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Des enchères pour sauver les maisons menacées par l’érosion

Une maison en bord de fleuve.

La Municipalité de Sainte-Flavie met 21 maisons aux enchères en espérant les sauver de la démolition.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

La Municipalité de Sainte-Flavie met aux enchères 21 maisons menacées par l'érosion sur son territoire afin d'éviter leur démolition.

Ces résidences sont jugées à risque par le ministère de la Sécurité publique en raison de leur trop grande proximité avec le fleuve. Elles ont été rétrocédées à la Municipalité de Sainte-Flavie après le départ de leurs occupants, qui ont obtenu une indemnisation de la part du gouvernement du Québec.

La Municipalité espère maintenant leur trouver de nouveaux propriétaires, qui devront toutefois les déménager pour les éloigner du fleuve, ce qui peut coûter entre 50 000 et 120 000 $, selon la chargée de projet en érosion côtière à Sainte-Flavie, Géraldine Colli.

Arrière d'une maison située très près du fleuve.

Certaines maisons à proximité du fleuve sont considérées comme à risque par le ministère de la Sécurité publique.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Selon elle, cette mise aux enchères permettra non seulement d'éviter la démolition de maisons qui peuvent encore être habitées, mais aussi d'améliorer l'accès à la propriété.

[Il y a] un objectif environnemental. On ne veut pas démolir les maisons comme ça et envoyer tout ça aux déchets, dit-elle. [On veut aussi] permettre l'accès à moindre coût à des personnes qui ont peut-être plus de difficultés à acheter des maisons, explique-t-elle.

Le maire de Sainte-Flavie, Jean-François Fortin, ajoute que cette façon de faire permettra de revaloriser ces résidences dont le seul défaut est leur localisation, et favorisera en plus l'établissement de nouvelles familles dans la région.

« On veut conserver une certaine vitalité foncière bien entendu avec des maisons qui demeurent plutôt qu'elles soient démolies et également, on veut attirer [...] des gens qui vont contribuer à la vitalité sociale et au dynamisme de notre municipalité. »

— Une citation de  Jean-François Fortin, maire de Sainte-Flavie
Jean-François Fortin au micro d'un studio de radio.

Le maire de Sainte-Flavie, Jean-François Fortin (archives)

Photo : Jean-Pierre Perouma

Ce système de mise aux enchères ne faisait pas partie des solutions envisagées par Québec au départ, mais à force de démarches politiques, la Municipalité a réussi à rendre cette option viable.

Une mise de départ à 3500 $

Pour la mise aux enchères, la mise de départ s'établit à 3500 $ par résidence.

Les acheteurs intéressés pourront visiter les maisons pendant les mois de novembre et décembre et faire une proposition qui demeurera sous scellé jusqu'à l'ouverture des offres d'achat, en février 2022.

Les acheteurs qui remporteront la mise aux enchères auront jusqu'en juin 2023 pour déplacer leurs maisons, que ce soit à Sainte-Flavie ou dans une autre ville.

S'ils le souhaitent, ils pourront même être accompagnés dans leurs démarches par la Municipalité de Sainte-Flavie.

« Les gens qui ont besoin d'aide, on va être ici pour les aider. On pourra les rencontrer, [...] les aider avec l'entrepreneur, les démarches administratives, les différents permis. »

— Une citation de  Géraldine Colli, chargée de projet en érosion côtière à la Municipalité de Sainte-Flavie

Si toutefois l'une des 21 résidences mises aux enchères ne trouvait pas preneur, la démolition serait la dernière des options, a précisé le maire Fortin. Il espère toutefois ne pas en arriver là, puisque sur le territoire de Sainte-Flavie, plus d'une vingtaine de maisons ont été démolies à la suite des grandes marées de 2010.

Deux personnes devant une maison jaune.

André Beaulieu sur le seuil de son ancienne maison, accompagné de la chargée de projet en érosion côtière, Géraldine Colli.

Photo : Radio-Canada / Michel-Félix Tremblay

Parmi les anciens propriétaires des maisons mises aux enchères, certains ont déjà tourné la page, comme André Beaulieu, qui a habité au bord du fleuve pendant une trentaine d'années. Il se dit toutefois certain que d'autres pourraient être heureux dans son ancienne maison.

Ça serait bon pour une famille qui veut repartir et avoir quelque chose de moins cher que ce que les maisons sont rendues maintenant, qui est prête à vivre dans une petite maison qui a une vie dedans, une âme..., dit-il.

Avec la collaboration de Michel-Félix Tremblay

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