•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Puits abandonnés : un Ontarien demande à la province de prendre ses responsabilités

Un homme se tient devant l'ouverture d'un puits. Il y a un grillage autour.

David Cockerham considère que c'est à la province de prendre en charge les frais pour boucher son puits abandonné.

Photo : CBC/Jacob Barker

Radio-Canada

Un propriétaire de Leamington, dans le sud-ouest de la province, se bat avec celle-ci pour savoir qui est responsable d'un puits abandonné qui laisse échapper du gaz sur l'un de ses terrains.

Il y a cinq ans, David Cockerham a détecté sur sa propriété une fuite de gaz provenant d'un puits. L'odeur d'œufs pourris qui s'en dégage laisse penser qu'il s'agit d'une fuite de sulfure d'hydrogène, une substance à la fois inflammable et corrosive.

Le gouvernement provincial a toutefois déterminé qu'il s'agit d'un puits d'eau et que son entretien ne relève pas du programme des puits abandonnés du ministère des Ressources naturelles, mais plutôt du ministère de l'Environnement.

Mais si ce dernier est responsable de l'assainissement de ces puits d'eau, ce sont les propriétaires qui doivent payer les coûts des travaux qui pourraient monter jusqu'à 900 000 $.

La situation est dans une impasse, explique M. Cockerham qui ajoute que le ministère de l'Environnement est déjà sur le point d'intervenir chez lui.

Ils vont faire les rapports d'ingénierie pour forer [et] ils vont me facturer pour cela, ce qui signifie qu'ils devront probablement prendre ma propriété pour payer, se plaint-il.

Un air de déjà-vu

Ce qui inquiète aussi M. Cockerham, c'est qu'il est possible que ce puits soit bel et bien un ancien puits de gaz et non d'eau avec les risques que cela comporte.

Nous savons ce qui s'est passé à Wheatley et cela n'aurait pas dû arriver, note-t-il.

Il y a deux mois, une explosion qui a eu lieu dans la petite ville du Sud-Ouest a soufflé plusieurs bâtiments au centre-ville et blessé une vingtaine de personnes.

Les enquêteurs municipaux suspectent qu'une fuite de sulfure d'hydrogène d'un puits abandonné soit à l'origine de la déflagration.

Jim McIntosh est ingénieur pétrolier. Il connaît bien la question des puits abandonnés dans la région.

Selon lui, rien dans les dossiers sur lesquels le gouvernement s'appuie ne correspond à l'emplacement exact du puits sur la propriété de M. Cockerham.

Il a d'ailleurs écrit au gouvernement provincial pour remettre en cause la qualification du puits et souligner que, s'il s'agit d'un puits d'eau, le gaz qu'il contient provient forcément d'ailleurs.

Nous savons que le gaz provient de quelque chose de plus profond dans le sol que l'aquifère d'eau douce. Si celui-ci n'était pas relié à de vieux puits de pétrole et de gaz mal bouchés et abandonnés, il ne contiendrait pas ce type de gaz naturel, explique l'ingénieur.

Des enjeux de sécurité

Pour Jim McIntosh, la présence de gaz dans l'aquifère est un enjeu régional qui ne devrait pas relever des résidents, mais bien de la province.

Parce qu'il s'agit d'un gaz contenant du sulfure d'hydrogène, David [Cockerham] se trouve dans une position très délicate pour entrer dans le puits et le boucher, même s'il s'agit d'un puits à très faible profondeur, précise-t-il.

« Quand vous regardez cela en disant qu'un propriétaire individuel doit payer pour cela, cela ne semble tout simplement pas juste. »

— Une citation de  Jim McIntosh est ingénieur pétrolier

Il ajoute que tous les travaux autour de ces puits peuvent se traduire par une augmentation de la quantité de gaz et poser d'importants problèmes de sécurité pour le voisinage.

De son côté, M. Cockerham a fait appel à un avocat qui fait également de la sensibilisation dans la communauté sur la situation.

Ce qu'ils me demandent de faire, c'est de mettre en danger ma communauté, de mettre en danger mes voisins, alors comment pouvez-vous me faire payer? dit-il.

Contacté par CBC, le ministère n'a pas répondu à la demande de commentaires.

Avec des informations de Jason Baker, CBC Windsor

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !