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Plus de 5 ans de prison pour les auteurs d’une fusillade qui a fait 5 blessés à Toronto

Les deux individus ont plaidé coupable à des accusations réduites de voies de fait graves.

Un édifice vu de l'extérieur.

L'édifice où s'était produite la fusillade le soir du 30 octobre 2019 près de l'avenue Black Creek et de la promenade Trethewey.

Photo : Radio-Canada / Meagan Fitzpatrick

Andre Cunningham et Malik Mohamed ont été condamnés mercredi au palais de justice de Toronto à des peines respectives de 5,6 et 7,6 ans de prison relativement à une fusillade, qui a fait 5 blessés parmi des adolescents en 2019 dans le nord-ouest de la métropole.

Les deux individus de 22 et 23 ans avaient plaidé coupable plus tôt dans la journée à des accusations réduites de voies de fait graves, et non de tentative de meurtre, ainsi qu'à d'autres chefs liés à la possession d'armes à feu.

Malik Mohamed faisait face à une accusation supplémentaire relative à un bris d'engagement à ne pas troubler l'ordre public relativement à une affaire conjugale.

À l'époque, les cinq victimes, trois hommes et deux femmes, étaient âgées de 16 à 18 ans. Elles étaient réunies dans le corridor d'un bloc à appartements, lorsque les deux individus y avaient fait irruption en ouvrant le feu sur elles avant de s'enfuir.

La Couronne avait réclamé une peine de 6 ans de prison contre Cunningham et de 8 ans contre Mohamed, avant de finalement s'entendre durant la pause du lunch sur une position commune avec les avocats de la défense.

Qu'à cela ne tienne, le procureur Chike Igwe a dit dans son réquisitoire que les accusations auxquelles les deux hommes faisaient face étaient graves.

Un camion de police, la nuit, devant un édifice.

La police de Toronto était arrivée sur les lieux de la fusillade après 19 h 30.

Photo : Radio-Canada / Darek Zdzienicki

Me Igwe souligne à ce sujet que c'est un miracle que la fusillade n'ait pas fait de mort et que les victimes n'aient pas été blessées plus gravement.

Andre Cunningham et Malik Mohamed ont assisté à l'audience virtuelle à partir de leur prison respective.

En plaidant coupable, ils évitent donc un procès. La Couronne a d'ailleurs tenu compte de leurs aveux dans ses arguments.

Premier plaidoyer de la défense

Dans son plaidoyer, l'avocat d'Andre Cunningham, Alonzo Abbey, a présenté des lettres de soutien de la famille et des amis de son client, en insistant sur le fait que le jeune s'était bien comporté en détention.

Me Abbey a ajouté que son client avait passé plusieurs mois en isolement cellulaire lorsque sa prison était soumise à de fréquentes séances de verrouillage et qu'il a même attrapé la COVID-19 en détention.

Un ruban jaune de scène de crime.

La scène de crime devant le bloc à appartements. Les deux accusés avaient été arrêtés quelques jours plus tard.

Photo : Radio-Canada / Darek Zdzienicki

Dans une lettre manuscrite qu'il a lue à la cour, Andre Cunningham a expliqué qu'il était profondément désolé pour ce qu'il a fait.

« Je regrette le mal que j'ai causé aux victimes et à leurs familles et j'espère qu'elles trouveront un jour le moyen de me pardonner du fond de leur cœur. »

— Une citation de  Andre Cunningham, auteur de la fusillade

L'individu souligne qu'il a 22 ans, qu'il veut devenir architecte et qu'il ne lui reste qu'à compléter des travaux communautaires dans le but d'obtenir son diplôme d'études secondaires.

L'ancien chef de police, Mark Saunders, en conférence de presse.

L'ancien chef de police, Mark Saunders, s'était rendu sur les lieux de la fusillade le soir même.

Photo : Radio-Canada / Darek Zdzienicki

Andre Cunningham assure qu'il a suivi des programmes de réinsertion sociale en prison et des thérapies de gestion de la colère, mais que ses deux années en détention ont été difficiles.

J'ai été malade de la COVID-19 avec de sévères symptômes et je partage une cellule avec trois autres hommes depuis mon rétablissement, mais je sens que ma santé est toujours défaillante, poursuit-il.

Second plaidoyer de la défense

Dans son plaidoyer, l'avocate de Malik Mohamed, Cyd Israel, a plutôt aborder le lourd passé de son client, en rappelant qu'il n'a presque pas connu son père, que ses parents sont divorcés depuis qu'il a deux ans et qu'il a déjà un frère plus vieux en détention.

« Sa mère l'a molesté dans son enfance, elle a consommé du crack durant son adolescence et il a été poignardé à l'abdomen à l'âge de 11 ans. »

— Une citation de  Cyd Israel, avocate de Malik Mohamed

Me Israel souligne que son client souffre depuis d'un trouble de stress post-traumatique. Il a ensuite réussi à décrocher un travail de nettoyeur dans une boulangerie et rencontrer une femme avec laquelle il a eu une petite fille, poursuit-elle.

Dessin de cour de la juge en toge.

La juge Anne Molloy a écouté les arguments de la Couronne et de la défense avec beaucoup d'attention.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

L'avocate précise que la pandémie l'empêche toutefois de communiquer avec sa conjointe, tout en admettant qu'ils éprouvent des problèmes conjugaux.

Il vit parfois avec la mère de son enfant à Scarborough, parfois ailleurs dans le nord-ouest de la ville, et il est soumis à une ordonnance de la cour de ne plus la contacter, reconnaît-elle.

Me Israel souligne que les déboires de son client ont fait en sorte qu'il a fréquenté de mauvaises personnes.

Déductions dans le calcul de la peine

Contrairement à son complice, Malik Mohamed n'avait rien à dire à la juge au moment de prendre la parole.

Son avocate a conclu ses arguments en disant qu'il souhaitait être ingénieur mais qu'il n'avait pu suivre aucun programme en détention, puisque ces services sont offerts aux premiers détenus qui en font la demande.

En vertu du temps qu'ils ont passé en détention préventive depuis leur arrestation en novembre 2019, la juge a soustrait de leur peine plusieurs années de prison (un an en détention équivaut généralement à un an et demi).

Cunningham et Mohamed n'auront donc plus qu'à purger respectivement 2,5 années et 4,5 années en prison.

La juge Anne Molloy, de la Cour supérieure de l'Ontario, leur a souhaité bonne chance en ajournant l'audience.

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