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Jean Charest juge que le gouvernement Legault cautionne des gestes illégaux

L'ex-premier ministre du Québec tient à défendre coûte que coûte son intégrité.

Plan rapproché de Jean Charest.

L'ex-premier ministre québécois Jean Charest lors d'une entrevue accordée à Radio-Canada en janvier 2020.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Dans une rare sortie publique, mercredi, Jean Charest s'en est pris au gouvernement Legault, qu'il accuse de cautionner des gestes illégaux en cherchant à salir sa réputation.

L'ex-premier ministre du Québec a attaqué le gouvernement Legault en général, mais surtout le leader parlementaire caquiste, Simon Jolin-Barrette, et la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, pour des propos tenus en Chambre le 21 octobre dernier.

Ce jour-là, en réponse à des questions soulevées par le député libéral de LaFontaine, Marc Tanguay, les deux ministres ont mis en doute l'intégrité du Parti libéral du Québec (PLQ), dirigé par M. Charest de 1998 à 2012.

À un moment, en prenant la parole, Mme Guilbault a exhibé le livre PLQ INC. pour appuyer son propos, un geste qui a ulcéré l'ancien premier ministre, dont la photo s'étend sur toute la page couverture.

Dans un communiqué publié mercredi, soit près d'une semaine plus tard, M. Charest s'est dit profondément choqué par l'attitude gouvernementale, d'autant plus qu'il s'agit là d'un ouvrage qui repose sur plusieurs fuites illégales émanant de l'UPAC, l'Unité permanente anticorruption.

Ce faisant, les deux ministres cautionnent et légitiment des actes illégaux, selon sa lecture des faits.

La ministre de la Sécurité publique est debout à l'Assemblée nationale et s'adresse à la Chambre.

Les propos tenus par la ministre Geneviève Guilbault à l'Assemblée nationale le 21 octobre dernier ont dérangé Jean Charest.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Toujours le 21 octobre, la ministre Guilbault avait notamment affirmé qu'il lui semblait un peu contre nature d'entendre le Parti libéral parler d'intégrité. Le leader parlementaire libéral, André Fortin, lui avait demandé aussitôt de retirer ses propos.

La ministre avait aussi soutenu que s'il y avait un parti qui a donné de l'ouvrage à l'UPAC à travers les années, c'est bien le Parti libéral.

M. Jolin-Barrette en a remis par la suite en affirmant qu'au fil des années, la confiance des Québécois dans nos institutions a été mise à mal à cause du Parti libéral du Québec.

M. Charest, qui a été premier ministre du Québec de 2003 à 2012, a indiqué dans son communiqué que le livre PLQ INC. est le résultat de plusieurs fuites d'enquêtes menées par l'UPAC, fuites qui, disons-le clairement, constituent des actes criminels.

Les fuites en question ont violé sa vie privée, a-t-il affirmé, et font aujourd'hui « l'objet d'une poursuite devant la Cour supérieure à la suite du refus du gouvernement du Québec de [lui] présenter des excuses ».

Le leader parlementaire du gouvernement est debout à l'Assemblée nationale, avec des feuilles dans ses mains. Il s'adresse aux autres députés de la Chambre.

Le leader parlementaire du gouvernement caquiste, Simon Jolin-Barrette, est également visé par Jean Charest.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

M. Charest a rappelé que l'enquête interne de l'UPAC sur les fuites émanant d'elle a mené à l'arrestation du député de Chomedey, Guy Ouellette, qui a reçu récemment des excuses publiques du commissaire de l'UPAC, Frédérick Gaudreau.

Ces fuites font actuellement l'objet d'une enquête par le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) à la suite de l'investigation déclenchée par l'UPAC au sujet des fuites illégales, alors que des enquêteurs de l'UPAC sont soupçonnés d'en avoir été les auteurs.

De toute évidence, les gestes et les propos du gouvernement Legault et de la ministre Guilbault étaient planifiés et prémédités, a conclu M. Charest, qui a refusé d'accorder des entrevues sur le sujet.

Le livre PLQ INC. porte le sous-titre Comment la police s'est butée au parti de Jean Charest. Produit par l'équipe d'enquête de Québecor, le livre paru en 2019 porte sur les dessous de l'enquête Mâchurer menée par l'UPAC au sujet d'allégations de financement illégal du PLQ.

La ministre Guilbault persiste

Loin de présenter ses excuses à l'ancien premier ministre, Geneviève Guilbault en a rajouté mercredi, en fin de journée, lors d'une mêlée de presse à sa sortie de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres.

L'équipe libérale doit, selon elle, vivre avec les conséquences des gestes qui n'ont pas été posés et qui auraient dû l’être à l'époque où elle était au pouvoir, afin d’assurer une saine gestion de l'UPAC.

Elle estime que son commentaire en Chambre était tout à fait pertinent et visait à dénoncer le laxisme du PLQ en matière de gestion de l'UPAC et de lutte contre la corruption.

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