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La nomination de Ginette Petitpas Taylor aux Langues officielles saluée

Ginette Petitpas Taylor écoute lors d'une conférence de presse.

Ginette Petitpas Taylor devient ministre des Langues officielles et ministre responsable de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Tijana Martin

L’Acadienne Ginette Petitpas Taylor succède à Mélanie Joly au poste de ministre des Langues officielles. Une nomination saluée par des organismes francophones en milieu minoritaire qui se réjouissent de voir que cinq francophones de l’extérieur du Québec siégeront parmi les 38 membres du Conseil des ministres.

Mme Petitpas Taylor, on la connaît, elle est très active dans sa communauté, dans sa circonscription. Elle connaît très bien les enjeux propres aux communautés francophones et acadiennes. Je suis certaine que ça va être un très bon ajout. [...] On va prendre contact avec elle assez rapidement, promet la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, Liane Roy.

Une femme souriante, portant des lunettes.

Liane Roy est la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada.

Photo : Radio-Canada / Contribution

Un avis que partage le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin.

Avec un nouveau gouvernement, il fallait s'attendre à certains changements, et on est très heureux de la nomination de Mme Petitpas Taylor. C'est une politicienne d'expérience, qui a déjà été ministre de la Santé, donc un gros ministère.

Comme Mme Joly, Mme Petitpas Taylor partagera son poste de ministre des Langues officielles. Elle sera aussi ministre responsable de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique.

Qui est Ginette Petitpas Taylor?

Mme Petitpas Taylor a fait son entrée au Parlement en 2015, comme députée de Moncton-Riverview-Dieppe. Diplômée de l’Université de Moncton en travail social, elle avait auparavant travaillé pour l’Association canadienne pour la santé mentale à Saint-Jean, avant d’entreprendre une carrière de 23 ans à titre de travailleuse sociale et de coordonnatrice du Service aux victimes au détachement de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de Codiac.

Depuis 2015, elle a occupé le poste de whip adjointe du gouvernement, de secrétaire parlementaire du ministre des Finances, puis de ministre de la Santé de 2017 à 2019.

Selon Stéphanie Chouinard, politologue au Collège militaire royal du Canada, il s’agit d’une deuxième chance pour la députée acadienne.

Elle avait été démise de ses fonctions [de ministre de la Santé]. Habituellement, ça signale que le bureau du premier ministre n'était pas satisfait de son rendement. Donc, le dossier des langues officielles, pour elle, c'est une nouvelle tentative de faire ses preuves.

Le départ de Mme Joly, un mauvais signe?

Ce dossier a notamment permis à Mme Joly de revenir sur le devant de la scène après avoir été enlevée du ministère du Patrimoine canadien, en 2018. Mardi, celle qui gérait le dossier des Langues officielles depuis 2015 a été nommée ministre des Affaires étrangères.

Une promotion attendue, soutient Mme Chouinard, qui se dit toutefois un peu surprise.

Mme Joly a démontré beaucoup d'ambition. C'était notamment la présidente de la campagne des libéraux durant la dernière campagne électorale. Mais on n'était pas certain si elle conserverait les Langues officielles, à tout le moins jusqu'à ce que la modernisation de la Loi [sur les langues officielles] soit terminée. C'est un genre de remaniement qu'on a vu par le passé. Je pense notamment à Chrystia Freeland qui, lorsqu'elle avait été sortie des Affaires étrangères, était demeurée saisie du dossier de l'ALENA 2.0 jusqu'à ce que la ratification soit terminée. Donc, je m'attendais à un type d'arrangement similaire pour Mme Joly.

Masqués, Mélanie Joly et Justin Trudeau se regardent en souriant.

Justin Trudeau a choisi de nommer Mélanie Joly ministre des Affaires étrangères.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Son départ n’envoie pas forcément un bon message, poursuit la politologue.

Ça signale, selon moi, que le dossier des langues officielles, ce n'est pas pour les grandes personnes au Cabinet. Les membres du Cabinet les plus importants, les plus influents, ce ne sont pas eux qui sont en charge des langues officielles. On a un peu l'impression que le dossier des langues officielles, c'est un dossier pour les députés de seconde classe à la table du Cabinet. Je pense que c'est dommage, parce que [...] c'est un dossier où on a besoin de leadership. [...] Et ça prend surtout quelqu'un qui a l'oreille du premier ministre.

Le président de l’AFO salue d’ailleurs l’appui incroyable de Mme Joly pendant six ans, et rappelle son implication dans le dossier de l’Université de l’Ontario français et dans celui de la modernisation de la Loi sur les langues officielles qui est désormais sur les rails.

Mme Roy se dit persuadée que la nouvelle ministre des Affaires étrangères saura user de son influence pour faire avancer le dossier des langues officielles.

Elle est toujours au Cabinet, elle pourra être une alliée, pense-t-elle.

Des ministères stratégiques

Mme Roy et M. Jolin soulignent également que plusieurs des nouveaux visages qui seront amenés à intervenir en matière de langues officielles connaissent déjà le dossier.

Ce sera notamment le cas de la Franco-Ontarienne Mona Fortier. La députée d’Ottawa-Vanier, ancienne ministre de la Prospérité de la classe moyenne et ministre associée des Finances, devient présidente du Conseil du Trésor.

Dans un communiqué, l'AFO souligne que Mme Fortier est la première femme Franco-Ontarienne et la deuxième Franco-Ontarienne de l’histoire après le diplômé de l’Université de Sudbury, Gilles Loiselle, de 1990 à 1993, à accéder à la présidence du Conseil du Trésor.

« La nomination de Mona Fortier, c’est une bonne nouvelle pour les francophones hors Québec. [...] C'est un ministère [...] qui a beaucoup d'influence. »

— Une citation de  Stéphanie Chouinard, politologue

Un poste stratégique pour les francophones en situation minoritaire, explique Mme Chouinard.

Le Conseil du Trésor peut notamment être en charge de coordonner le dossier des langues officielles de façon horizontale, c'est-à-dire à l'intérieur des différents ministères. C'était d'ailleurs l'un des souhaits de la FCFA que le Conseil du Trésor se voie donner plus de responsabilités, plus de pouvoirs dans ce domaine-là, donc avec quelqu'un comme Mona Fortier à la tête du Conseil du Trésor, on pourrait effectivement voir ce dossier-là être mieux coordonné à l'intérieur de l'appareil d'État fédéral.

La modernisation de la Loi sur les langues officielles reste la priorité des organismes, tout comme celle du commissaire aux langues officielles qui l'a rappelé dans un gazouillis. Ils espèrent le dépôt d’un projet de loi amélioré d’ici 100 jours.

Mais d'autres avancées en matière d’immigration, de petite enfance ou dans le dossier du postsecondaire sont également attendues.

Pour la communauté franco-ontarienne, il y a évidemment, le dossier de l'éducation postsecondaire. Ce qu'on veut voir, c’est que l'Université de Sudbury devienne une institution par et pour les francophones. Il y a du travail à faire à ce niveau-là et on a besoin du gouvernement fédéral, insiste M. Jolin.

Carol Jolin s'adresse aux médias derrière un micro.

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin (Archives)

Photo : Radio-Canada

Le recteur et vice-chancelier de l'Université de Sudbury, Serge Miville, a d'ailleurs indiqué, par voie de communiqué, son intention de solliciter très prochainement une rencontre avec [Mme Petitpas Taylor] pour poursuivre l’excellente collaboration entre notre institution et son ministère.

La présidente de la FCFA rappelle également l’importance d’avoir des clauses linguistiques dans les transferts d’Ottawa vers les provinces, comme en santé ou en matière de petite enfance.

Il faut s'assurer qu'on associe des clauses linguistiques dans ces ententes-là pour que nos communautés puissent recevoir ce qui leur est dû, dit-elle.

Dans le domaine culturel, la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) souhaite également poursuivre sa collaboration avec le nouveau ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, notamment pour que soit déposé un cadre actualisé de la radiodiffusion au Canada.

Il faut faire en sorte que la prochaine loi canadienne sur la radiodiffusion tienne pleinement compte des enjeux et des besoins de nos communautés francophones en situation minoritaire, indique Josée Théberge, présidente intérimaire de la FCCF, dans un communiqué.

La francophonie minoritaire bien représentée

Outre Mme Petitpas Taylor et Mme Fortier, trois autres francophones siégeront parmi les 38 membres du Conseil des ministres, dont Randy Boissonnault qui a occupé le poste de secrétaire parlementaire de la ministre du Patrimoine canadien de 2015 à 2017, au cours duquel il s’est investi dans les consultations entourant le renouvellement du Plan d’action sur les langues officielles, et Dan Vandal qui a siégé au comité permanent des langues officielles de 2016 à 2018.

Randy Boissonnault marche avec un parapluie à la main.

Le Franco-Albertain Randy Boissonnault fait son entrée au Cabinet à titre de ministre du Tourisme et ministre associé des Finances.

Photo : Getty Images / AFP / LARS HAGBERG

C'est une satisfaction, car ça a augmenté de trois à cinq, réagit la présidente de la FCFA. Pour nous, c'est une reconnaissance du travail qui se fait et des demandes que nous avons faites auprès du gouvernement. Ce sont des gens qui connaissent bien nos communautés.

Mais Mme Chouinard tempère : Du point de vue de la représentation, c'est quand même notable. [...] Mais ce n'est pas parce que ces gens-là sont issus des communautés [francophones] qu'ils vont nécessairement y porter attention.

Les francophones de l’extérieur du Québec qui siégeront au Conseil des ministres :

  • Randy Boissonnault (Alberta) : ministre du Tourisme et ministre associé des Finances
  • Mona Fortier (Ontario) : présidente du Conseil du Trésor
  • Dominic LeBlanc (Nouveau-Brunswick) : ministre des Affaires intergouvernementales, de l’Infrastructure et des Collectivités
  • Ginette Petitpas Taylor (Nouveau-Brunswick) : ministre des Langues officielles et ministre responsable de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique
  • Dan Vandal (Manitoba) : ministre des Affaires du Nord, ministre responsable de Développement économique Canada pour les Prairies et ministre responsable de l’Agence canadienne de développement du Nord

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