, est du même avis : Le plus gros problème avec la législation actuelle est qu'elle n'a pas de mordant, a déclaré Mme Meadus lors d'une entrevue. Il faut vraiment que la législation ait du mordant pour que les problèmes ne soient pas balayés sous le tapis.

Pour Mme Meadus, la qualité des soins dans un foyer dépend en grande partie des niveaux de dotation en personnel.

Si le financement est insuffisant, les foyers ne seront pas en mesure de respecter les normes, dit-elle. Nous devons obtenir plus de personnel dans les foyers de soins de longue durée.

Le gouvernement Ford s'est engagé à porter la norme minimale de soins individuels fournis à chaque résident à quatre heures par jour avant 2025. Le plus récent budget prévoyait un montant supplémentaire de 933 millions de dollars sur quatre ans pour ce plan.

Avec des renseignements fournis par Mike Crawley (Nouvelle fenêtre) de CBC News

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