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Pour que tu mèmes encore, ode francophone à cette culture du web

Le premier livre en français sur les mèmes, Pour que tu mèmes encore, paraît mardi aux éditions Somme toute.

Le personnage animé Bob l'éponge fait un arc-en-ciel avec ses mains au-dessus de sa tête.

Dans le livre « Pour que tu mèmes encore », Alexandra L. Martin tente de répondre à la question à savoir pourquoi les mèmes de Bob l’éponge sont aussi populaires.

Photo : Nickelodeon

Stéphanie Dupuis

Lorsqu’on pense aux mèmes, on a en tête des images comme celles de Bad Luck Brian ou de Disaster Girl. Mais cette culture populaire qui peuple le web depuis déjà près de deux décennies est aussi bien ancrée dans l’identité francophone.

C’est l’une des motivations qui a mené à la création de ce premier ouvrage francophone sur les mèmes.

Le livre réunit les réflexions d’une dizaine de spécialistes en France et au Québec, en provenance de plusieurs disciplines, dont la philosophie, les communications et la sémiologie.

Couverture d'un livre qui montre une illustration de mains, de ficelles et d'un téléphone intelligent.

Le collectif « Pour que tu mèmes encore » a été codirigé par Stéphane Girard et Megan Bédard.

Photo : Éditions Somme toute

Chacun des articles, des chapitres, aborde le mème de façon différente, mentionne Megan Bédard, doctorante en études sémiotiques à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et codirectrice du collectif.

Alors que Jean-Michel Berthiaume, spécialiste de la culture populaire et doctorant en études sémiotiques à l’UQAM, s’intéresse de manière plus générale à ce phénomène, un autre essai, signé par Alexandra L. Martin, scrute plutôt le succès derrière les gabarits de Bob l’éponge. Alain Deneuville surprend quant à lui en dressant un parallèle entre les mèmes et l’hégémonie culturelle selon Antonio Gramsci.

Se reconnaître dans les mèmes

Ce dont on se rend compte, c’est qu’il y a des tendances de mèmes propres à chaque culture. Mais il y a aussi des éléments qui se recoupent d’une culture à l’autre, souligne Megan Bédard.

Parmi ces points communs, on trouve les références à la culture américaine, qui transcendent les frontières. On peut notamment le constater avec des gabarits de scènes de Friends, repris à toutes les sauces partout où la série télé a connu du succès.

Phoebe essaie d'expliquer quelque chose à Joey, et ce dernier ne comprend pas le message.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ce gabarit de mème tiré de la série « Friends » a notamment été utilisé pour montrer les communications déficientes entre la population et le gouvernement du Québec en 2020.

Photo :  imgflip.com

Toutefois, des mèmes de séries télé comme District 31 ou Dans une galaxie près de chez vous ne s'exportent pas au-delà des frontières québécoises, et parfois même pas au-delà d’une génération.

Si des mèmes permettent de briser le sentiment d’isolement ou renforcent le sentiment d’appartenance à un groupe, ils peuvent aussi avoir un effet vicieux, selon Megan Bédard. C’est notamment le cas de ceux portant sur la désinformation, ou sur la politique.

Il y a une ambiguïté et une tension qui émerge, quelque chose d’identitaire qui peut nous rassembler, mais qui peut aussi nous séparer, nous ranger dans des tiroirs, explique la codirectrice du livre.

Un effort de francisation

L’un des défis rencontrés par le collectif reposait sur l’appropriation francophone de la culture du mème.

La plupart des études sur le mème sont en anglais. On a eu un grand travail de défrichage à faire, mentionne Megan Bédard, qui cosigne l’introduction et la conclusion du livre avec Stéphane Girard, professeur de littérature et de sémiologie à l’Université de Hearst.

Heureusement, selon la doctorante, l’Office québécois de la langue française (OQLF) travaille depuis plusieurs années à franciser le vocabulaire du web.

« C’est important de pouvoir avoir un vocabulaire pour parler des réalités numériques francophones. Si on l’utilise toujours à travers la langue de quelqu’un d'autre, c’est un détour imparfait sur notre réalité. »

— Une citation de  Megan Bédard

Megan Bédard, qui estime avoir à peine défriché le sujet, a de la suite dans les idées. La doctorante en études sémiotiques rêve de diriger d’autres projets de recherche sur le thème des mèmes.

Mais pas un autre livre, dit-elle en s'esclaffant. Elle souhaite se concentrer aussi sur sa thèse qui porte sur les communautés de fans (fandom).

Le livre Pour que tu mèmes encore paraît mardi aux éditions Somme toute.

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