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Retour des maladies respiratoires et de la gastro-entérite chez les tout-petits

Une personne prend la température d'un enfant malade à l'aide d'un thermomètre buccal.

Les infections respiratoires sont maintenant tout aussi présentes qu'avant la pandémie. (archives)

Photo : iStock

Pratiquement absents depuis le début de la pandémie, les virus respiratoires comme l’influenza et le virus respiratoire syncytial (VRS) font leur réapparition cette année. Dans certains cas, particulièrement chez les jeunes enfants, les symptômes risquent d’être plus sévères selon des médecins.

Moins remplie à l’automne 2020, l’urgence du CHU Sainte-Justine n’a certainement plus la même allure cette année. Il y a beaucoup de changements depuis l’année dernière. Il y avait beaucoup moins de virus présents dans la communauté pédiatrique, explique le chef du service d’urgence du centre hospitalier pour enfants, Dr Antonio D’Angelo.

Le pédiatre urgentologue a récemment remarqué une recrudescence des hospitalisations liées à des virus respiratoires et de la gastro-entérite, pratiquement absentes l’an dernier. Le déconfinement et le retour des enfants à l’école et à la garderie expliquent en grande partie ce retour selon le médecin, qui croit toutefois que l’important taux de natalité de la dernière année peut aussi jouer un rôle important.

Il y a donc beaucoup plus de jeunes enfants et leurs petits frères, petites soeurs, qui sont maintenant exposés par les virus. Ce sont de nouveaux arrivants dans les garderies, et donc ils emmènent à la maison des virus qu’ils ont attrapés à la garderie, ajoute-t-il.

Des symptômes plus sévères

Cette recrudescence semble s’accompagner de symptômes plus importants, particulièrement chez les jeunes enfants, remarque le Dr D'Angelo.

Et même si l’influenza n’a pas encore fait son apparition cet automne, l’infectiologue du CHU de Québec Dr Guy Boivin s’attend aussi à ce que la grippe vienne avec de plus graves symptômes dans les prochains mois, autant chez les enfants que les adultes. Nos anticorps qu'on avait, ils ont baissé depuis le temps qu'on a vu une dernière souche d'influenza, donc ça pourrait être plus sévère, explique-t-il.

Le Dr Guy Boivin est microbiologiste, infectiologue au CHU de Québec et professeur de pédiatrie à la faculté de médecine à l’Université Laval.

Le Dr Guy Boivin est microbiologiste, infectiologue au CHU de Québec et professeur de pédiatrie à la faculté de médecine à l’Université Laval.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Alors que le retour de ces virus signifie un certain retour à la normale, le Dr D’Angelo croit donc qu’il faut tout de même continuer à appliquer les mesures sanitaires. C'est difficile d'éviter la contamination dans une maison, mais quand on se lave bien les mains, quand on tousse dans un masque ou dans notre coude, on évite de transmettre de grandes quantités de virus dans la maison.

Rebâtir le système immunitaire

Moins positive pour l’engorgement des urgences et du réseau de la santé en général, cette recrudescence risque toutefois de permettre une amélioration du système immunitaire, surtout chez les plus jeunes. On a évolué comme espèce pour combattre ces infections-là, développer un système immunitaire qui devient de plus en plus fort avec l'âge. C'est important justement d'avoir une exposition à ces virus-là même à un jeune âge, indique le Dr D’Angelo.

Il ajoute toutefois qu’il faut faire particulièrement attention à ne pas exposer les très jeunes bébés, qui sont beaucoup plus à risque de développer d’importantes complications.

Une femme enrhumée se mouche.

L'infectiologue Guy Boivin s'attend à ce que l'influenza fasse son retour cette année.

Photo : iStock

Vaccin et influenza

Le réseau de la santé se prépare au retour imminent de l’influenza, après plus d'un an d’absence. Les cliniques de vaccination contre la grippe débuteront d’ailleurs le 1er novembre. La prise de rendez-vous peut se faire sur le portail Clic Santé (Nouvelle fenêtre).

La vaccination antigrippale est offerte gratuitement à plusieurs catégories de personnes, incluant les adultes et les enfants atteints de certaines maladies chroniques, ainsi que les femmes enceintes (2e et 3e trimestres de grossesse) et les personnes âgées de 75 ans et plus.

Selon l’infectiologue Guy Boivin, il est particulièrement important de se faire vacciner cette année, d’autant plus que la pandémie n’est pas tout à fait derrière nous. Si on a plusieurs virus qui circulent au même moment, on pourrait avoir beaucoup d'hospitalisations et ça pourrait fragiliser notre système de santé, affirme-t-il. Il met également en garde contre les risques de co-infection, c'est-à-dire les risques de contracter la COVID-19 et la grippe en même temps.

Chaque année, environ 3 500 Canadiens meurent et 12 200 personnes sont hospitalisées en raison de complications liées à la grippe saisonnière.

Même s’il estime qu’il n’est pas nécessaire que tous les enfants reçoivent le vaccin contre la grippe, le pédiatre Antonio D’Angelo croit que ceux qui travaillent en contact direct avec eux devraient le recevoir, de même que les parents d’enfants souffrant de maladies chroniques.

Pendant la pandémie, le CIUSSS de la Capitale-Nationale a mis au service des parents d’enfants de 3 mois à 16 ans une ligne téléphonique spéciale. Si l’enfant n’a pas de médecin de famille et qu’il présente des symptômes s’apparentant à ceux de la COVID-19, le parent peut contacter le 418 666-1998 ou le 1 833 666-1998 (sans frais) afin de parler avec une infirmière clinicienne. Celle-ci procédera à une évaluation des symptômes et pourra au besoin leur offrir un rendez-vous à la Clinique désignée pédiatrique COVID-19.

Avec des informations de Marie-Pier Mercier

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