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CHSLD Herron : le CIUSSS a collaboré, assure une gestionnaire

Une gestionnaire du CIUSSS est retournée lundi à la barre des témoins à l’enquête publique sur le CHSLD Herron. Son témoignage le mois dernier avait laissé la coroner « sur sa faim ».

Des travailleurs de la santé dans le CHSLD Herron à Dorval.

Le CIUSSS de l’Ouest-de-l‘Île-de-Montréal veut reprendre le personnel du groupe Katasa.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Brigitte Auger, directrice du programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, a assuré lundi avoir fait preuve de collaboration dès la prise en charge de la résidence, le 29 mars 2020.

Dans les dernières semaines, de nombreux témoins ont exposé l’ampleur des tensions et le manque de collaboration entre les employés du CIUSSS et la direction de la résidence de personnes âgées de Dorval.

La propriétaire des lieux, Samantha Chowieri, a notamment affirmé avoir été écartée d’une cellule de crise mise en place par le CIUSSS, et plus généralement des grandes décisions prises par l’organisme pendant la crise de la COVID-19. Elle a également relaté un échange particulièrement musclé avec Mme Auger le 30 mars.

Je la sentais dépassée, a répondu lundi Mme Auger. Celle-ci estime que la propriétaire de la résidence pouvait assister aux rencontres cliniques et que personne ne l’en aurait empêché.

Dès son arrivée, le CIUSSS a décidé de prendre le lead au niveau de l’encadrement clinique, a témoigné la gestionnaire au palais de justice de Longueuil lors de la dernière semaine d’audiences. Trois jours ont été ajoutés exceptionnellement pour faire la lumière sur les événements.

Il n'y avait pas de leader, pas de coordinateur, pas de directeur des soins infirmiers. Il y avait Samantha et nous, a-t-elle expliqué.

D’autres témoins ont également mentionné les piètres conditions dans lesquelles se trouvaient les résidents du CHSLD Herron, même plusieurs jours après la prise en charge du CIUSSS. Certains gisaient dans leurs excréments ou leur vomi, d’autres étaient en hypothermie dans leur lit.

C'était très vulnérable et précaire à Herron quand nous sommes arrivés, a affirmé Brigitte Auger. Elle a précisé qu'il manquait la moitié du personnel, même avant la pandémie, et a estimé avoir fait du mieux qu'elle pouvait avec les ressources dont elle disposait.

Le directeur des ressources humaines du CIUSSS, Alexandre Mercier, n'est arrivé que le 7 avril. Mais, assure la témoin, même avant son arrivée, les ressources humaines étaient très présentes. On parlait de Herron dans toutes nos rencontres, a-t-elle dit, ajoutant que Herron était une priorité.

La présidente-directrice générale du CIUSSS Lynne McVey retournera, elle aussi, à la barre des témoins. La coroner Kamel a affirmé le mois dernier qu’elle jugeait qu’il y avait encore des zones d’ombre dans le fil des événements.

Salle d'audience du palais de justice de Longueuil.

Début de l’enquête du coroner du CHSLD Herron au palais de justice de Longueuil le 7 septembre dernier.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Une boîte à plaintes

Un peu plus tôt, une autre témoin, la commissaire aux plaintes locale, a admis avoir eu de la difficulté à faire bouger les choses au CHSLD Herron.

Arrivée en décembre 2017, Marie Amzallag, dont le rôle était de traiter les plaintes et d’assurer le respect des droits des usagers, a tout de suite eu des difficultés à implanter des mesures pour se rendre accessible aux résidents. Son adresse courriel ne fonctionnait pas, par exemple.

En attendant, une boîte à plaintes et une affiche explicative ont été installées à la réception, a-t-elle dit.

En février 2017, soit plusieurs mois avant son arrivée, les six membres du comité des usagers du centre ont démissionné en bloc, citant notamment l’insuffisance de soins et le manque de personnel.

Or, a demandé la coroner Géhane Kamel, où aboutissaient ses recommandations sans comité d'usagers? C'était pourtant sa responsabilité de savoir qui les recevait, a dit la coroner.

En l’absence de comité d’usagers, Mme Amzallag envoyait ses rapports annuels au directeur général du CHSLD Andrei Stanica, qui lui assurait qu’il les faisait suivre à la grande direction et au gouvernement du Québec.

Malgré une collaboration courtoise avec la direction du CHSLD Herron, l’ex-commissaire aux plaintes affirme avoir eu de la difficulté à faire bouger les choses.

Elle n'a finalement reçu que deux plaintes, qui ne soulevaient pas de problèmes importants, selon elle. J'ai compris que j'étais là parce que c'était une obligation, a témoigné Marie Amzallag, qui a travaillé à la résidence de Dorval jusqu’en mars 2020.

Elena Pavelco Grosu, coordonnatrice aux soins infirmiers à Herron, a également témoigné lundi. La témoin a estimé que les problèmes de personnel étaient monnaie courante partout en CHSLD. Herron n'était pas pire que d'autres places.

Elle a cessé de travailler en personne à Herron le 20 mars, car elle habitait avec deux personnes vulnérables, sa mère et son fils.

Les audiences se poursuivent demain. Elles sont censées faire la lumière sur les événements survenus au CHSLD Herron, où 47 personnes sont mortes de la COVID-19 lors de la première vague de la pandémie, au printemps 2020.

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