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Record de mammifères marins dans le parc marin Saguenay–Saint-Laurent cet été

On aperçoit la baleine à travers l'eau

Une centaine de grandes baleines dans le parc Marin Saguenay-Saint-Laurent ont été observées dans les derniers mois (archives).

Photo : René Roy

Les mammifères marins ont été exceptionnellement nombreux à affluer dans les eaux du parc marin Saguenay–Saint-Laurent, au grand bonheur des croisiéristes qui ont prolongé la saison touristique de deux semaines entre Tadoussac et Les Escoumins.

Le Centre d’interprétation des mammifères marins a observé plus d’une centaine de grandes baleines dans le parc marin Saguenay-Saint-Laurent dans les derniers mois.

C’est du jamais vu pour nous, affirme d’emblée Robert Michaud, directeur scientifique sur le groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM).

Robert Michaud, directeur scientifique du GREMM

Robert Michaud, directeur scientifique du GREMM (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-François Bouthillette

Lui qui observe des baleines depuis près de 35 ans dans la région explique qu'entre 1990 et le début des années 2000, peu de grands groupes de rorqual commun ou à bosse ont été observés. Toutefois, cet été, des groupes de 40 rorquals communs ont été aperçus parfois en une seule observation et près d’une centaine de rorquals à bosse se sont nourris dans les eaux du Parc marin.

C’était complètement à couper le souffle cette année, témoigne M. Michaud.

Saison touristique prolongée

La directrice générale adjointe des Croisière AML, Lucie Charland, a décidé de prolonger la saison touristique de deux semaines cette année en raison notamment de la forte présence de baleines.

Le 10 octobre, on s’est dit ''bien voyons donc, il a tellement de baleines, c’est fou''. On s’apercevait qu’il y avait encore du mouvement [de touristes] sur le territoire. On s’est dit que c’était le temps de faire une offensive marketing et d’interpeler notre clientèle. [...] Ça a valu la peine, affirme Mme Charland.

« On voulait faire profiter de ce beau spectacle-là aux gens de passage et aux locaux. »

— Une citation de  Lucie Charland, directrice générale Croisière AML

Ainsi, Croisière AML termine la saison avec un chiffre d’affaires d’environ 50 % d’une année normale. En 2020, l’entreprise a fini sa saison avec 25 % du chiffre d’affaires de la saison 2019. On s’en sort vraiment mieux cette année. Heureusement, les Québécois ont été forts nombreux à se promener partout sur le territoire du Québec, souligne-t-elle.

Vue d'un hélicoptère posé sur un cube de pierres.

Croisière AML est basé à Baie-Sainte-Catherine dans Charlevoix (archives).

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Qu’est-ce qui explique la forte présence des baleines ?

Robert Michaud, directeur scientifique du GREMM, ne peut que présenter des hypothèses.

Le scientifique rappelle que les baleines sont de grandes migratrices : elles viennent se nourrir tous les étés dans les eaux de l’estuaire et les quittent à l’automne pour se rendre dans des eaux plus chaudes au sud où elles mangeront que très peu.

Évidemment, elles cherchent des eaux poissonneuses, fait-il valoir.La raison pour laquelle il y avait tant de baleines cet été, est-ce que c’est parce qu’il y avait énormément de nourriture dans le parc marin ou parce qu’il n’y en avait peu ailleurs ?, se questionne-t-il.

Du moins, c’est clairement une question de nourriture, ce n’est pas parce que la musique était bonne dans les bars de Tadoussac qu’elles sont venues, plaisante Robert Michaud.

Une baleine à bosse nage dans la baie de Tadoussac en juillet 2020.

Une baleine à bosse nage dans la baie de Tadoussac (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Selon lui, ces variations interannuelles doivent nous rappeler que nous sommes dans un environnement très changeant.

Il semble y avoir eu un changement de plusieurs variables dans l’écosystème au début des années 2000, soutient-il. Notamment, certains stocks de poissons ont diminué, la température de l’eau a augmenté et la glace a disparu à certains endroits.

Ces changements dans l’écosystème ont un impact sur la trajectoire des mammifères marins qui sont des prédateurs, explique M. Michaud.

Les courants permettent de concentrer la nourriture en certains endroits. Avec le réchauffement des eaux, les courants sont appelés à changer.

« Est-ce que l’année 2021 est une année précurseur de ces grands changements ?, »

— Une citation de  Robert Michaud, directeur scientifique du GREMM

Les chercheurs essaient de le savoir. C’est peut-être en suivant les baleines qu’on le saura. Il faudra être attentif à ce qui se passe dans le Saint-Laurent, croit Robert Michaud.

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