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Maladie neurologique inconnue : des révélations choquent l’opposition au N.-B.

Plan rapproché d'un stéthoscope sur une table d'examen.

Au moins 43 cas de la maladie inconnue ont été signalés au Nouveau-Brunswick depuis 2015, surtout dans la Péninsule acadienne et la région de Moncton.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Au Nouveau-Brunswick, les partis d’opposition se posent de sérieuses questions sur « la conduite du gouvernement Higgs » dans l’enquête sur la maladie neurologique inconnue. Ils demandent la reprise des activités d'un comité national sur la question et exigent davantage de transparence dans ce dossier.

Les élus réagissent à un reportage sur le sujet, publié vendredi dans le magazine canadien indépendant The Walrus, qui avance notamment que la province a cessé de collaborer avec un groupe de chercheurs canadiens.

Un mal mystérieux frappe le Nouveau-Brunswick

Depuis 2015, au moins 43 cas de la maladie inconnue ont été signalés au Nouveau-Brunswick, chez des personnes de tous âges. Trente-cinq malades habitent ou habitaient dans la Péninsule acadienne. Huit cas ont également été répertoriés dans la région de Moncton, dans le sud-est de la province. Au moins six personnes qu’on croit atteintes de cette maladie sont mortes au cours des dernières années.

Alier Marrero dans une entrevue par vidéoconférence, le 16 mars 2021.

Le neurologue Alier Marrero est l'un des experts qui s'intéressent à la maladie inconnue au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Les personnes malades peuvent souffrir de troubles de mémoires et de douleurs dans les bras et dans les jambes. Ils peuvent aussi avoir des hallucinations, des changements comportementaux et des spasmes musculaires, entre autres. Certains de ces symptômes s’apparentent à ceux de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, mais des tests en laboratoire confirment qu’il ne s’agit pas du même syndrome.

Le premier cas de la maladie a été diagnostiqué en 2015. Toutefois, ce n’est qu’en mars 2021 – après que Radio-Canada/CBC ait obtenu un mémo interne envoyé par le bureau de la médecin hygiéniste en chef à la Société médicale et aux associations de médecins et d'infirmières – que la santé publique a tenu un point de presse pour aborder la question.

Un comité de travail national rassemblant de nombreux experts a ensuite été créé, à la demande du Nouveau-Brunswick.

Aide nationale et internationale écartée

Selon des documents obtenus par The Walrus, en vertu d’une demande d'accès à l'information, l’Agence de santé publique du Canada et les Instituts de recherche en santé du Canada tenaient alors des rencontres hebdomadaires et une clinique était en train d’être mise sur pied à Moncton.

Puis, l’histoire a pris une tout autre direction. Toujours selon The Walrus, le gouvernement provincial a demandé aux membres de ce comité national de suspendre ses activités. Cette directive a été envoyée le 3 juin.

Radio-Canada Acadie n’a pas été en mesure de corroborer ces informations, pour le moment.

Le gouvernement provincial n’a toutefois pas annoncé publiquement qu’il mettait fin à cette collaboration.

La même semaine, il a plutôt annoncé la création d’un autre comité de surveillance pour tenter d'identifier les causes possibles du syndrome neurologique. La ministre de la Santé, Dorothy Shephard, annonçait alors que des experts d'ailleurs au pays seraient appelés à collaborer afin de trouver des réponses.

La ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, Dorothy Shephard, lors d'un point de presse le 3 mars 2021.

La ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, Dorothy Shephard, lors d'un point de presse sur la maladie inconnue en mars 2021 (archives).

Photo : Radio-Canada

Onde de choc dans les partis d’opposition

Le Parti libéral du Nouveau-Brunswick qualifie les révélations du magazine d’extrêmement troublantes .

Nous découvrons maintenant que notre propre gouvernement tente d'empêcher ce groupe de chercheurs reconnus à l'échelle nationale de poursuivre leurs recherches. C'est de la folie. On peine vraiment à expliquer les actions néfastes de ce gouvernement , affirme le porte-parole libéral en matière de Santé, Jean-Claude D'Amours.

Un homme dans un bureau.

Le porte-parole libéral en matière de Santé au Nouveau-Brunswick, Jean-Claude D'Amours (archives).

Photo : Radio-Canada

Nous devrions utiliser toutes les ressources d'enquête disponibles pour identifier la cause de ce syndrome et les mesures que nous pouvons prendre pour le combattre , ajoute-t-il.

La ministre de la Santé doit une explication aux familles des proches atteints de ce mystérieux syndrome neurologique. Pourquoi remplacer un groupe d'experts ayant une expertise spécifique en épidémiologie par des personnes qui n'ont pas le même niveau d'expertise médicale? C'est ahurissant!

Les libéraux dénoncent également que le gouvernement de Blaine Higgs ait caché cette information au public.

La députée du Parti vert du Nouveau-Brunswick, Megan Mitton, se pose aussi de sérieuses questions sur le rôle du gouvernement Higgs.

C’est vraiment surprenant de voir ce qui s’est passé dans les derniers mois. Je suis vraiment déçu de voir que le gouvernement provincial a décidé de ne pas accepter l’aide du fédéral avec la maladie mystérieuse. Je ne comprends pas cette décision , dit-elle.

Megan Mitton devant un drapeau du Nouveau-Brunswick.

La députée du Parti vert du Nouveau-Brunswick, Megan Mitton (archives).

Photo : Radio-Canada

Megan Mitton demande au gouvernement provincial de revoir sa position sur le dossier et d’accepter l’aide des agences fédérales et internationales.

On voit qu’il y a un manque de transparence de la part du gouvernement Higgs. Il faut que les citoyens, et en particulier les gens malades et leur famille, aient de l'information et qu’ils sachent que le gouvernement fait tout ce qu’il faut et aussi rapidement que possible pour trouver les réponses , plaide Megan Mitton.

Elle se demande également pourquoi le gouvernement veut contrôler l’information à ce point.

C’est difficile d’avoir confiance quand il y a un manque de transparence. Ça contribue à des rumeurs et à la peur, en particulier dans la Péninsule croit-elle.

Mises à jour à venir, promet le gouvernement Higgs

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick affirme que la santé publique et le gouvernement provincial ont suivi le processus d’enquête comme il faut.

Il précise que même si les cas remontent à un certain temps, la province a seulement été avisée d’un foyer d’éclosion potentiel à la fin de l’année 2020  et que l’enquête de la santé publique a commencé au début de 2021.

Un porte-parole du ministère de la Santé, Bruce MacFarlane, indique que les résultats d’une enquête épidémiologique seront dévoilés bientôt.

Il précise aussi que l’étude clinique par un comité de surveillance se poursuit et offrira une contre-expertise professionnelle pour assurer la diligence raisonnable et écarter d’autres diagnostics plausibles. Cette étude devrait être terminée d’ici le début de la nouvelle année.

Bruce MacFarlane indique que la ministre de la Santé fera une mise à jour avant le 2 novembre, jour de la reprise des travaux à l’Assemblée législative.

Avec des informations d’Alix Villeneuve.

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