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Où s’en va le dollar canadien?

Des dollars canadiens sur un drapeau canadien.

Le magazine américain « Time » avait désigné le dollar canadien « sujet d'actualité de l'année au Canada » en 2007. Au mois de novembre de la même année, l'unité monétaire avait atteint 1,10 $ US.

Photo : Reuters / Mark Blinch

Le dollar canadien progresse lentement, mais sûrement. La Banque Nationale estime qu’il est, à près de 81 cents face à la devise américaine, nettement sous-évalué. Sa chute vertigineuse sous les 70 ¢ US en mars 2020 apparaît comme un lointain souvenir.

Le récent rebond des prix du pétrole et du gaz naturel, la forte demande de matériaux produits au Canada, un marché du travail plus vigoureux que celui des Américains ainsi qu’une hausse attendue des taux d’intérêt contribuent à hausser la valeur du huard.

Nos modèles estiment que le dollar canadien est présentement sous-évalué de 10 ¢ par rapport à ses fondamentaux, soutient l’économiste et stratège en chef de l’institution financière.

Stéfane Marion explique que cette sous-évaluation semble en bonne partie attribuable aux critères d’investissement ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance), dont le E se révèle généralement défavorable au secteur énergétique du pays.

Les actifs canadiens ont moins la cote qu’en temps normal, dit-il, mais je pense quand même qu'il y aura une convergence vers ce qu’indiquent nos modèles.

Une appréciation de 3 à 5 ¢ supplémentaires serait encore, selon lui, tout à fait possible prochainement.

« Ne boudez pas trop les secteurs du Canada dans vos investissements. En général, le Canada fait bien dans le contexte actuel où il y a des craintes d’inflation au niveau mondial et avec un prix du pétrole dans la fourchette du 80 à 85 $. »

— Une citation de  Stéfane Marion, économiste et stratège en chef, Banque Nationale

Une appréciation de la monnaie canadienne reçoit généralement un bon accueil chez les consommateurs d’ici, puisque les produits importés coûtent moins cher. De plus, les voyageurs en ont davantage pour leur argent lors d’un déplacement à l’étranger. Pour chaque dollar américain, ils doivent présentement débourser 1,24 $.

Désavantage à l’exportation

Les exportateurs voient les choses bien autrement. Ça vient toucher nos bénéfices, explique d’emblée le PDG de Rousseau Métal, Charles-Alexandre Paré, qui vend sa marchandise en dollars américains.

Les exportations aux États-Unis du fabricant de systèmes de rangement Rousseau Métal, établi à Saint-Jean-Port-Joli, représentent environ 40 % de son chiffre d'affaires.

L’achat d’équipements et de matériaux en dollars américains ne vient pas combler la différence de l’augmentation du taux de change.

Rousseau Métal a donc adopté avec le temps une stratégie face aux fluctuations du dollar canadien. Il s’agit d’une couverture du risque de change. L’entreprise achète des contrats de change à terme qui viennent compenser les pertes si le taux de change lui est défavorable.

Un tel contrat agit comme une assurance en lui permettant de geler aujourd’hui un taux de change en vue d’une transaction future. Si le dollar canadien chute au même moment, il ne pourra pas en revanche faire davantage de profits.

J’ai déjà une couverture de plus de 70 % pour mon année 2022, avance M. Paré. C’est ainsi que son entreprise est parvenue à résister aux aléas du taux de change et à maintenir sa présence sur le marché américain depuis 35 ans.

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