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L’ancien réserviste Patrik Mathews condamné à 9 ans de prison aux États-Unis

Patrik Mathews vu de face.

Patrik Mathews a été publiquement identifié comme un recruteur du groupe néonazi The Base au cours de l’été 2019, à la suite d’une enquête du journaliste du Winnipeg Free Press, Ryan Thorpe.

Photo : Gendarmerie royale du Canada

Radio-Canada
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Un juge américain condamne l’ancien réserviste canadien et membre d’un groupe néonazi Patrik Mathews à 9 ans de prison, suivis de 3 ans de libération supervisée.

Originaire de Beauséjour, au Manitoba, M. Mathews était passible d'une peine de 25 ans de prison.

Patrik Mathews s'était enfui aux États-Unis au cours de l'été de 2019, après que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) eut fouillé sa résidence à la suite d'allégations voulant qu'il soit membre du groupe néonazi The Base.

En juin dernier, Patrik Mathews et le vétéran de l'armée américaine Brian Mark Lemley fils ont tous deux plaidé coupables à des accusations relatives aux armes à feu dans le cadre d'un complot visant à déclencher par la violence une guerre raciale aux États-Unis.

Quand il a appris sa peine,  Patrik Mathews a déclaré dans la salle d'audience qu’il s'était entouré de mauvaises personnes et qu'il regrette ses décisions. 

Je ne suis pas quelqu'un qui fait du mal aux gens. Je ne suis pas quelqu'un de méchant. J'essaie d'être l'ami des gens. J'ai choisi le mauvais groupe d'amis pour le faire. C'est une chose d'être un ami, c'en est une autre de s'impliquer dans une activité illégale. Tout est de ma faute,a-t-il lancé.

Brian Mark Lemley, un vétéran de l'armée américaine qui a servi en Irak, a également plaidé coupable à d'autres chefs d'accusation, notamment ceux de transport illégal d'une arme à feu et d'entrave à la justice.

Un homme devant une maison.

Patrik Mathews a été arrêté au Delaware en janvier 2020.

Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

Bien que Patrick Mathews et son coaccusé ne soient pas inculpés pour terrorisme, un juge du Maryland a accepté, cette semaine, de renforcer les chefs d'accusation qui pèsent contre eux par la notion de terrorisme, ce qui permet d’augmenter la peine qu'ils encourent.

Le juge Theodore Chuang a dit que M.Mathews a de la chance d'avoir été intercepté par les forces de l'ordre au moment où il l'a été, car il aurait pu rester en prison beaucoup plus longtemps. 

Patrik Mathews a indiqué vouloir rentrer au Canada après avoir purgé sa peine pour se racheter auprès de sa famille. Le juge a indiqué ne pas avoir entendu d'excuses particulières envers les États-Unis, ajoutant que l'accusé n'a pas montré qu'il avait changé au point qu'il n'aurait plus de menace de violence de sa part.

Selon moi, c'est exaspérant de penser que quelqu'un qui n'est pas un Américain saurait mieux que nous quel genre de pays nous devrions avoir chez nous, et il décide qu'il a une telle haine envers les États-Unis qu'il infiltre notre pays et veut le détruire, a souligné Theodore Chuang.

L'avocat de la défense Joseph Balter se dit déçu que la peine ne soit pas plus clémente, lui qui réclamait 33 mois d'emprisonnement, mais est reconnaissant que le juge ait équilibré un certain nombre de facteurs contradictoires pour statuer sur la peine

Les parents de Patrik Mathews ont indiqué qu'après une relation amoureuse qui s'est détériorée, leur fils avait été entraîné dans un mauvais chemin. Sa mère, Kim Penhall, a indiqué aux journalistes qu’elle croit toujours que son fils est innocent et qu'il a simplement fait confiance aux mauvaises personnes.

Rappel des événements

Patrik Mathews a été publiquement identifié comme un recruteur du groupe néonazi The Base au cours de l’été 2019, à la suite d’une enquête du journaliste du Winnipeg Free Press, Ryan Thorpe.

Le groupe se décrit comme une organisation de nationalistes blancs et de survivalistes. Il est présent surtout aux États-Unis, mais tente de s'implanter au Canada.

En août 2019, après une perquisition menée par la Gendarmerie royale du Canada à son domicile à Beauséjour, Patrik Mathews a disparu pour réapparaître aux États-Unis.

La police avait trouvé, dans une poubelle, une liste manuscrite de tueries de masse avec des détails portant sur l’année, le nombre de morts et si le tueur prenait ou non des médicaments.

Un homme masqué tire sur des cibles de forme humaine.

Capture d'écran d'une vidéo de propagande de The Base.

Photo : Capture d'écran - District court of Maryland

Patrik Mathews a disparu pendant plusieurs mois, jusqu'à son arrestation en janvier 2020 dans le Delaware.

Des documents de la cour ont révélé que le Federal Bureau of Investigation a mené une opération clandestine à partir de juillet 2019. Un agent d'infiltration a passé un entretien en ligne pour être admis au sein de The Base.

L'enquête a révélé que Patrik Mathews, Brian Lemley ainsi que d'autres membres du groupe ont organisé des camps d'entraînement paramilitaires en Georgie en septembre et en octobre.

À la fin des camps, les membres ont posé pour des photos, portant des équipements tactiques et des cagoules qui ont ensuite été utilisées dans la propagande de The Base.

En décembre de la même année, des agents du FBI ont obtenu des ordonnances du tribunal qui les autorisaient à installer une caméra en circuit fermé et un microphone dans l'appartement du Delaware où vivaient Patrik Mathews et Brian Lemley.

Les caméras ont capté des images des deux hommes en train de discuter de leurs plans pour attaquer un rassemblement en Virginie et pour orchestrer le meurtre d'un policier et du président de la Chambre des représentants de l'État de la Virginie.

Patrik Mathews le montre portant un masque à gaz.

Une vidéo déposée en preuve au procès de Patrik Mathews le montre portant un masque à gaz pour modifier sa voix.

Photo : document du procureur américain

D’autres vidéos parlent de tuer des gens pour le bien du mouvement. L’une d'entre elles montre Patrik Mathews portant un masque à gaz pour tenter de modifier sa voix.

Lundi, le juge Theodore Chuang a déclaré que les discussions des deux hommes interceptées par le Federal Bureau of Investigation démontrent que leurs intentions étaient plus que des souhaits, des espoirs et des fantasmes lointains.

Le juge s'est dit d'accord avec la poursuite, selon qui Patrik Mathews et Brian Lemley discutaient d'un plan qu'ils avaient l'intention d'exécuter.

Un autre coaccusé, William Bilbrough, a été condamné à cinq ans de prison en décembre 2020 pour avoir aidé l'ancien réserviste canadien à entrer illégalement aux États-Unis.

Patrik Mathews fait face à d’autres accusations en Georgie, pour avoir participé à la décapitation d’un animal pendant un entraînement paramilitaire.

Avec des informations de Sarah Petz

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