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Le PCC contestera le règlement sur la vaccination obligatoire aux Communes

Devant les drapeaux du Canada et des provinces, Erin O'Toole ôte son masque portant le symbole du Parti conservateur du Canada.

Le chef conservateur Erin O’Toole s'est présenté devant les journalistes après la réunion de son caucus, qui a duré plusieurs heures.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Erin O'Toole, a indiqué mercredi que sa formation contesterait dès que possible la décision du Bureau de régie interne (BRI) obligeant les députés qui veulent siéger en personne à être adéquatement vaccinés.

Une question de privilège sera soulevée le plus rapidement possible à la Chambre des communes pour contester la conduite inappropriée et le précédent créé par le Bureau de régie interne lors de leur rencontre du 19 octobre. Seule la Chambre des communes peut déterminer sa composition et sa conduite, a martelé le chef conservateur à l'issue d'une réunion du caucus de presque cinq heures qui s'annonçait tendue.

Sa formation est cependant la seule à rejeter la vaccination obligatoire aux Communes.

La semaine dernière, le BRI, l'organe directeur de la Chambre des communes composé d'élus, y compris conservateurs, a statué que la double vaccination serait requise pour accéder aux édifices parlementaires à Ottawa.

Les conservateurs se plieront cependant aux consignes.

Autant avant que le président ou la Chambre se prononce qu'après qu'il se sera prononcé, tout le caucus conservateur va respecter les règles et les consignes sanitaires en place, a précisé M. O'Toole. J'ai proposé un plan et le caucus a accepté de respecter [les] nouvelles règles, a-t-il déclaré aux journalistes.

Question après question, il a refusé de dire ce qu'il adviendrait aux élus de sa formation qui refuseraient de se faire vacciner, par exemple s'il accepterait de certains de ses députés qu'ils ne viennent jamais à Ottawa.

Comme j'ai dit, les vaccins sont l’outil le plus important dans notre lutte contre la COVID-19. Et tous les députés vont être vaccinés dans la Chambre des communes. C'est très important. Et comme députés, on va toujours respecter les règles parlementaires et les règles sanitaires, s'est-il borné à répéter.

D'entrée de jeu, il avait de nouveau pris soin de souligner qu'il ne s'opposait pas à la vaccination. J'encourage tous les Canadiens, tous les Québécois à se faire vacciner, a-t-il dit, répétant un message déjà martelé.

Interrogé sur le message qu'il avait livré aux élus conservateurs toujours réticents à se faire vacciner, il a éludé la question, vantant la rencontre très fructueuse de son caucus. Nous n'allons pas permettre à M. Trudeau d'échapper à la surveillance en se cachant derrière un Parlement virtuel. Nous voulons voir le Parlement reprendre les travaux comme à l’accoutumée, a-t-il soutenu.

Même si certains de ses collègues ne seront pas en mesure de siéger à la Chambre, le chef conservateur, à l'instar de sa formation, continue de s'opposer à la tenue de séances hybrides, qui pourraient permettre aux députés non vaccinés de participer aux séances à distance.

On doit avoir un Parlement normal. C'est important pour la transparence pour les Canadiens, a insisté M. O'Toole.

Il n'est pas possible, pour le moment, de savoir combien d'élus seront absents des banquettes conservatrices le mois prochain.

Selon une compilation effectuée par La Presse canadienne, 80 députés disent être pleinement vaccinés contre la COVID-19, 2 invoquent des exemptions médicales les empêchant d'avoir le vaccin et un autre admet être partiellement vacciné. Les 36 autres, certains mettant de l'avant une question de principe, refusent toujours de dévoiler leur statut vaccinal.

Dès le début des travaux parlementaires, le 22 novembre, les députés auront à élire un nouveau président de la Chambre des communes. C'est à lui que reviendra de statuer sur les arguments contre la vaccination obligatoire des députés qui seront présentés par les conservateurs.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, n'a pas mâché ses mots pour critiquer l'entêtement des conservateurs à ne pas se plier aux consignes du BRI.

Ils sont égoïstes parce qu'ils concentrent leurs efforts sur les divisions internes plutôt que de parler de ce qui se passe dans la vie des gens, a-t-il déploré.

Le doyen de la Chambre des communes, le bloquiste Louis Plamondon, qui présidera les travaux parlementaires en attendant le vote pour un nouveau président, y est aussi allé de son analyse sur la situation.

Je pense que les conservateurs sont très mal à l'aise avec ça. La très grande majorité sont des gens disciplinés et sont des gens qui respectent le fait qu'il faut être vacciné. Mais expulser en partant deux, trois députés [...] ce ne serait pas très rentable politiquement pour les conservateurs. Je ne voudrais pas être dans leur peau, a-t-il laissé tomber au sujet de leurs débats internes.

Un caucus divisé

Les députés conservateurs sont divisés au sujet de la procédure que leur parti doit adopter à l'égard des élus qui ne sont pas vaccinés – soit ceux issus de leurs propres rangs.

Certains conservateurs croient que le chef doit faire preuve de fermeté. Erin O’Toole doit se tenir debout et s’opposer à la vaccination obligatoire, comme il l’a fait durant l’élection, a plaidé en entrevue à Radio-Canada un député conservateur qui a préféré s’exprimer sous le couvert de l’anonymat.

D'autres pensent au contraire qu’un Parlement en mode virtuel est inévitable pour les quelques députés non vaccinés. On ne peut rien faire pour les députés non vaccinés, a lancé un autre élu conservateur, du Québec. On ne va pas rester dans un cul-de-sac à cause de quelques irréductibles qui refusent le vaccin.

Mercredi matin, à l'entrée de la réunion du caucus, quelques députés ont défendu le choix d'une minorité de Canadiens de ne pas se faire vacciner.

Le député albertain Glen Motz, qui fait partie de ceux qui refusent de dévoiler leur statut vaccinal, a accusé le premier ministre Justin Trudeau d'avoir fait un bon travail pour diviser les Canadiens sur la question de la vaccination. Vous pouvez tirer vos propres conclusions sur ma capacité à pénétrer dans la Chambre des communes, a-t-il lancé aux journalistes.

Son collègue Mark Strahl, de la Colombie-Britannique, est pleinement vacciné, mais dit vouloir défendre la liberté de choix pour tous les Canadiens. Nous avons besoin d'être très clairs que nous sommes opposés au mandat de Justin Trudeau sans accommodements raisonnables pour les personnes qui ne peuvent pas être vaccinées, a-t-il dit.

La consigne émise par le BRI prévoit pourtant bel et bien que les personnes ayant une contre-indication médicale à la vaccination contre la COVID-19 pourront pour leur part présenter un résultat négatif à un récent test antigénique de dépistage.

Avec les informations de La Presse canadienne

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