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Aider les personnes itinérantes à produire leur vin au lieu de boire n’importe quoi

Un homme prépare du vin dans un baril de plastique.

Le programme a reçu plus d'un demi-million de dollars de financement sur deux ans de la part du gouvernement fédéral.

Photo : Radio-Canada / Fournie par Elliott Tanti

Radio-Canada

Un nouveau programme, dirigé par le centre communautaire Boyle Street, tente d’aider les personnes itinérantes à ne plus boire de produits à base d'alcool impropres à la consommation.

À 29 ans, Randy Thompson est le plus jeune des participants au programme lancé en juin. Il estime que cette initiative l’a aidé à arrêter de boire de l’alcool à friction, qu'il consommait, faute de pouvoir s’acheter autre chose. 

Je n’avais nulle part où aller, nulle part où me tourner, se rappelle-t-il.

Les 14 autres participants, âgés de 29 à 60 ans, et lui peuvent se rendre quotidiennement dans un lieu pour consommer ou récupérer 2 litres de vin rouge, qu'ils ont produits eux-mêmes dans des bouteilles de 500 millilitres. Ils peuvent également avoir accès à des services sociaux.

Le fait qu'on lui fournit de l'alcool propre à la consommation et qu'on le soutient a permis à Randy Thompson de se rendre à des rendez-vous médicaux ou pour des logements, dit-il.

Les membres du personnel m’ont vraiment aidé à prendre un tout autre virage [dans ma vie], souligne-t-il.

Ces produits impropres à la consommation

Alors qu’elle travaillait au centre communautaire Boyle Street, il y a quelques années, Sindi Addorisio a noté la présence de bouteilles de rince-bouche et de désinfectant vides au centre-ville d’Edmonton.

Elle s'est alors aperçue qu'il y avait peu d'études sur l'ingestion de produits à base d'alcool impropres à la consommation. Cette pratique consiste à boire des liquides comme du rince-bouche, de l’eau de Cologne ou encore de la laque à cheveux pour l'alcool qu'ils contiennent.

Selon Services de santé Alberta, la consommation de ces produits est dangereuse et engendre plusieurs risques pour la santé. Cependant, les personnes ayant une dépendance à l’alcool se tournent vers eux, car ils sont moins chers, plus forts et plus accessibles que les boissons alcoolisées.

Sindi Addorisio s'est donc lancée dans une étude sur le phénomène en 2017. Celle-ci a été publiée la semaine dernière dans le Harm Reduction Journal.

Ailleurs sur le web :

L'étude de Sindi Addorisio sur l'ingestion de produits à base d'alcool impropres à la consommation (Nouvelle fenêtre) (en anglais seulement)

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L’étude met en évidence que les consommateurs de ces produits à base d'alcool peuvent devenir violents ou bruyants et souffrir d’un niveau plus élevé de détresse psychologique.

Selon Sindi Addorisio, la mise en place de programmes comme celui de Boyle Street est cruciale pour améliorer la qualité de vie de ces personnes. 

Des plans d’expansion

La superviseure du programme, Lina Meadows, souligne que la plupart des participants ont complètement arrêté de consommer des produits à base d'alcool depuis qu’ils font partie du groupe.

L'équipe responsable du projet prévoit de passer à une trentaine de participants et de proposer le programme au-delà du centre-ville.

Ce serait bien d’avoir plus d'endroits pour éviter la stigmatisation des personnes qui boivent des produits à base d'alcool impropres à la consommation et leur donner l'aide dont elles ont besoin, ajoute-t-elle.

Avec les informations de Madeleine Cummings

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