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Près du tiers de la population de Hearst n’a pas accès à un médecin de famille

Un hôpital dans le Nord de l'Ontario, à Hearst.

L'Hôpital Notre-Dame à Hearst peine à avoir suffisament de médecins pour son urgence. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

La pénurie de médecins se fait de plus en plus sentir dans la région de Hearst. Près de 30 % des résidents de cette ville n’ont pas de médecin de famille, selon la Dre Marjolaine Talbot-Lemaire, une des six médecins de la communauté.

Trois médecins ont pris leur retraite dans les deux dernières années, dont deux qui sont partis en même temps plus tôt cette année.

Une seule nouvelle médecin a été recrutée pendant cette période, explique la Dre Talbot-Lemaire.

Il y a donc six médecins plutôt que huit pour une population d'environ 5000 personnes.

De plus, pendant un moment au début de l'année, seulement cinq médecins y pratiquaient, puisqu'un des médecins était en congé maladie, ajoute-t-elle.

Pour pallier à court terme le manque de médecins, l’hôpital Notre-Dame de Hearst et la clinique médicale font appel à des remplaçants, qui font des allers-retours entre d’autres régions et Hearst.

Nos partenaires dans tout ceci - l’hôpital, l’équipe de santé familiale ainsi que la corporation de la Ville de Hearst - sont impliqués activement dans le dossier, souligne la Dre Talbot-Lemaire. On tente du mieux qu’on peut avec les moyens en place de trouver des solutions à moyen et court terme.

Des incitatifs financiers sont offerts en collaboration avec la Ville, notamment pour le retour dans la région des étudiants ou pour les médecins qui voudraient établir leur pratique à Hearst.

Il y a aussi des bonus offerts par la province, ajoute la Dre Talbot-Lemaire.

Elle affirme toutefois que les incitatifs financiers ne sont qu’un facteur parmi d’autres pour attirer et retenir les médecins.

Elle-même originaire de Hearst, elle croit que les médecins peuvent y trouver un équilibre entre travail et vie personnelle.

« En temps normal, je suis capable de bien le gérer et de passer du bon temps avec ma famille sans sentir que je néglige mes responsabilités professionnelles et vice-versa. »

— Une citation de  Dre Marjolaine Talbot-Lemaire, médecin à Hearst

La Dre Talbot-Lemaire admet que, dernièrement, cet équilibre est un peu plus difficile à atteindre en raison de la pénurie en plus des nombreuses responsabilités que les médecins doivent cumuler.

En plus de s’occuper de ses patients réguliers, elle doit aussi faire de longs quarts de travail à l’urgence de l’hôpital Notre-Dame, s’occuper des soins de longue durée à l’hôpital ou au foyer des Pionniers et enseigner.

Elle croit d’ailleurs que la clé du recrutement passe par l’enseignement.

L’Ontario Medical Association [OMA, Association médicale de l'Ontario, traduction libre] a d’ailleurs publié des recommandations en ce sens lundi.

Le groupe qui représente les médecins de l'Ontario a présenté dans un rapport des pistes pour améliorer les soins de santé dans le Nord de la province.

L’OMA reconnaît que les disparités dans les soins de santé existent dans le Nord depuis de nombreuses années, mais la pandémie de COVID-19 a rendu ces lacunes plus visibles et le besoin de solutions plus urgent, a affirmé le président de l’OMA, le Dr Adam Kassam, lors d’une conférence de presse à l’École de médecine du Nord de l’Ontario.

Le rapport indique que la pénurie de médecins est un problème qui touche l'ensemble de la province, mais qui est particulièrement urgent dans les communautés éloignées et du Nord.

L’Association recommande entre autres d'offrir aux médecins et aux étudiants en médecine davantage de possibilités de formation.

Elle suggère d'augmenter le nombre de places pour les étudiants en médecine et les médecins résidents en fonction des besoins à venir de la population et d'aider les étudiants des collectivités éloignées et rurales à fréquenter l'école de médecine.

L’Association recommande également un examen et une mise à jour des mesures pour inciter les médecins et autres travailleurs de la santé à travailler dans le Nord de l'Ontario.

Avec les informations de La Presse canadienne

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