•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les sports universitaires en Ontario sont majoritairement Blancs, selon un rapport

Un athlète du football universitaire Rouge et Or botte le ballon à son co-équipier au fond du terrain. Entraînement en vue du match à jouer dans quelques jours. Fin novembre, il est tard et le ciel est couvert. Les gradins sont vides, on distingue des morceaux de neige gelées, épars sur le terrain. Les projecteurs sont allumés et éclairent le terrain.

Le sport universitaire serait majoritairement Blanc, selon un sondage. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Radio-Canada

Les sports universitaires en Ontario sont très majoritairement Blancs, qu'il s'agisse des athlètes, des entraîneurs ou des administrateurs, selon un nouveau rapport.

On y lit que plus des trois quarts des entraîneurs et des administrateurs de la province sont Blancs, tout comme plus des deux tiers des étudiants-athlètes, d'après un sondage auquel 45 % de ses membres ont répondu.

Le rapport de l'Ontario University Athletics [OUA, Association des sports universitaires de l’Ontario, traduction libre] révèle que les entraîneurs racialisés sont plus susceptibles d'être des bénévoles ou d'être rémunérés par des salaires saisonniers ou des allocations. Les administrateurs racialisés étaient également plus susceptibles d'occuper des postes à temps partiel, d'assistant, ou de premier échelon, ce qui signifie qu'ils gagnent les salaires les plus bas des membres des OUA.

L'organisation qui coordonne les compétitions sportives au niveau universitaire en Ontario a publié lundi le nouveau rapport intitulé OUA Anti-Racism Project [Projet anti-racisme de l'OUA, traduction libre]. La rédaction du rapport a dirigée par Janelle Joseph, professeure adjointe à la Faculté de kinésiologie et d'éducation physique de l'Université de Toronto.

Cette constatation fait écho à des recherches approfondies sur les universités canadiennes qui montrent de faibles taux de recrutement, d'embauche, de rétention et de promotion des étudiants, du personnel et des professeurs racialisés, malgré de grands bassins de candidats dans lesquels puiser, peut-on lire dans le rapport.

Lors d'entretiens avec des entraîneurs et des membres du personnel administratif, l’OUA a constaté qu'un processus d'embauche inéquitable pouvait avoir contribué à cet écart.

Pour les membres de l’OUA [blancs], le chemin pour obtenir un poste d'entraîneur en chef ou de leader au sein de l'administration semblait facile , peut-on lire dans le rapport. La plupart se sont vus offrir un poste sans entretien formel ou ont été explicitement encouragés à postuler.

Les membres du personnel racialisé ont eu une expérience sensiblement différente.

Tous les entraîneurs racialisés étaient d'anciens joueurs qui avaient fait du bénévolat, travaillé à temps partiel, complété leur formation et/ou aidé pendant de nombreuses années, et peu d'entre eux ont accédé au rôle d'entraîneur principal, indique le rapport.

Les entraîneurs racialisés qui ont pu franchir ces étapes et être embauchés ont constaté que les différences ne s'arrêtaient pas là, selon le rapport.

Contrairement à leurs collègues blancs, ils font l'objet d'une surveillance excessive et craignent d'être réprimandés pour leurs décisions, s'inquiètent d'être aliénés ou ostracisés pour s'être élevés contre l'injustice et sont épuisés à force de naviguer dans des communautés racistes sur le campus et en dehors, peut-on lire dans le rapport.

Selon le rapport, le pourcentage élevé de Blancs chez les responsables peut également avoir eu un effet sur le recrutement d’athlètes.

De nombreux administrateurs et entraîneurs ont déclaré aux chercheurs qu'ils ne voyaient pas la couleur, ignoraient la présence de racisme ou ne savaient pas où regarder pour en trouver.

Les personnes en position de pouvoir au sein de l’OUA, qui n'ont souvent aucune expérience personnelle de la gestion ou de l'observation de cas de racisme, sont celles qui prennent les décisions concernant les pratiques et les politiques antiracistes, peut-on lire dans le rapport.

Les pratiques discriminatoires peuvent également avoir conduit à un manque de diversité parmi les étudiants athlètes, selon le rapport.

Alors que l'enquête menée en 2021 par le Consortium canadien de recherche sur les universités auprès des étudiants diplômés a révélé que 47 % d'entre eux s'identifiaient comme des minorités visibles ou des Autochtones, plus de 71 % des étudiants athlètes qui ont répondu à l'enquête de l'OUA se sont identifiés comme étant Blancs.

Le système d'acheminement vers l'université pour la plupart des sports s'appuie fortement sur les écoles privées, les clubs et les systèmes de rémunération, peut-on lire dans le rapport. Chacune de ces méthodes sélectionne massivement les athlètes issus de familles de classe moyenne à supérieure, qui disposent de nombreuses opportunités et ressources pour réussir dans le sport et à l'université.

Le rapport recommande une formation antiraciste obligatoire et continue, ainsi qu'un changement dans la façon dont les athlètes et les entraîneurs sont recrutés.

Plutôt que de rechercher des étudiants athlètes uniquement dans les écoles privées et les clubs payants, les équipes devraient organiser des essais ouverts, recommande le rapport.

Pour recruter des athlètes racialisés, certains entraîneurs devront rompre avec des schémas de recrutement bien établis et établir de nouvelles relations avec les entraîneurs, les parents et les athlètes, peut-on lire dans le rapport.

On y recommande également de célébrer publiquement les réalisations des athlètes racialisés afin que les recrues potentielles sachent qu'elles ne seront pas seules dans leur équipe.

Le rapport indique que l’OUA et les départements sportifs des universités devraient établir une politique de lutte contre le racisme qui précise ce qui n'est pas toléré et qui comporte un processus de signalement étape par étape et des conséquences pour les comportements racistes.

Les participants ont plaidé en faveur d'une politique antiraciste de tolérance zéro, ce qui signifierait qu'ils n'auraient pas à craindre d'être ostracisés par leurs coéquipiers ou pénalisés par leur entraîneur pour s'être exprimés", peut-on lire.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !