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Olymel achètera moins de porcs québécois : une « autre tuile » pour les producteurs

Plusieurs cochons vivent à l'étroit dans une porcherie.

Des porcs sont prêts à être envoyés à l'abattoir.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Radio-Canada

Les éleveurs de porcs du Québec sont en colère contre Olymel. L'entreprise a pris la décision d'interrompre ses activités d'abattage de porcs à son usine de Princeville dès mars 2022, ce qui se traduira par une diminution importante des achats auprès des producteurs de la province.

Au Québec, 15 000 porcs de moins seront achetés par semaine au Québec.

Les éleveurs québécois trouvent injuste de faire les frais de cette restructuration, alors qu'Olymel entend tout de même continuer d'importer des porcs de l'Ontario.

Le président des éleveurs de porcs de l'Estrie, Sébastien Pagé, signale qu’entre 24 000 et 25 000 porcs de l’Ontario se font abattre dans les usines d’Olymel.

« Le problème peut être réglé facilement en arrêtant de faire venir des porcs de l’Ontario. C’est 15 % de moins d’achats de porcs du Québec pour Olymel. »

— Une citation de  Sébastien Pagé, président des éleveurs de porcs de l'Estrie

Olymel justifie son choix par un manque de main-d'œuvre pour exploiter à plein ses activités d'abattage, et par la chute draconienne de ses exportations vers la Chine.

La compagnie ajoute également qu'elle a signé des contrats avec les producteurs de porc ontariens et qu'elle doit s'assurer d'avoir des garanties d'approvisionnements.

Les éleveurs de porcs de l'Ontario qui livrent chez nous, ce sont des gens avec qui nous avons des relations commerciales de longue date. On a joué un peu d'équilibre entre les livraisons de l'Ontario et celles du Québec, explique le vice-président d'Olymel Paul Beauchamp.

Sébastien Pagé signale qu’en mars 2022, l’incidence va être énorme pour les producteurs de porcs du Québec. Les producteurs vont être obligés d'aller les vendre en Ontario ou au Manitoba ou vers l’Ouest canadien ou les États-Unis. Ça ne veut pas dire qu'il n’y aura plus de débouchés, mais ce sera beaucoup plus loin pour aller les porter, signale Sébastien Pagé.

Une tuile qui nous tombe sur la tête

Louis-Philippe Roy est éleveur de porcs à Saint-Michel-de-Bellechasse et deuxième vice-président des Éleveurs de porcs du Québec. Il déplore lui aussi la décision d'Olymel. Avec la saison estivale qu’on a passée, la grève de Vallée-Jonction qui est venue toucher l’ensemble des producteurs, surtout dans la grande région de Québec et de la Beauce, c'est une tuile qui nous tombe sur la tête, une fois de plus.

Il ne comprend pas non plus la décision de continuer à faire venir des porcs de l'Ontario tout en laissant de nombreux producteurs québécois avec leur élevage.

« Dans quatre ou cinq mois, on ne sera plus capable de vendre nos porcs. Pourtant, cette entreprise-là a été développée par les producteurs québécois. On a contribué comme producteurs à l'essor d'Olymel pour que ça devienne un fleuron québécois. »

— Une citation de  Louis-Philippe Roy, éleveur de porcs et deuxième vice-président des Éleveurs de porcs du Québec

Une énième embûche

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, le cabinet du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation indique partage[r] les préoccupations des Éleveurs de porcs du Québec quant à la situation des porcs en attente et à la capacité d’abattage au Québec.

« Il s’agit d’une énième embûche pour les productrices et producteurs de porcs du Québec depuis le début de la pandémie. »

— Une citation de  Laurence Voyzelle, attachée de presse pour le cabinet du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation

Le cabinet ajoute être déçu d'apprendre la décision d'Olymel quant à son usine de Princeville. Il souligne toutefois que le gouvernement a obtenu du fédéral des assouplissements qui faciliteront l’accès aux travailleurs étrangers temporaires dans les abattoirs afin de réduire la pénurie de main-d'œuvre.

Une version précédente de ce texte contenait la photo d'un porc en liberté. Celle-ci a été modifiée pour mieux représenter la réalité des porcs destinés à l'abattage chez Olymel.

Olymel promet toutefois de multiplier les efforts avant mars afin de limiter au maximum les impacts de sa décision sur les producteurs.

Avec les informations de Marc-Antoine Lavoie et Jean-François Dumas

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