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L’origine autochtone d’une chercheuse éminente est contestée en Saskatchewan

La chercheuse Carrie Bourrassa répond à des questions de journalistes dans un auditorium.

Carrie Bourassa est directrice de l’Institut de santé des peuples autochtones à l’Institut de recherche en santé du Canada.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Bien qu’elle se présente comme Métisse, Anichinabée et Tlingit depuis des années, des collègues de Carrie Bourassa estiment que ses affirmations sont fausses.

Je suis Bear Clan. Je suis Métisse Anichinabée Métisse du territoire du Traité no 4, explique-t-elle en tenue traditionnelle lors d’un discours télévisé pour TEDx en 2019.

Chercheuse éminente

Carrie Bourassa est professeure au département de santé communautaire et d’épidémiologie à l’Université de la Saskatchewan. Elle y dirige le Morning Star Lodge, un laboratoire de recherche en santé autochtone.

Carrie Bourassa est également directrice de l’Institut de santé des peuples autochtones à l’Institut de recherche en santé du Canada (CIHR), une agence fédérale qui sert de principal outil de subvention pour les questions de santé autochtone au pays.

Cependant, la professeure d’études autochtones de l’Université de la Saskatchewan Winona Wheeler affirme que l'origine autochtone de Mme Bourassa est mensongère. Elle avance que des recherches généalogiques indiquent que les origines de sa collègue sont entièrement européennes.

Contestations

Elle n’a aucun droit de mentir ainsi afin d’établir de la crédibilité dans le milieu et ainsi récolter des offres d’emploi et des subventions. C’est de l’abus, explique Winona Wheeler.

Les découvertes d'ordre généalogique ont été corroborées par des recherches indépendantes de CBC, qui a également fouillé dans d’autres documents officiels, tels que des certificats de naissance, des manifestes de passagers, des recensements et des archives médiatiques. Selon CBC, la famille de Carrie Bourassa a quitté la Russie en 1911.

Professeure métisse et anthropologue médicale à l’Université de la Saskatchewan, Caroline Tait a collaboré avec Carrie Bourassa pendant près d’une décennie. Ses soupçons se sont accentués lorsque la sœur de Carrie Bourassa a abandonné ses propres prétentions à des origines autochtones, en 2014, après des recherches généalogiques effectuées par son mari.

Caroline Tait avance que les origines de Mme Bourassa sont principalement russes, tchèques et polonaises.

Sa famille vient de l’Europe de l’Est. Ils arrivent au Canada, ils s’installent.

Dans une déclaration écrite envoyée à CBC, la sœur de Carrie Bourassa, Jody Burnett, affirme que le portrait familial dressé par la chercheuse est inexact et qu’il ne reflète pas adéquatement l’histoire de la famille.

Plaintes officielles

Caroline Tait a déposé des plaintes formelles auprès de l’Université de la Saskatchewan et du CIHR.

Le CIHR maintient son soutien à Carrie Bourassa. Dans un courriel, il qualifie Carrie Bourassa de femme métisse, éminente chercheuse autochtone et championne incontestée des peuples autochtones au pays.

L’Université de la Saskatchewan accepte l’auto-identification de son personnel en matière d’origines ancestrales.

Carrie Bourassa a décliné les offres d’entrevue de CBC, affirmant par courriel qu’elle était profondément choquée par le fait qu’on puisse contester [ses origines métises].

Avec les informations de Geoff Leo

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