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De centaines de jeunes hirondelles trouvées mortes au Nouveau-Brunswick

Des carcasses de oisillons dans le nid déposé sur le sol.

L’un des nombreux nids d’hirondelles bicolores qui contenaient des oisillons morts cet été. Les petits sont morts avant d’avoir pu quitter le nid de leurs propres ailes. Leur mort demeure inexpliquée.

Photo : Groupe de développement durable du Pays de Cocagne

Radio-Canada

La mort de centaines de jeunes hirondelles bicolores l’été dernier dans des nichoirs artificiels dans le sud-est du Nouveau-Brunswick inquiète un intervenant et demeure inexpliquée.

Contrairement à l’hirondelle rustique et à l’hirondelle de rivage qui sont inscrites sur la liste des espèces menacées dans cette région du pays, l'hirondelle bicolore se porte habituellement bien.

Louis-Émile Cormier aide bénévolement le Groupe de développement durable du Pays de Cocagne à nettoyer des nichoirs artificiels dans la région de Dieppe et de Shediac. Il a subi un choc l'été dernier en ouvrant certains nichoirs.

Des nichoirs artificiels à l’intérieur des terres près de Dieppe montraient des signes de plusieurs nidifications, mais d’autres nichoirs installés plus près de la côte contenaient des oisillons morts.

L'oiseau vole devant un nichoir artificiel.

Une hirondelle bicolore.

Photo : Groupe de développement durable du Pays de Cocagne

M. Cormier a donc vérifié ses propres 257 nichoirs artificiels installés le long de sentiers dans les environs du bassin versant de la rivière Cocagne et il a trouvé des oisillons morts dans 67 d’entre eux. Il dit qu’il n’avait jamais rien vu de tel auparavant et qu’il ressent de la peine comme s’il avait perdu un ami.

Il estime qu’au moment où les oisillons sont morts, ils avaient presque atteint l’âge de commencer à voler.

M. Cormier affirme qu’il n’avait trouvé aucune hirondelle bicolore morte dans ses nichoirs artificiels l'an dernier.

De plus, il a constaté cet été moins de signes de nidification. Habituellement, explique-t-il, des signes de nidification sont visibles dans 60 % ou 65 % de ses nichoirs, mais ce n’était le cas que d’environ 30 % d’entre eux cette année.

Les raisons de leur mort demeurent mystérieuses

Des vétérinaires à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard qui ont examiné des restes des oisillons affirment que leur état de décomposition était trop avancé pour qu’ils révèlent quoi que ce soit.

Louis-Émile Cormier se demande s’ils sont morts de faim.

Les hirondelles bicolores se nourrissent d’insectes qu’elles attrapent en vol. Tout facteur qui aurait pu diminuer le nombre d’insectes volants aurait pu influencer la quantité de nourriture que les hirondelles adultes pouvaient apporter à leurs petits.

Louis-Émile Cormier debout à côté d'un nichoir.

Louis-Émile Cormier, résident de Cocagne, s’occupe bénévolement de nichoirs artificiels dans la région depuis une quinzaine d’années. Il dit qu'il aime observer les hirondelles bicolores lorsqu’elles volent à la recherche des insectes dont elles se nourrissent.

Photo : Gracieuseté/Louis-Émile Cormier

Une longue période de conditions météorologiques défavorables aurait aussi pu nuire aux oisillons. Il y a eu une période de quatre jours de temps froid et pluvieux durant la saison de nidification, qui s’étend de la mi-avril jusqu’à la première semaine

Louis-Émile Cormier ajoute qu’il a communiqué avec d’autres personnes dans la région pour vérifier si elles avaient remarqué la mort de jeunes hirondelles bicolores. Selon lui, ces personnes en ont aussi découvert dans des nichoirs artificiels dans les régions de Cap-Pelé, de Barachois et de Sainte-Marie-de-Kent.

L'importance de la source de nourriture

Selon une étude récente de l’Université Cornell, les hirondelles bicolores dépendent probablement de certains genres d’insectes pour bien se nourrir.

Les chercheurs ont déterminé que les insectes aquatiques contiennent des acides gras oméga-3. Dans le cadre de leur étude, ils ont donné à certains oisillons de la nourriture contenant ce nutriment et à d’autres oisillons de la nourriture qui n’en contenait pas. Les oisillons qui ont reçu les acides gras oméga-3 ont grandi plus vite que les autres, et ce, même avec une quantité de nourriture moindre.

Les chercheurs ont conclu que les insectes aquatiques sont très importants pour des oiseaux comme l’hirondelle bicolore et que le déclin de l’état des terres humides et des petits cours d’eau peut entraîner des conséquences dévastatrices pour leur reproduction.

Louis-Émile Cormier croit que la mort des jeunes hirondelles bicolores l’été dernier va demeurer inexpliquée.

Entre-temps, l’organisme Nature NB recommande aux propriétaires de nichoirs artificiels pour hirondelles bicolores de les nettoyer au cas où des oisillons morts s’y trouvent.

Louis-Émile Cormier a hâte à la prochaine saison de nidification pour observer à nouveau des hirondelles bicolores. Il dit qu’elles lui manquent dès qu’elles repartent en juillet. Il espère que l’espèce se relèvera de ce qu’elle a subi l’été dernier.

Avec les renseignements de Steven Webb, de CBC

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