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Le prix Femina du roman français remis à Clara Dupont-Monod pour S’adapter

La femme pose pour un portrait.

L'autrice, journaliste et éditrice Clara Dupont-Monod

Photo : Olivier Roller

Agence France-Presse

Le Femina, qui ouvre la saison des prix littéraires en France, a été remis lundi à Clara Dupont-Monod pour S'adapter, et le prix du roman étranger a été remis au Turc Ahmet Altan pour un livre écrit en prison.

Réuni au musée Carnavalet, à Paris, le jury de ce prix, qui a la spécificité d'être exclusivement féminin, a choisi cette lauréate au huitième tour, avec six voix, contre cinq à Thomas B. Reverdy pour Climax (Flammarion).

Éditrice et journaliste de 48 ans, Clara Dupont-Monod raconte dans S'adapter (Éditions Stock) l'arrivée d'un enfant handicapé dans une famille, vue par son grand frère et sa grande sœur.

Ce prix, je voudrais le dédier à tous les êtres différents, qui sont quand même 12 millions en France, et à toutes leurs fratries, tous ceux qui s'en occupent, a-t-elle commenté devant la presse.

Une couverture de livre avec une photo montrant des pierres où poussent des plantes.

La couverture du roman « S'adapter » de Clara Dupont-Monod

Photo : Stock

L'autrice, prévenue par son éditeur qu'elle avait remporté le prix, a raconté avoir été surprise par la nouvelle. C'est très émouvant : ça va au-delà du livre, ce que ce prix couronne, et c'est ça qui me touche, a-t-elle expliqué.

Le prix Femina est le premier des grands prix littéraires d'automne remis en France, avant le Médicis mardi, le Grand Prix du roman de l'Académie française jeudi, et les prix Goncourt et Renaudot le 3 novembre.

Un prix en l'honneur des femmes turques et kurdes injustement emprisonnées

Le prix Femina du roman étranger est allé à Ahmet Altan, pour Madame Hayat (Actes Sud), livre écrit en prison et pas encore paru dans sa langue d'origine.

Le jeune narrateur tombe amoureux d'une dame plus âgée que lui. Il écrit qu'elle n'était pas belle à proprement parler, mais elle avait quelque chose de plus attirant encore que la beauté, un pétillement de vitalité.

Sorti de prison en avril après sa condamnation pour avoir participé au coup d'État manqué de 2016, participation qu'il nie fermement, l'écrivain et journaliste de 71 ans ne peut quitter son pays.

Malheureusement, je ne pourrai pas être avec vous aujourd'hui [...], voyager hors de Turquie m'étant interdit, a-t-il déclaré dans une vidéo de remerciements au jury.

Dans une lettre lue à la presse par son éditeur français, Timour Muhidine, l'auteur a dédié ce prix Femina à toutes les femmes turques et kurdes injustement emprisonnées.

Une facette peu connue de l’histoire de Picasso

Enfin le prix de l'essai a été décerné à Annie Cohen-Solal pour Un étranger nommé Picasso (Fayard), qui raconte comment le maître espagnol n'a jamais acquis la nationalité française.

L'historienne, interrogée par l'Agence France-Presse (AFP), s'est dite ravie. Il se trouve que Picasso a 140 ans aujourd'hui! C'est un homme qui ne s'est jamais plaint de ce qui lui est arrivé, alors que pendant des décennies, il a vécu quelque chose que vivent tous les étrangers : il allait au commissariat tous les deux ans mettre ses empreintes. Il n'en a jamais dit un mot, a rappelé Annie Cohen-Solal.

Quand il a demandé la nationalité en 1940, c'est un obscur fonctionnaire de guichet, un petit bonhomme avec un pouvoir exorbitant, un véritable pétainiste, qui a enterré son dossier. J'ai découvert son nom, et j'ai pu comprendre comment même un grand génie n'est pas à l'abri de l'administration, a-t-elle ajouté.

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