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Femme de ménage à vendre : Facebook écorché pour son laxisme face au trafic humain

Plan rapproché de Mark Zuckerberg lors d'une audience devant un comité sénatorial.

Mark Zuckerberg, président-directeur général de Facebook

Photo : Reuters / Erin Scott

Radio-Canada

Les révélations contenues dans une série de documents internes rendus publics par la lanceuse d'alerte Frances Haugen continuent d'écorcher Facebook, maintenant montré du doigt pour son laxisme à sévir contre l'utilisation de ses plateformes pour faire trafic humain et de l'esclavage domestique, et ce, depuis plusieurs années.

France Haugens, cette ingénieure informatique qui a quitté Facebook en mai, a rendu publics des milliers de documents internes dépeignant un tableau sombre de l'entreprise, où la recherche du profit triomphe souvent des inquiétudes portant sur le rôle des réseaux sociaux.

Surnommée Facebook Papers, cette fuite de documents a été épluchée par les journalistes de 17 grands médias américains. Ces derniers ont mis au jour l'incapacité du géant technologique à contrer les discours haineux, l'incitation à la violence, la désinformation et les activités illicites sur ses plateformes.

Parmi les dernières révélations, l'Associated Press et CNN mettent en lumière lundi le laxisme dont a fait preuve l'entreprise devant l'utilisation de Facebook, Instagram et WhatsApp pour faciliter le trafic humain et l'esclavage domestique.

L'esclavage domestique est une forme de trafic humain qui contraint une personne, par l'usage de la force, de la tromperie ou de la fraude, à travailler comme aide-domestique dans des domiciles privés, généralement sans salaire et sous la menace de violences et d'abus.

Facebook sait depuis au moins 2018 que des trafiquants utilisent ses plateformes, mais n'a pas déployé les moyens nécessaires pour y remédier, même après avoir promis publiquement de sévir. L'entreprise a même reconnu dans les documents internes rendus publics ne pas sévir suffisamment devant des activités abusives confirmées, notamment dans le cas de femmes de ménage d'origine philippine se plaignant d'abus chez des employeurs du Moyen-Orient, selon l'Associated Press.

La situation a dégénéré d'une manière telle qu'Apple a menacé en 2019 de retirer les applications Facebook et Instagram de son App Store, une plateforme dont dépend le géant des médias sociaux pour rejoindre des centaines de millions d'utilisateurs chaque année.

À l'époque, Facebook a réussi à calmer les craintes d'Apple, évitant d'être banni de l'App Store, mais les problèmes ont tout de même persisté. Des employés ont continué de faire état de publications évoquant des femmes assujetties à l'esclavage domestique, victimes d'agressions physiques et sexuelles, privées de nourriture et de paie, et dont les passeports sont confisqués afin de les empêcher de fuir.

« Selon notre enquête, des travailleuses domestiques se sont souvent plaintes à leurs agences de recrutement d'être enfermées chez elles, affamées, contraintes de prolonger leur contrat pour une durée indéterminée, sans être payées, et vendues à plusieurs reprises à d'autres employeurs sans leur consentement. »

— Une citation de  Extrait d'un document interne de Facebook

Les agences leur ont souvent dit d'être plus agréables en guise de réponse, ajoutent les employées dans leur signalement de la situation à Facebook. Leur rapport ajoute aussi que certaines agences ferment les yeux sur des crimes comme des agressions physiques et sexuelles plutôt que d'aider les travailleuses.

CNN et Associated affirment lundi que des comptes proposant des femmes de ménage à vendre sont toujours en ligne sur Facebook et Instagram. Alerté par CNN, un porte-parole de Facebook a réagi, soulignant que de telles pratiques allaient à l'encontre des politiques de l'entreprise et que les comptes en question avaient été supprimés.

Nous interdisons l'exploitation humaine en termes clairs, a soutenu Andy Stone. Nous combattons le trafic humain sur nos plateformes depuis plusieurs années et notre objectif reste d'empêcher quiconque cherche à exploiter les autres de trouver refuge sur nos plateformes.

Cette révélation concernant le trafic humain sur Facebook est l'une des dernières d'une longue série. Vendredi, des articles du New York Times, du Washington Post ou encore de la chaîne NBC portaient notamment sur le rôle de Facebook dans la polarisation intense de la vie politique aux États-Unis, conduisant aux émeutes du Capitole, le 6 janvier dernier.

Avec les informations de Associated Press, CNN, et Agence France-Presse

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