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Afghanistan : l’EI pourrait attaquer les États-Unis dans 6 mois, selon le Pentagone

Vue aérienne de l'édifice du Pentagone.

L'édifice du Pentagone à Washington abrite le département américain de la Défense.

Photo : Associated Press / Charles Dharapak

Reuters

Les services de renseignement américains estiment que l'antenne du groupe armé État islamique (EI) en Afghanistan pourrait être en mesure d'attaquer les États-Unis dans six mois déjà, et qu'elle a l'intention de le faire, a déclaré mardi au Congrès américain un haut représentant du Pentagone.

Ces commentaires de Colin Kahl, sous-secrétaire des politiques du département de la Défense, viennent rappeler que l'Afghanistan pourrait toujours représenter une menace sécuritaire importante pour les États-Unis, dont l'intervention militaire lancée en 2001 a pris fin en août sur un revers.

Les talibans, revenus au pouvoir à Kaboul à la faveur d'une offensive éclair à travers le pays, sont des ennemis de l'EI, qui a revendiqué plusieurs attentats et attaques depuis le retrait de l'armée américaine et des troupes occidentales le 31 août.

S'exprimant lors d'une audition devant la commission sénatoriale des Services armés, Colin Kahl a déclaré qu'il était pour l'heure toujours impossible de déterminer si les talibans avaient les capacités de lutter avec efficacité contre l'EI depuis le départ de l'armée américaine. Les États-Unis combattaient à la fois les talibans et des groupes comme l'EI et Al-Qaïda.

C'est notre analyse que les talibans et l'ISIS-K [l'antenne de l'EI en Afghanistan, NDLR] sont des ennemis mortels. Donc, les talibans sont très motivés par l'idée de combattre l'ISIS-K. Leur capacité à le faire reste à déterminer, a dit le haut représentant du Pentagone, selon qui l'EI disposait de plusieurs milliers de combattants.

À Kaboul, le ministre intérimaire des Affaires étrangères Amir Khan Muttaqi a déclaré que le gouvernement taliban répondrait à la menace représentée par l'EI; il a ajouté que l'Afghanistan n'autoriserait pas que des groupes y préparent des attaques contre d'autres pays.

Colin Kahl a estimé que le problème représenté par Al-Qaïda en Afghanistan était plus complexe, du fait des liens du groupe avec les talibans. Ce sont ces liens qui ont poussé Washington à lancer son intervention militaire en Afghanistan à la suite des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, perpétrés par Al-Qaïda, dont les chefs étaient abrités par les talibans.

Il pourrait falloir un an ou deux à Al-Qaïda pour rétablir ses capacités à mener des attaques hors d'Afghanistan et contre les États-Unis, a déclaré Colin Kahl.

Le président Joe Biden, dont la cote de popularité a chuté à cause de sa gestion jugée chaotique du retrait américain d'Afghanistan, a assuré que les États-Unis continueraient d'être vigilants face aux risques sécuritaires émanant d'Afghanistan, en procédant à des activités de collecte de renseignements pour découvrir les menaces de groupes comme Al-Qaïda et l'EI.

Toutefois, en privé, des représentants américains préviennent que déceler et contrer de telles menaces est une mission extrêmement compliquée en l'absence totale de soldats en Afghanistan.

Des drones capables de frapper des cibles de l'EI et d'Al-Qaïda sont envoyés depuis le Golfe.

Les États-Unis n'ont pour l'heure aucun accord avec des pays voisins de l'Afghanistan pour y déployer des troupes à des fins antiterroristes, a dit Colin Kahl.

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