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Guilbeault à l’Environnement, une nomination « problématique », selon Jason Kenney

Le Franco-Albertain Randy Boissonnault fera également partie du Cabinet Trudeau en tant que ministre du Tourisme.

Justin Trudeau et Steven Guilbeault.

Steven Guilbeault laisse derrière lui le ministère du Patrimoine canadien pour diriger celui de l’Environnement et du Changement climatique.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La nomination de Steven Guilbeault, cofondateur d'Équiterre et environnementaliste de renom, au ministère de l’Environnement du Canada n’a rien pour détendre les relations entre Ottawa et l’Alberta.

Si M. Guilbeault suit les politiques qu’il appuyait en tant que militant, ce serait un désastre pour l’économie canadienne, a lancé le premier ministre albertain, Jason Kenney, lors d’une conférence de presse mardi.

J’espère par contre qu’il va adopter une approche constructive et raisonnable pour travailler avec l’Alberta, les autres provinces et l’industrie des ressources naturelles.

Il croit que le fait de choisir M. Guilbeault pour ce poste sensible envoie un message problématique aux Albertains, mais dit qu’il est prêt à travailler avec tous les gouvernements et les ministres.

En 2019, Jason Kenney avait été plus cinglant envers Steven Guilbeault.

Sur Twitter, il avait dit que M. Guilbeault était un activiste financé à partir de l’étranger, soutenant le manifeste du bond en avant (Leap Manifesto), qui veut détruire l’industrie énergétique canadienne, tuant des centaines de milliers d’emplois.

Le premier ministre a dit qu'il croyait toujours que les positions que Steven Guilbeault avait défendues par le passé étaient « extrêmes », mais qu'il espérait que son approche, en tant que ministre, serait différente.

Des cris d’alarme à l’Assemblée albertaine

À peine une heure plus tard, pendant la période des questions à l’Assemblée législative, Jason Kenney est allé un peu plus loin, qualifiant le ministre d'ancien extrémiste de Greenpeace.

Le ministre de l’Environnement de l’Alberta, Jason Nixon, n’a pas non plus mâché ses mots à son entrée à la Chambre, qualifiant la nomination d'alarmante.

« C’est un environnementaliste radical autoproclamé. [...] C’est quelqu’un qui a jugé bon de grimper en haut d'un bâtiment et de se faire secourir et arrêter par du personnel d’urgence de première ligne. »

— Une citation de  Jason Nixon, ministre de l’Environnement de l’Alberta

Steven Guilbeault s’est en effet longuement impliqué auprès de Greenpeace Canada. En 2001, en compagnie d’autres militants, il a été arrêté après avoir escaladé la Tour CN, à Toronto, pour y accrocher une bannière accusant le Canada et George Bush d’être des tueurs du climat.

La chef de l’opposition officielle, Rachel Notley, dit partager certaines des inquiétudes du premier ministre à propos des positions passées de M. Guilbeault, notamment dans le dossier des pipelines.

Elle affirme toutefois qu’il revient au gouvernement albertain de se tenir debout devant Ottawa et de faire valoir ses positions auprès du nouveau ministre.

La semaine dernière, le nom et la photo de Steven Guilbeault sont apparus dans le rapport de l’enquête publique sur les campagnes antiénergie albertaine commandé par le gouvernement Kenney.

Le rapport de 650 pages conclut que l’organisation qu’il a cofondée, Équiterre, a participé à l’opposition au développement de l’industrie pétrolière et gazière.

Le groupe de droit environnemental albertain Ecojustice, pour sa part, se réjouit de voir quelqu’un qui a l’expérience et les connaissances approfondies de M. Guilbeault [à ce poste] .

Avant les élections, Steven Guilbeault était ministre du Patrimoine canadien.

Un ministre franco-albertain membre de la communauté LGBTQ

L’Alberta aura toutefois une place dans le Cabinet Trudeau. Randy Boissonnault, qui a repris son siège de justesse des mains du conservateur James Cumming dans Edmonton-Centre, hérite du ministère du Tourisme.

Il devient également ministre associé des Finances.

Randy Boissonnault devant ses affiches de campagne.

Le candidat libéral Randy Boissonnault a repris le siège d'Edmonton-Centre, qu'il a occupé de 2015 à 2019. (archives)

Photo : Radio-Canada / Mathieu Gohier

Randy Boissonnault est un Franco-Albertain et un des sept élus de la Chambre des communes qui se présentent comme membres de la communauté 2SLGBTQ+.

On est vraiment fiers de lui, lance Martin Bouchard, porte-parole du comité FrancoQueer de l’Ouest, qui se trouve à Edmonton.

Il souligne que Randy Boissonnault s’implique depuis des années auprès de la communauté dans la capitale.

Je l’ai rencontré à plusieurs reprises, et Randy, c’est une boule d’énergie [...] Je crois que ses motivations sont hyper authentiques et qu’il veut faire avancer la cause au point de vue national et international, dit Martin Bouchard.

Il croit par ailleurs que le fait d’avoir une telle représentation dans un haut poste sera inspirant pour les jeunes avec lesquels le comité travaille.

Surtout qu’il vient de l’Alberta et de la francophonie albertaine, car on sait que c’est un milieu parfois plus conservateur. Donc, qu’ils se voient dans les médias et la politique, c’est sûr que ça a un effet positif, ajoute-t-il.

La présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta, Sheila Risbud, s’est également réjouie de l’arrivée d’un finissant du campus Saint-Jean, qui comprend bien [les] enjeux [des Franco-Albertains] au gouvernement.

C’est un grand gain pour la communauté francophone, dit-elle.

Randy Boissonnault a été député d’Edmonton-Centre de 2015 à 2019.

Au cours de cette période, il avait été nommé conseiller spécial de Justin Trudeau sur les questions de diversité sexuelle et de genre et secrétaire parlementaire pour le Patrimoine, mais pas ministre.

George Chahal, le seul autre Albertain élu sous la bannière libérale, n’est pas dans le Cabinet.

De 2019 à 2021, l’Alberta n’avait aucun député libéral.

Amarjeet Sohi, l’actuel maire d’Edmonton, est le dernier Albertain à avoir siégé au gouvernement fédéral.

Avec des informations d'Audrey Neveu

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