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Plus de 1 million de dollars payés aux travailleurs de la santé non vaccinés du Québec

Des établissements de santé ont versé d’importantes compensations financières pour permettre à leurs employés non vaccinés de passer plusieurs tests de dépistage par semaine.

Une professionnelle de la santé effectue un test de dépistage du coronavirus dans une clinique mobile du quartier Saint-Michel.

Les employés du milieu de la santé qui refusent de se faire vacciner doivent subir un test de dépistage trois fois par semaine.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Payer pour garder au travail le plus longtemps possible les employés non vaccinés contre la COVID-19 : c’est la décision qu’ont prise plusieurs établissements de santé, au cours des derniers mois, face au manque de main-d'œuvre et aux obligations imposées par le gouvernement du Québec.

Depuis le début du mois d’avril, un arrêté ministériel force les travailleurs de la santé non vaccinés à subir trois tests de dépistage par semaine. Et cette mesure a un coût, notamment lorsque ces personnes n’ont pas la possibilité de se faire tester sur leur lieu de travail.

Dans certains secteurs, pour réaliser cette tâche, des récalcitrants aux vaccins ont obtenu de leur employeur plusieurs centaines de dollars supplémentaires. Ils devaient, par exemple, se rendre dans une clinique de dépistage avant ou après leurs quarts de travail.

Radio-Canada a appris que le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal a versé près de 900 000 $ à des travailleurs non vaccinés entre avril et octobre. Au total, ce sont 2081 employés qui ont été visés par cette mesure, explique une porte-parole.

Le CIUSSS affirme ne pas avoir eu les moyens de les faire tester sur leur lieu de travail.

« Considérant la pénurie importante de personnel et le nombre élevé d'installations, nos employés devaient être dépistés trois fois par semaine à l'extérieur des heures de travail, ce qui a forcé notre établissement à dédommager ces employés. »

— Une citation de  Valérie Lafleur, porte-parole du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal

Le CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal a de son côté payé environ 242 000 $ durant la même période à près de 1100 employés non vaccinés. Ils pouvaient recevoir une compensation financière correspondant à une heure de travail, expliquait un porte-parole en juillet.

Du côté du CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean, on parle de 41 110 $ versés aux travailleurs pour réaliser ces tests de dépistage obligatoires.

Pas de portrait général

Impossible d’avoir un portrait général, pour le Québec ou la métropole, des dédommagements totaux payés aux travailleurs de la santé non vaccinés. Des établissements ont refusé de répondre à Radio-Canada, prétextant des difficultés pour obtenir ces données, ou nous ont renvoyé – comme le CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal qui compte un important taux d'employés non vaccinés – vers une demande d’accès à l’information. Or, cette démarche peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour aboutir.

Des mesures qui varient

Ce ne sont cependant pas tous les établissements qui ont versé des rémunérations additionnelles.

Le CIUSSS de l'Ouest-de-l’Île-de-Montréal nous certifie par exemple que ces tests étaient faits pendant les heures travaillées sur le lieu de travail. Et cela a pu se faire à coût nul, d'après une porte-parole.

Aucuns frais de déplacement n’ont été déboursés non plus par le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec. Dans cette région, environ 300 à 400 employés non vaccinés ont subi quelque 12 500 tests de dépistage entre avril et octobre. Ces tests étaient généralement faits directement dans le secteur où travaillent ces employés et prenaient donc un temps limité sur leurs heures de travail, mentionne-t-on.

Au CISSS des Laurentides, la plupart des employés visés par l’obligation du dépistage obligatoire préventif ont pu faire les tests dans leur milieu de travail ou à proximité de celui-ci. L’établissement dit avoir comptabilisé à ce jour 34,91 heures s’étant déroulées en dehors du quart de travail habituel, ce qui représente une valeur approximative de 1000 $.

Le dépistage est une mesure de prévention importante, soutient Hubert Forcier, porte-parole de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN). Son syndicat, souligne-t-il, a poussé en faveur d’une telle compensation financière.

« Nous avons demandé aux employeurs de rémunérer le personnel pour le dépistage, comme il s’agit à la fois d’une chose requise pour le travail et d’un moyen de prévenir des éclosions. »

— Une citation de  Hubert Forcier, conseiller à la FSSS-CSN

La très grande majorité des personnes dépistées dans les derniers mois l’ont été sur leur lieu de travail, comme c’était demandé, nuance le cabinet du ministre de la Santé, Christian Dubé.

Toutes les personnes qui refusaient de se faire dépister sur place alors que c’était offert n’ont pas été payées pour le faire à l’extérieur des heures de travail, précise Marjaurie Côté-Boileau, la porte-parole du ministre.

Christian Dubé parle aux médias. Il lève une main devant lui.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a signé un arrêté afin d'interdire les rémunérations et les remboursements de frais liés aux tests obligatoires.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Une pratique désormais bannie

Depuis le 16 octobre, comme l’a mentionné Radio-Canada, payer des employés non vaccinés pour se faire dépister est une pratique bannie.

« Nous avons coupé aux non-vaccinés les primes COVID auxquelles les travailleurs de la santé avaient droit jusqu’à présent et avons mis un arrêt au remboursement des frais liés aux tests par semaine. »

— Une citation de  Marjaurie Côté-Boileau, porte-parole du ministre Christian Dubé

Maintenant, un employé non vacciné doit se faire dépister à l’extérieur de son temps de travail et ne sera pas rémunéré pour ceci, ajoute-t-elle.

En date du 25 octobre, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, 18 562 travailleurs du réseau de la santé n'étaient pas adéquatement vaccinés contre la COVID-19, dont 13 369 qui n’avaient reçu aucune dose du vaccin.

Ces chiffres diminuent petit à petit. Deux semaines plus tôt, le 11 octobre, il y avait près de 22 500 employés du milieu qui n'avaient pas reçu deux doses de vaccin, dont environ 14 600 avec aucune dose.

Avec la collaboration de Daniel Boily

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