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La remise en état du manège militaire d’Halifax va coûter 30 M$ de plus que prévu

Vu d'ensemble du bâtiment avec tout un système d'échafaudage à l'avant.

Les travaux de réfections au manège militaire d'Halifax vont coûter plus cher et prendre plus de temps que prévu.

Photo : Radio-Canada / Robert Short

Radio-Canada

Les travaux de rénovation du manège militaire vont coûter au moins 30 millions de dollars de plus et s’échelonner sur trois ans supplémentaires que ce qui avait été annoncé lors du début des travaux en 2017.

Le projet devait coûter 130 millions de dollars, mais la facture a fait un bond de 23 pour cent. Le coût pour la réfection du bâtiment de 122 ans sera plus près de 160 millions de dollars.

Pour l’historien Allen B. Robertson, c'est le prix à payer pour prendre le temps de bien faire les choses.

Ce bâtiment est le dernier du genre au Canada, dit-il. Ce n’est pas juste un édifice vide, il continue d’avoir une fonction militaire et d’être utilisé.

Le ministère de la Défense nationale admet avoir fait face à plusieurs défis de taille durant les travaux. D'abord , il y a eu un délais de six mois en partant pour finaliser les critères à respecter lors des rénovations puisque le manège militaire est un édifice fédéral du patrimoine classé.

Trouver la pierre parfaite

Pour respecter les critères établis, il fallait entre autres trouver une grande quantité de pierres de grès semblables aux pierres utilisées lors de la construction du manège en 1899.

Or, la carrière d'où provenait le grès qui a servi à la construction originale n'existe plus.

Le fournisseur pour le projet de restauration, Atlantic Sandstone, a donc fait des recherches pour trouver des terrains vacants où se trouvait le même gisement de grès. Il a acheté des terres à Beckwith près d’Oxford en Nouvelle-Écosse et il a installé une carrière de grès pour fournir la plupart des pierres nécessaires aux travaux. Ces démarches ont causé un retard d’un an. Mais vu l'ampleur du projet, le ministère de la Défense ne semble pas surpris.

Les projets de travaux sur des bâtiments patrimoniaux sont souvent complexes, explique le porte-parole Andrew McKelvey. Ça demande une révision rigoureuse des critères de conservation avant même de penser à commencer les travaux.

Les deux examine une grosse pierre de grès au milieu de la carrière.

La gérante du projet, Rosanne Howes, au coté de Fred Pellerin, du fournisseur Atlantic Flagstone, à la carrière créer pour le projet de réfection de l'armurerie et situé à Beckwith, au nord d'Oxford, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Services publics et Approvisionnement Canada

Historique du manège militaire

Le manège militaire a été conçu en 1895 par l'architecte Thomas Fuller. Une fois terminé, l'édifice a servi à l'entraînement et au rassemblement des soldats avant les déploiements par bateau lors de la Guerre des Boers et des deux Guerres mondiales.

Mais en 1917, la structure a été endommagée par l’explosion dans le port d'Halifax et le mur ouest s’est déplacé d'environ 60 centimètres. Malgré tout, le manège militaire est demeurée un bâtiment militaire fonctionnel.

Encore aujourd’hui, il sert au recrutement et à l'entraînement des unités de réserve. Allen Robertson croit que c'est le genre d’histoire qu’il faut prendre le temps de préserver. Il faut s'engager à préserver l’authenticité du bâtiment, rappelle l’historien. Il n’est pas question de refaire un mur en revêtement de vinyle, il faut respecter l’essence de la structure.

L'historien, Allen Robertson se tient debout devant la façade du manège militaire d'Halifax,  où sont effectué certains travaux.

L'historien, Allen Robertson, dit que les travaux de restauration de l'armurerie d'Halifax valent la peine pour préserver cette partie de notre histoire.

Photo : Radio-Canada / Robert Short

Travaux additionnels imprévus

Au départ, les travaux devaient surtout servir à redresser le mur du côté ouest et à rajeunir la fenestration. Il fallait aussi élargir la porte d'entrée qui doit pouvoir laisser entrer des véhicules, mais qui avait été conçue au temps où les gens se déplaçaient en calèche tirée par des chevaux.

On avait aussi prévu d’autres travaux de maçonnerie et de rajeunissement pour l’édifice, mais au fur et à mesure, les tâches se sont ajoutées. Le ministère de la Défense nationale a décidé d’installer un système de chauffage et de refroidissement géothermique et il a fallu faire des améliorations pour que l'édifice respecte le code du bâtiment actuel. Il y a eu le retrait de matières dangereuses et le remplacement des bardeaux de toits.

C'est le genre de tâches qui n’étaient pas dans les plans de départ, avoue Andrew Mckelvey. Mais comme c’est souvent le cas lors de projets de rénovations majeures, surtout dans de vieux bâtiments, il y a des imprévus.

Photo prise a travers la clôture et qui met l'emphase sur une affiche de la défense qui annonce  un bureau de recrutement de la réserve à l'intérieur du manège militaire.

Le ministère de la défense nationale dit avoir fait face a plusieurs défis lors de la phase 1 des travaux de réfections de l'armurerie d'Halifax.

Photo : Radio-Canada / Robert Short

La phase 1 des travaux doit se terminer l'année prochaine. Puis en 2023, la phase 2 des travaux va commencer. C’est au cours de cette phase qu’on prévoit les plus importants dépassements de coûts.

Mais pour l'Association de la conservation du patrimoine militaire d'Halifax, le ministère de la Défense nationale fait bien d’investir autant dans le projet. Le vice-président Leo Deveau, dit que les membres de l’organisation voient d’un bon œil les efforts déployés pour la remise en état du manège militaire du quartier nord d'Halifax.

Ce n'est pas seulement important pour l'héritage architectural et sa présence militaire, mais aussi pour l'appui que le bâtiment a permis d'apporter aux gens d’Halifax à travers les années.

Leo Deveau rappelle que le manège militaire a servi de refuge lors de catastrophes, mais aussi de lieu pour des célébrations. Les travaux devraient permettre au bâtiment de continuer à faire partie de la vie des gens de la métropole néo-écossaise pour un autre cent ans.

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