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L’humoriste montréalais Mort Sahl, père fondateur du stand-up, s’éteint à 94 ans

Mort Sahl est assis et parle à une personne debout.

L'humoriste Mort Sahl, en 1961

Photo : Getty Images / Keystone

L’humoriste juif montréalais Mort Sahl, considéré par plusieurs historiens et historiennes comme le père fondateur du stand-up, est mort mardi à 94 ans.

Né à Montréal à 1927, Mort Sahl révolutionne le monde de l’humour au début des années 1950 en popularisant un style conversationnel ayant pour point de départ des observations personnelles.

Alors que la plupart des humoristes de cabaret s’appuyaient à l'époque sur des stéréotypes pour livrer des blagues courtes sous la formule prémisse-punchline, Mort Sahl amorce souvent ses numéros en commentant les nouvelles du jour, journal à la main.

Les premiers numéros de stand-up sont ainsi marqués par un humour intellectuel et porté sur les enjeux sociopolitiques. Présentées dans un bar de San Francisco fréquenté par des beatniks et des activistes universitaires, les blagues de Mort Sahl mordent dans l’actualité et remettent en question le statu quo.

L’humoriste enregistre en 1955 le tout premier album de stand-up, At Sunset. Les numéros de celui-ci sont influencés par la poésie et le jazz, qui sont alors populaires à San Francisco. At Sunset est d’ailleurs enregistré entre les parties d’un concert de Dave Brubeck.

Mort Sahl sera le premier humoriste à apparaître sur la page couverture du magazine Time, en 1960. Il sera également le tout premier animateur du gala des prix Emmy en 1959 et coanimera la 31e cérémonie des Oscars la même année en compagnie de Jerry Lewis et Bob Dole.

Un héritage majeur

Peu connu au Québec, Mort Sahl est une influence marquante pour de nombreux piliers de l’humour aux États-Unis, dont Shelley Berman, Woody Allen, Lenny Bruce, George Carlin et Robin Williams.

Chaque humoriste qui n’est pas en train de faire des blagues sur son épouse devrait remercier Mort Sahl. Il a vraiment été le premier humoriste à faire autre chose qu’accumuler les punchlines, avait indiqué à l’Associated Press en 2007 l’humoriste Albert Brooks.

À la suite de la mort de John F. Kennedy, en 1963, Mort Sahl – qui a écrit des blagues pour la campagne du président démocrate – est dévasté et sombre dans des théories conspirationnistes qui lui font perdre la faveur du public.

L’humoriste ne se relèvera jamais de cette perte de popularité, mais continuera tout de même d’exercer son métier et de livrer des blagues jusqu’en septembre 2021, notamment sur sa page Facebook.

Avec les informations de Associated Press

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