•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Valérie Plante siégera dans l’opposition si elle est battue le 7 novembre

Valérie Plante et Denis Coderre débattant sur le plateau.

Valérie Plante et Denis Coderre ont échangé de 18 h à 19 h à l'occasion d'un débat animé par Patrice Roy.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La cheffe de Projet Montréal, Valérie Plante, a été plus précise sur ses intentions en cas de défaite, lundi soir, lors d'un débat civilisé au cours duquel la mairesse sortante et son adversaire principal, Denis Coderre, ont pu confronter leurs visions des thèmes comme l'habitation, la sécurité, la mobilité et l'environnement.

Moi, je considère que si la population veut me donner le rôle de cheffe de l'opposition, rôle que j'ai déjà occupé et qui est important pour la démocratie, je serai au rendez-vous, a déclaré Mme Plante alors qu'il ne restait qu'une seule minute à la joute organisée par le Téléjournal 18 h de Patrice Roy.

La réponse de M. Coderre à la même question a été beaucoup plus évasive. J'ai envie de rester, ça, c'est sûr, mais je pense que le plan A, c'est vraiment de gagner, a-t-il dit.

Pour continuer de siéger à l'Hôtel de Ville en cas de défaite, les candidats à la mairie devront faire élire leurs colistières comme conseillères de la ville. Pour Valérie Plante, il faudra que Sophie Mauzerolle soit réélue dans Sainte-Marie; dans le cas de Denis Coderre, c'est Chantal Rossi qui devra gagner dans le district d'Ovide-Clermont.

La cheffe de Projet Montréal avait promis en 2017 de siéger dans l'opposition en cas de défaite. Elle avait finalement coiffé son adversaire à la ligne d'arrivée, récoltant plus de 50 % des voix. Denis Coderre, lui, avait annoncé le soir de sa défaite qu'il se retirait de la politique.

Débat entre Valérie Plante et Denis Coderre

Logement : Plante dénonce le « double discours » de son adversaire

La crise du logement à Montréal – premier thème sur lequel les candidats ont eu l’occasion de croiser le fer, lundi soir – se résoudra-t-elle grâce à une réglementation plus stricte des projets immobiliers? Valérie Plante et Denis Coderre ne sont pas du même avis.

La cheffe de Projet Montréal a de nouveau défendu son Règlement pour une métropole mixte, le 20-20-20, et promis que 60 000 logements abordables seraient construits dans les 10 prochaines années si elle était reportée au pouvoir.

Sans réglementation, ça ne fonctionne pas, a martelé Mme Plante, qui a reproché au chef d’Ensemble Montréal son double discours, lui qui compte dans les rangs de sa formation un candidat qui, selon Le Journal de Montréal, se prête à la pratique des « flips immobiliers ».

Il n’y a pas de double discours, a assuré Denis Coderre, faisant dévier le débat sur l’importance, pour Montréal, d’avoir une plus grande densité.

Denis Coderre saluant les représentants de Radio-Canada en arrivant à la MRC.

Denis Coderre à son arrivée au débat organisé par le «Téléjournal 18 h»

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Denis Coderre, qui se dit d'accord avec l’élaboration d’une réglementation, a dénoncé le 20-20-20, responsable selon lui de l’exode des Montréalais vers les banlieues.

Entre 2019 et 2020, Montréal a perdu un nombre record de 35 900 citoyens, selon l’Institut de la statistique du Québec.

Notre couverture des élections municipales au Québec en 2021.

Le droit de mutation immobilière – communément appelé la taxe de bienvenue – représente, selon Denis Coderre, un autre obstacle au logement, plus particulièrement à l’accès à la propriété. C'est même quelque chose d'un peu indécent, a-t-il lâché, lundi soir.

« Je pense qu’il faut repenser cette taxe de permutation, parce que ça n’a pas de bon sens. »

— Une citation de  Denis Coderre, chef d'Ensemble Montréal

Cette déclaration découlait d'une question au sujet du programme de remboursement mis sur pied par l’administration Plante, qui n’a pas eu l’effet escompté.

Selon Radio-Canada, 6000 familles seulement en ont bénéficié, alors que la cheffe de Projet Montréal promettait en 2017 d’en aider 5000 par an. La raison? Le prix d’achat maximal admissible est trop bas.

Valérie Plante a rappelé pour sa part qu'elle avait promis cette année d'augmenter les seuils. Clairement, on voit que le besoin est là, a-t-elle convenu.

Éviter de réduire les services de transport en commun

Appelés à débattre des solutions pour résorber l’important déficit de la Société de transport de Montréal (STM), qui s'élève à 62 millions de dollars pour 2022, Mme Plante et M. Coderre ont tous deux fait comprendre qu’ils ne souhaitaient pas assister l'an prochain à une réduction des services offerts aux usagers.

Denis Coderre et Valérie Plante sur le plateau.

Les transports ont retenu l'attention des Montréalais lors de cette campagne, a pu constater Patrice Roy.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Pour Denis Coderre, la solution passe par une diminution de 50 % des services administratifs de la STM, alors que pour Valérie Plante, il faut optimiser le réseau de transport en commun. Aucune coupure de service, mais de l’acupuncture sur certaines lignes, a-t-elle résumé.

M. Coderre n’a pas manqué de rappeler à sa rivale que le portrait financier de la STM serait tout autre si elle n’avait pas choisi de maintenir tous les services en pleine pandémie.

C’était, selon lui, une erreur. Si on n’avait pas donné le plein service, mais des services pendant la pandémie, on ne serait pas dans cette situation, a-t-il lancé avec emphase.

Rejetant ces accusations, Valérie Plante s’est dite fière d’avoir pris cette décision dont ont pu bénéficier les travailleurs de la santé. Je suis très fière de l’avoir fait, […] parce que ce n’est pas tout le monde qui a une voiture, M. Coderre, a-t-elle répliqué.

Financer le SPVM sans oublier les groupes communautaires

En ce qui a trait à la sécurité – qui devrait être « la question de l'urne », selon Denis Coderre –, Valérie Plante a reproché à son rival d'avoir déposé lundi un plan incomplet.

Elle estime que le milieu communautaire est le grand oublié de la plateforme d’Ensemble Montréal, qui prévoit l'embauche de 250 policiers supplémentaires.

Ne pas le nommer, c’est un acte manqué, s'est exclamée la cheffe de Projet Montréal. D’autant plus que M. Coderre n’a pas détaillé les sommes qu’il allouerait aux organismes communautaires, a-t-elle ajouté.

Le chef d’Ensemble Montréal a répondu que les montants qui vont être nécessaires feront partie de son plan. Des dizaines de millions [de dollars] sont rattachés à ça, a-t-il assuré.

À ce jour, aucun des deux candidats n'a encore présenté de cadre financier.

Coderre en faveur d'une « zone zéro émission »

En matière d'environnement, Denis Coderre s'est dit lundi en faveur de l'interdiction des véhicules à essence au centre-ville de Montréal, sans toutefois présenter d’échéancier.

À ce chapitre, le chef d'Ensemble Montréal semble sur la même longueur d’onde que Valérie Plante, qui souhaite y créer une « zone zéro émission » d’ici 10 ans.

On a besoin, nécessairement, d’arrêter avec les voitures à essence, a admis Denis Coderre. Sous sa gouverne, a-t-il rappelé, Montréal s’est jointe au regroupement C40, qui plaide pour une action ciblée en matière de lutte contre les changements climatiques.

Valérie Plante, masquée, sortant de sa voiture, les mains levées vers le ciel.

Valérie Plante à son arrivée au débat organisé par le «Téléjournal 18 h»

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La cheffe de Projet Montréal, qui a en outre promis 1000 nouvelles bornes d’électrification dans la métropole, a quant à elle réitéré l’importance d’une relance verte et inclusive.

Cette élection-ci est fondamentale, parce qu’il faut se positionner pour aujourd’hui et demain, a souligné Mme Plante. Il faut décider quelle équipe est vraiment engagée et sérieuse, prête à faire des gestes courageux et pas toujours faciles pour vraiment nous amener vers la carboneutralité.

« Nous aurons ce courage, comme on l’a fait pendant ces quatre dernières années. »

— Une citation de  Valérie Plante, cheffe de Projet Montréal

En décembre 2020, l’administration Plante s’était engagée à atteindre la carboneutralité d’ici à 2050.

Huit débats en un mois

Valérie Plante et Denis Coderre sur le plateau du débat se saluent par le coude.

Valérie Plante et Denis Coderre participeront jeudi à un débat en anglais sur plusieurs chaînes, dont CBC.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Il ne s'agissait ni du premier ni du dernier débat de la campagne. Avec ou sans autres candidats, Mme Plante et M. Coderre se sont livrés à ce genre d'exercice à sept reprises depuis le 17 septembre, notamment sur les thèmes du tourisme, des relations internationales, du mont Royal, de la culture, de la jeunesse et de l’économie.

Les deux candidats ont aussi participé jeudi dernier au débat du réseau d'information en continu LCN en compagnie du chef de Mouvement Montréal, Balarama Holness.

Loin dans les sondages, M. Holness, qui ne présente plus que 68 candidats sur 103 postes électifs à pourvoir le 7 novembre prochain, n'a pas été invité par Radio-Canada au débat de jeudi.

Il participera cependant à celui organisé jeudi par un consortium de médias anglophones. La joute sera présentée de 17 h 30 à 19 h sur les ondes de plusieurs chaînes, dont CBC, le réseau anglais de Radio-Canada.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !