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La grève des employés du gouvernement est « imminente » au Nouveau-Brunswick

Une table de conférence de presse avec une dizaines d'individus du Syndicat canadien de la fonction publique pour le Nouveau-Brunswick.

Le président du Syndicat canadien de la fonction publique pour le Nouveau-Brunswick, Steve Drost (au milieu).

Photo : Radio-Canada / Mikael Mayer

Radio-Canada

Les membres du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) au Nouveau-Brunswick semblent n’être qu’à un pas du déclenchement d'une grève à la suite de la rupture des négociations collectives avec le gouvernement.

Les délégués de plusieurs sections syndicales ont donné une conférence de presse, mercredi matin.

Le président du SCFP, Stephen Drost, affirme que les syndiqués seront les premiers informés du déclenchement de la grève. Il dit pour le moment qu’elle est imminente. Il rappelle que 94 % des syndiqués ont voté pour la grève.

Stephen Drost souligne qu'en cas de grève, les syndiqués qui ont le statut de travailleurs essentiels resteront à leur poste pour veiller à la santé et à la sécurité du public.

Entre-temps, le syndicat demande à ses membres et au public d’exercer une pression sur l’ensemble des députés pour la reprise des négociations collectives.

Des pancartes sur lesquelles est écrit « J'appuie les travailleurs de première ligne ».

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a rompu les négociations collectives avec ses employés, mardi soir, selon le Syndicat canadien de la fonction publique.

Photo : Radio-Canada / Mikael Mayer

Selon les représentants syndicaux, les dernières négociations collectives ont commencé dimanche après-midi, avec l’aide d’un médiateur. Le gouvernement les a rompues mardi soir. Stephen Drost rappelle que c'était la deuxième fois que le gouvernement quittait la table de négociation sans offrir au moins une augmentation de salaire couvrant la hausse du coût de la vie.

La question des salaires est l'un des principaux éléments sur lesquels les deux parties ne s'entendent pas. Selon le syndicat, le gouvernement offre une hausse de 2 % par année sur cinq ans alors que les syndiqués réclament 3 % par année sur quatre ans.

Selon Stephen Drost, l’offre du gouvernement aux membres du SCFP est beaucoup plus faible, considérablement plus faible que celles que d’autres groupes d’employés ont récemment rejetées aussi.

Nos membres sont les plus mal payés parmi les mal payés, dit-il, en ajoutant qu’il est inapproprié de la part de tout employeur de faire une offre inférieure à la hausse du coût de la vie après 15 à 20 ans d’austérité.

L'offre du gouvernement équivaut à une baisse de salaire et le SCFP ne l’acceptera pas, ajoute Simon Ouellette, conseiller syndical aux communications.

« Ça devrait brasser dans les prochaines journées parce que nos héros de première ligne deviendront des héros de lignes de piquetage. »

— Une citation de  Simon Ouellette, conseiller aux communications du SCFP au Nouveau-Brunswick

En annonçant la semaine dernière la reprise des négociations, le gouvernement avait indiqué qu'il s'agissait de discussions avec sept sections locales qui représentent quelque 20 000 employés. Ces derniers travaillent au sein de la fonction publique, dans les écoles et dans le système de santé.

Blaine Higgs riposte

Si le SCFP déclenche une grève, le premier ministre Blaine Higgs se dit prêt à utiliser l'état d'urgence en vigueur en raison de la quatrième vague de la pandémie afin d'obliger certains travailleurs à demeurer au travail.

Blaine Higgs a aussi demandé aux personnes touchées par les pressions du syndicat de s’armer de patience. Il ne faut pas que ça se poursuive et il faut protéger tous les Néo-Brunswickois, dit-il.

Le premier ministre indique quant à lui que sa dernière offre de 2 %, la plus généreuse selon lui, n’est plus sur la table.

Je n’ai rien de plus à proposer. Nous avons offert quelque chose de très équitable, affirme Blaine Higgs. La balle se trouve du côté du SCFP. Il connaît les offres que nous avons faites aux autres sections locales.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, lors d'une conférence de presse.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, lors d'une conférence de presse le 27 octobre 2021 sur les négociations collectives.

Photo : Radio-Canada

Le syndicat dénonce toutefois le fait que gouvernement refuse de lui offrir plus, compte tenu de l'état des finances de la province. Selon lui, le gouvernement a les moyens de mieux payer ses employés.

Je demande aux membres des syndicats d’examiner ce qui a été rejeté par leurs dirigeants. Je veux que les Néo-Brunswickois soient sensibilisés. J’ai continuellement cherché à bâtir une province pour l’avenir, nous devons équilibrer nos priorités qui font concurrence avec l’avenir qui comprend des conventions abordables avec nos groupes, ajoute Blaine Higgs.

Sans convention collective depuis des mois, des années

Des manifestants rassemblés devant l'Hôpital de Moncton, le vendredi 15 octobre 2021.

Le 15 octobre, des syndiqués ont manifesté devant plusieurs institutions publiques, comme ici devant l'Hôpital de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau

Quelque 22 000 syndiqués sont sans convention collective depuis plusieurs mois, voire plusieurs années.

Au début du printemps, le SCFP a fixé au gouvernement un ultimatum de 100 jours, qui se terminait au début du mois de septembre. Des discussions avec les 10 sections locales concernées ont eu lieu un peu avant, mais elles n'ont pas été fructueuses. Puis, 94 % des syndiqués ont voté pour la grève.

Des infirmières ont ensuite été reclassées par le gouvernement provincial. Environ 1900 membres du SCFP ont dû rejoindre le Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick au début du mois d'octobre.

La quatrième vague de la pandémie prenait de l'ampleur au Nouveau-Brunswick, ce qui a poussé le gouvernement à imposer des mesures coupe-circuits dans certaines régions. Le syndicat avait alors décidé de reporter la grève.

L’opposition n’appuie pas les choix de Higgs

Selon le chef de l’opposition officielle, Roger Melanson, le premier ministre du Nouveau-Brunswick n’a jamais eu l’intention de parvenir à une entente dans ces négociations.

Il accuse Blaine Higgs d’être la source du problème, et de manquer de leadership.

Il crée des crises et il n’est pas capable de les résoudre , dit-il. Il essaie d’utiliser le contexte de la pandémie en souhaitant que les employés de la fonction publique aillent en grève et par la suite que la population en générale se tourne vers les employés de la fonction publique parce qu’il y a une grève durant une pandémie. C’est irresponsable.

« Avec un surplus budgétaire de plus de 400 millions de dollars il est temps qu’il [Blaine Higgs] vienne à la table de bonne foi.  »

— Une citation de  Roger Melanson, chef de l’opposition officielle du Nouveau-Brunswick

Roger Melanson déclare que l’opposition défendra les travailleurs à l'Assemblée législative.

Les écoles se préparent

Le District scolaire francophone Sud a envoyé un message aux parents, mercredi, pour les aviser qu’une grève pourrait avoir des répercussions sur les activités des écoles.

Plus de 800 membres du SCFP travaillent au district scolaire. On y compte, entre autres, des chauffeurs d’autobus, des concierges, des assistantes en éducation et du personnel de soutien administratif.

Le district scolaire demande aux parents de porter une attention particulière à leurs courriels et au site web des retards et des fermetures, jusqu’à avis contraire.

Il pourrait y avoir des interruptions au niveau des services de transport scolaire ou encore des fermetures des édifices scolaires (journées opérationnelles). Ces annonces pourraient se faire à très court avis et même en cours de journée , est-il écrit dans la note du district scolaire.

De son côté, le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Dominic Cardy, a affirmé que le gouvernement tenterait de limiter l’impact de la grève sur les apprentissages des élèves.

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