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Une Métisse dit qu’elle s’est vu refuser des soins dans un hôpital de Winnipeg

Mme Flett assise sur les marches d'un escalier.

Jacqueline Flett dit qu'elle a été refoulée de l'Hôpital Saint-Boniface après avoir attendu des heures pour faire soigner une infection du pied.

Photo : Radio-Canada / Trevor Brine

Radio-Canada

Une femme métisse de Winnipeg atteinte du diabète affirme qu’elle a été refoulée de l’Hôpital Saint-Boniface la semaine dernière, alors qu’elle tentait de se faire soigner.

Jacqueline Flett, 38 ans, s’est rendue à l’Hôpital jeudi dernier après avoir développé un douloureux ulcère du pied. Son taux de glycémie n’était pas bon, et elle savait qu’il y avait un problème.

L’infection remontait ma jambe — la douleur était atroce, dit-elle. Mon pied faisait trois fois sa taille [normale].

Mme Flett indique qu’elle a attendu deux heures avant le triage. Elle a alors parlé à des infirmières, qui lui auraient répondu qu’elles ne l’avaient pas vue. L’une d’elles a pris sa température et commencé le processus d’admission.

À ce moment-là, il y avait seulement trois autres patients dans la salle d’attente, indique Jacqueline Flett. Frustrée par la lenteur du processus, elle s’est mise à documenter sa visite avec des notes dans son téléphone et a tenté d’appeler le service de relations avec les patients.

Peu après, dit Mme Flett, elle a vu des infirmières faire venir des gardiens de sécurité. Elle affirme que les gardiens lui ont dit que les infirmières pensaient qu’elle prenait des photos ou des vidéos avec son téléphone, ce qui est interdit par la Loi sur les renseignements médicaux personnels.

Un panneau signalant la direction vers l'urgence de l'Hôpital Saint-Boniface.

Mme Flett affirme qu’elle a attendu deux heures avant le triage aux urgences de l'Hôpital Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada / Travis Golby

Mme Flett affirme que ce n’était pas le cas. Les gardiens lui auraient demandé de fouiller son téléphone. Elle leur en a donné la permission.

Ils ont vu qu’il n’y avait pas de photos, pas de vidéos. Ils ont été sur mes réseaux sociaux, il n’y avait pas de photos ou de vidéos sur mon Snapchat, raconte Mme Flett. Ils m’ont dit que je devais aller dans un autre hôpital.

Sa longue attente et l’attitude du personnel lui ont rappelé la mort de Brian Sinclair dans un autre hôpital de Winnipeg. Il avait attendu 34 heures pour être soigné au Centre des sciences de la santé en 2008, avant de mourir.

Jacqueline Flett dit qu’elle a demandé au personnel infirmier si elle était traitée de cette manière parce qu’elle était Autochtone, et si cela allait être une reprise de ce qu’a subi M. Sinclair parce qu’elle ne recevait pas de soins adéquats.

Un membre du personnel lui aurait répondu : Eh bien, vous pouvez aller recevoir des soins adéquats ailleurs! J’ai été sortie de la salle sous escorte, de manière embarrassante, poursuit-elle.

L’Hôpital enquête

Le lendemain, Mme Flett s’est rendue à l’Hôpital général Seven Oaks. Le personnel s’est chargé d’elle immédiatement et l’a traitée avec dignité, dit-elle.

L’infection était alors remontée jusqu’à sa cuisse et elle a reçu des soins pendant huit heures. Elle a subi une tomodensitométrie d’urgence et trois doses d’antibiotiques par voie intraveineuse.

Jacqueline Flett indique qu’elle suit maintenant des traitements pour une infection de l’os.

Elle a porté plainte pour la façon dont elle a été traitée à l’Hôpital Saint-Boniface, lequel indique qu’il mène une enquête à ce sujet.

Les événements tels qu’ils sont décrits sont troublants et ne respectent pas les valeurs de l’Hôpital Saint-Boniface […] lls ne correspondraient pas aux normes de qualité des soins de notre hôpital, indique une déclaration de l’Hôpital.

Nous allons certainement travailler avec cette personne à travers notre bureau de relations avec les patients pour mieux comprendre ce qui s’est passé et tenter de rectifier toute préoccupation qui persisterait, poursuit l’Hôpital Saint-Boniface.

Jacqueline Flett affirme qu’elle a décidé de raconter ce qui lui est arrivé afin d’empêcher qu’une telle situation ne se reproduise.

Les personnes autochtones devraient sentir qu’elles peuvent se rendre à l’hôpital pour des soins adéquats qui seront fournis sans discrimination et sans jugement, conclut-elle.

Avec les informations d' Erin Brohman et de Bryce Hoye

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