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Les Éleveurs de porcs du Québec dénoncent la réduction d’achats locaux par Olymel

Plusieurs cochons vivent à l'étroit dans une porcherie.

Les Éleveurs de porcs du Québec peinent toujours à se remettre d’une grève de quatre mois à l'usine d'Olymel à Vallée-Jonction et de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

La Presse canadienne

Les Éleveurs de porcs du Québec digèrent mal la décision d'Olymel de réduire ses achats québécois de 15 000 porcs par semaine à compter du mois de mars prochain.

La décision survient au moment où ils sont toujours à gérer les surplus causés par la grève de quatre mois à l'usine d'Olymel à Vallée-Jonction et la pandémie, ce qui avait durement perturbé les activités des abattoirs un peu partout dans le monde.

Olymel a annoncé vendredi qu'elle cessera ses activités d'abattage à l'usine de Princeville au printemps prochain pour se consacrer entièrement à la découpe à cet endroit. Cette décision entraînera nécessairement une baisse de capacité d'abattage de l'entreprise, ce qui se traduira par une réduction de ses achats de 15 000 porcs par semaine en provenance du Québec et de 10 000 porcs par semaine en provenance de l'Ontario.

Les éleveurs québécois estiment qu'il s'agit d'un non-sens, surtout après que le gouvernement du Québec a investi 150 millions de dollars dans l'entreprise cette année. Ils affirment que les éleveurs québécois ne devraient pas faire les frais de la restructuration d'Olymel et que les porcs québécois devraient être priorisés.

« Les consommateurs du Québec, ceux qui achètent notre viande, sont fiers d'acheter du porc du Québec élevé par des familles d'ici. »

— Une citation de  David Duval, président des Éleveurs de porcs du Québec

Olymel doit réitérer ses valeurs en tant que fleuron québécois. C'est tout le modèle d'affaires de la filière porcine qui peut être ébranlé. Ce sont encore une fois les entreprises porcines, qui font notre fierté et qui rayonnent par leur savoir-faire de renommée mondiale, qui en subiront les impacts, a-t-il ajouté.

Précision

Une version précédente de ce texte contenait la photo d'un porc en liberté. Celle-ci a été modifiée pour mieux représenter la réalité des porcs destinés à l'abattage chez Olymel.

Pénurie de main-d'œuvre à l'origine de la réduction

Olymel justifie la fin des activités d'abattage à Princeville par le besoin de maintenir une production de coupes à valeur ajoutée, ce qu'elle ne pourrait faire sans réorienter le travail des employés de Princeville en raison d'un manque criant de main-d'œuvre.

Lorsqu'il manque de main-d'œuvre, on manque d'emballage, de désossage, on se retrouve avec des coupes de base à la découpe, et ça, malheureusement, par les temps qui courent, dans le marché actuel, ce n'est pas une opération rentable, a expliqué le premier vice-président de l'entreprise, Paul Beauchamp, en entrevue avec La Presse canadienne.

C'est dans ce contexte qu'on a indiqué aux producteurs qu'il fallait réduire nos achats, a-t-il insisté.

« On ne peut pas continuer à produire et perdre de l'argent. »

— Une citation de  Paul Beauchamp, premier vice-président d'Olymel

Olymel souligne que l'Ontario fournit un peu moins de 25 000 porcs par semaine à ses abattoirs, par rapport à un peu plus de 100 000 porcs québécois; le Québec demeure ainsi le principal fournisseur de l'entreprise. M. Beauchamp fait par ailleurs valoir que l'entreprise a des contrats à long terme avec des fournisseurs ontariens, qu'elle doit honorer.

Nous avons des relations à long terme avec l'Ontario qu'on ne souhaitait pas sacrifier non plus, parce que lorsqu'il manquait de porcs, ce sont les gens de l'Ontario qui nous en ont fourni à un certain moment, ce qui a fait qu'on a pu maintenir notre capacité d'abattage, rappelle-t-il.

Quant aux sommes consenties par Québec, celles-ci ont pris la forme d'un investissement qui a fait de l'État québécois un actionnaire détenant environ 6 % des actions d'Olymel. Et si le gouvernement veut faire des représentations, il pourra les faire directement à la table du conseil d'administration.

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