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Jeunes et réseaux sociaux : le Sénat américain s’en prend à TikTok, Snapchat et YouTube

La femme parle dans un micro derrière un pupitre.

La sénatrice républicaine Marsha Blackburn a posé des questions aux porte-parole de TikTok, Snapchat et YouTube lors d'une audience devant une commission du Sénat américain.

Photo : Getty Images / Samuel Corum

Agence France-Presse

Les projecteurs se sont braqués mardi sur TikTok, Snapchat et YouTube, accusés, comme Facebook, de nuire à la santé mentale et physique des enfants en les surexposant aux vies apparemment idéales d'autres personnes, ainsi qu'à des images et publicités inappropriées.

Des porte-parole de ces trois plateformes, ultrapopulaires auprès des jeunes, ont tenté de prouver au Sénat américain qu'elles s'en sortaient mieux que Facebook sur ces sujets.

Mais Facebook et son application Instagram n'ont pas le monopole du mal-être adolescent, ont rétorqué les membres du Sénat.

Être différent de Facebook n'est pas un argument de défense, a déclaré le démocrate Richard Blumenthal. Nous voulons une course vers le haut, pas vers le bas.

Cette audition intervient quelques semaines après celle, devant la même commission au Commerce, de la lanceuse d'alerte Frances Haugen.

Cette ancienne ingénieure de Facebook a révélé, documents à l'appui, que le géant des réseaux sociaux était au courant des effets néfastes de ses services sur une partie des ados qui les utilisent, d'après ses propres recherches menées en interne.

Selon Frances Haugen, le groupe californien fait passer les profits avant le bien-être de ses utilisateurs et utilisatrices, une formule désormais reprise à l'envi par un grand nombre d'ONG et de politiciens et politiciennes, pas seulement pour parler de Facebook.

« Plus de paires d'yeux signifie plus de dollars. Tout ce que vous faites sert à attirer des utilisateurs et utilisatrices, notamment des enfants, et à les garder sur vos applications. »

— Une citation de  Le sénateur démocrate Richard Blumenthal

Des parents dépassés

Le sénateur Blumenthal a relayé les récits de parents désarmés face à l'expérience de leurs enfants sur les réseaux, comme cette mère dont la fille a été submergée de vidéos sur le suicide, l'automutilation et l'anorexie parce qu'elle était déprimée et cherchait des contenus sur ces sujets.

Ses collègues ont aussi remis en question les choix des plateformes en termes d'âge minimum, de méthodes de modération des contenus et de protection de la vie privée.

Les porte-parole de TikTok, Snapchat et YouTube ont tenté de se défendre à coups de comparaisons flatteuses et de mesures déjà mises en place.

Snapchat a été construit comme un antidote aux réseaux sociaux, a indiqué Jennifer Stout, une vice-présidente du groupe Snap.

Snapchat, fréquenté par 500 millions d’utilisatrices et utilisateurs par mois, a fixé à 13 ans l'âge minimum pour s'inscrire sur le réseau.

L'application se distingue des autres en étant beaucoup moins ouverte aux contenus extérieurs. Les personnes qui l’utilisent échangent principalement entre elles et ont accès, sur un fil découverte, à des vidéos et textes de médias, clubs sportifs, marques, etc.

Des mesures de protection suffisantes?

TikTok et YouTube proposent quant à eux des versions adaptées pour les plus jeunes, avec des dispositifs spécifiques. La version de TikTok pour les moins de 13 ans ne permet ainsi pas de publier des vidéos ni de commenter les vidéos publiées par d'autres.

Pour les 13 à 16 ans, le réseau social interdit les retransmissions en direct et associe, par défaut, à ces jeunes utilisateurs et utilisatrices un compte privé, ce qui signifie qu'il ne peut être consulté que par des personnes autorisées par le détenteur du compte.

Nous avons constaté que les personnes qui souffrent de troubles de l'alimentation viennent sur TikTok pour en parler d'une façon positive, a assuré Michael Beckerman, responsable des affaires publiques de la filiale du chinois ByteDance, dont une version séparée existe en Chine sous le nom de Douyin.

La plateforme a annoncé fin septembre avoir dépassé le milliard d'utilisatrices et utilisateurs mensuels actifs, loin derrière YouTube et ses 2,3 milliards de personnes qui se connectent au moins une fois par mois (en 2020).

Le service de vidéo de Google a de son côté mis en avant ses efforts pour retirer les millions de contenus qui enfreignent ses règlements.

Les réseaux sociaux peuvent offrir divertissement et opportunités éducatives, a reconnu la commission, en présentation de l'audition, mais ces applications ont aussi été mal utilisées pour s'en prendre aux enfants et promouvoir des actes destructeurs, comme le vandalisme à l'école, des défis viraux qui font risquer la mort, le harcèlement, les troubles de l'alimentation [...] et le détournement de personnes mineures.

Nombre de parlementaires veulent légiférer pour inscrire dans les textes davantage de garde-fous pour protéger les personnes mineures.

Vous n'avez pas fini de nous entendre, a conclu Richard Blumenthal.

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