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Obus dans le lac Saint-Pierre : un million de poissons en danger?

Un obus dans l'eau à travers des marécages.

Un obus retiré du lac Saint-Pierre par les pêcheurs de la Défense nationale. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le ministère de la Défense nationale est sur le point de débuter une opération inusitée dans le lac Saint-Pierre, soit le retrait d’environ 15 000 obus. Certains d’entre eux devront inévitablement être explosés puisqu’ils sont toujours explosifs, ce qui pourrait entraîner la mort d’un million de poissons, selon le quotidien Le Devoir.

Même s’il n’est pas totalement en désaccord avec la mesure, le professeur au département des sciences de l’environnement de l’Université du Québec à Trois-Rivières Gilbert Cabana estime que c’est loin d’être clair de comment on peut mitiger les effets que ça aurait.

En plus des poissons, plusieurs espèces d’oiseaux pourraient être touchés par cette opération.

Autre conséquence de la détonation des obus, selon M. Cabana, les cratères qu’elle pourrait créer et l’exposition des sédiments à des contaminants comme les retardateurs de flamme. Une règle non écrite en écologie aquatique, c’est de ne jamais faire bouger les sédiments, c’est là où s’accumulent différentes choses, donc il y a beaucoup de conséquences.

On peut même concevoir que ça va remettre en circulation certains contaminants et qu’ils vont être exportés ensuite et qui s’accumulent dans les bélugas en aval. Donc, en bon québécois on dit : "tout est dans tout", poursuit-il.

Le professeur Cabana s’inquiète aussi du moment choisi pour mener cette opération, soit lorsque la majorité des jeunes poissons sont en pleine croissance.

Moi ce que je pense qu’on devrait faire, c’est peut-être faire une étude-pilote une année, mesurer les contaminants qui sont dans l’eau, dans les sédiments qui ont peut-être changés, voir un peu comment ça affecte les poissons, croit-il.

« Il faut faire attention pour que la médecine ne soit pas pire que la maladie. »

— Une citation de  Gilbert Cabana, professeur à l'UQTR

Gilbert Cabana rappelle qu’on retrouve jusqu’à 80 espèces de poisson dans le lac Saint-Pierre, qu’il qualifie de joyau. Celui-ci est reconnu par l’UNESCO comme un site de la biosphère.

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