•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un comité américain recommande le vaccin anti-COVID de Pfizer pour les 5-11 ans

Une infirmière tient une dose de vaccin dans sa main.

Pfizer a présenté les résultats d'un essai clinique ayant montré une efficacité de 90,7 % du vaccin pour prévenir les formes symptomatiques de la maladie chez les 5 à 11 ans.

Photo : (Lynne Sladky/The Associated Press)

Agence France-Presse

Un comité d'experts américains s'est prononcé mardi en faveur de l'immunisation des 5 à 11 ans par le vaccin contre la COVID-19 de Pfizer-BioNTech, ce qui présage d'une autorisation très prochaine du vaccin pour quelque 28 millions d'enfants aux États-Unis.

L'avis de ce comité n'est que consultatif, mais il est rare qu'il ne soit pas suivi par le Secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA). Si celui-ci autorise effectivement le vaccin pour cette tranche d'âge, les injections pourraient commencer dès le début de novembre.

Composé de scientifiques indépendants (immunologues, experts en maladies infectieuses, en pédiatrie...), le comité a passé en revue les données rassemblées par Pfizer et les autorités sanitaires.

Au terme d'une journée de discussions, retransmises en direct sur Internet, ses membres ont estimé que les bénéfices du vaccin pour les enfants de 5 à 11 ans l'emportaient sur les risques (17 votes pour, une abstention).

Les enfants sont loin d'être épargnés par les dommages de la COVID-19, avait rappelé Peter Marks, de la FDA, en introduction.

Chez les 5 à 11 ans, plus de 1,9 million de cas de COVID-19 ont été enregistrés depuis le début de la pandémie aux États-Unis, plus de 8300 hospitalisations et une centaine de décès, a-t-il détaillé.

Les enfants attrapant le virus peuvent développer un syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique (MIS-C), ou encore la COVID-19 de longue durée.

Pour soutenir sa demande d'autorisation, Pfizer a présenté les résultats d'un essai clinique ayant montré une efficacité de 90,7 % du vaccin pour prévenir les formes symptomatiques de la maladie chez les 5 à 11 ans.

La vaccination aidera à assurer un apprentissage en personne à l'école, lequel est crucial pour le développement des enfants, a argumenté William Gruber, responsable chez Pfizer. De plus, les enfants jouent un rôle important dans la transmission du virus au sein de la population générale, a-t-il ajouté.

Avant la réunion, la FDA avait publié sa propre interprétation des données, qui pointait clairement en faveur d'une autorisation.

Risque de myocardites

Le point de débat principal concerne le risque de myocardites provoquées par le vaccin. Cette inflammation du muscle cardiaque est un effet secondaire qui a notamment été détecté chez les adolescents et les jeunes adultes [surtout masculins] après l'inoculation des vaccins de Pfizer ou de Moderna.

Les autorités sanitaires ont confirmé près de 880 cas [plus de 600 restent à évaluer], dont environ 830 ont nécessité une hospitalisation. Au moins environ 790 sont depuis rentrés chez eux, et aucun décès n'a été enregistré.

Parmi les 3000 enfants vaccinés au total durant les essais cliniques de Pfizer, aucun cas de myocardite n'a été détecté. Les experts pensent que cet effet secondaire devrait être plus rare chez les jeunes enfants, car il pourrait être lié au niveau de testostérone.

Cela ne veut pas dire que le risque est absent. Mais l'analyse de la FDA prédit que le nombre de problèmes cliniquement significatifs liés à la COVID-19 évités grâce au vaccin contrebalancerait clairement le surplus de cas de myocardites.

Le Dr Paul Offit, membre du comité, s'est dit rassuré par le fait que le dosage pour les enfants soit plus faible (10 microgrammes par injection au lieu de 30 chez les groupes plus âgés).

De nombreux experts ont malgré tout estimé que la question était difficile à trancher, et ont souligné le besoin de surveiller les données une fois la campagne d'immunisation lancée.

Autre étape à franchir

Lorsque la FDA aura donné son feu vert, un comité d'experts des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) se réunira à son tour les 2 et 3 novembre sur le sujet, et cette agence fédérale publiera ensuite ses recommandations à destination des professionnels de santé qui administrent les doses.

Comme chez les adultes et les adolescents, le vaccin requiert deux injections, à trois semaines d'écart. Le bouchon des flacons destinés aux enfants sera orange, et ainsi facilement reconnaissable par rapport aux bouchons violets des flacons des groupes plus âgés.

La Maison-Blanche a indiqué être prête à envoyer aux quatre coins du pays des millions de doses. Les enfants pourront être vaccinés chez des pédiatres, dans des pharmacies ou dans certaines écoles. Mais encore faudra-t-il convaincre la population.

Selon un sondage de la Kaiser Family Foundation, réalisé à la fin de septembre, environ un tiers des parents déclaraient qu'ils vaccineraient leur enfant dès que possible, un autre tiers qu'ils attendraient avant de prendre une décision, et un quart qu'ils ne le feraient pas vacciner.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !