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Saga Rogers : l’ex-président Edward Rogers veut faire appel aux tribunaux

Edward Rogers prononce une allocution à un lutrin dans une salle de conférence.

Edward Rogers en 2018, alors qu'il présidait Rogers Communications.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

La guerre de pouvoir entre les membres de la famille Rogers prend de l'ampleur : deux groupes se disent aux commandes du géant des télécommunications.

Edward Rogers, qui a été limogé de son poste de président du conseil d'administration la semaine dernière, a évoqué la possibilité d'un appel devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique, à la suite d'une réunion avec ses alliés dimanche.

Le fils de la famille s'est à nouveau dit le président légitime de Rogers Communications, affirmant avoir été réélu dimanche par un nouveau conseil d'administration, qui était trié sur le volet.

Toutefois, sa mère et deux de ses sœurs ont rejeté ses prétentions dans une déclaration.

La veuve de Ted Rogers, Loretta, a qualifié d'illégitime la réunion organisée par son fils avec une poignée d'administrateurs, au cours de laquelle cinq membres du conseil d'administration ont été remplacés.

Malheureusement, Edward continue à adopter une mauvaise approche qui ne mène nulle part et qui fait passer ses propres intérêts devant ceux des employés, des clients et des actionnaires de Rogers, a affirmé la matriarche, soutenue par plusieurs membres du conseil d'administration.

L'une de ses filles, Martha Rogers, a ridiculisé son frère dans les médias sociaux. Je vois qu'Ed s'est lui-même nommé président. On devrait autant prendre ça au sérieux que s'il s'était proclamé roi d'Angleterre, a-t-elle commenté sur Twitter.

Ed va perdre, a-t-elle prédit. Rogers et ses actifs sont plus importants qu'une seule et unique personne. Mon père le comprenait. Il aurait été tellement déçu de voir comment Ed et ses marionnettistes se comportent et détruisent la compagnie qu'il a bâtie.

La dispute familiale a éclaté au grand jour en septembre lorsqu'Edward Rogers a tenté de congédier le PDG de l'entreprise, Joe Natale, afin de le remplacer par le directeur financier, Tony Staffieri, qui a quitté l'entreprise le 29 septembre.

Lors d'une réunion d'urgence du conseil d'administration, Loretta Rogers et ses filles Melinda Rogers-Hixon et Martha Rogers, qui siègent toutes trois au conseil, ont alors joint leurs forces pour bloquer le plan d'Edward.

Ce dernier demeure à la tête de la fiducie de contrôle de Rogers, l'actionnaire majoritaire de l'entreprise, qui, avec les membres de la famille Rogers, détient 97 % des actions avec droit de vote de catégorie A.

Pour qu'Edward soit forcé d'abandonner son rôle de président de la fiducie, les deux tiers du conseil de 10 personnes devraient voter en faveur de son retrait.

Une saga qui ouvre la porte à plusieurs problèmes

Selon les observateurs, la saga en cours entraînera des problèmes pour l'entreprise sur tous les plans.

Plus cela traîne, [plus on se demande] qui gère les affaires? Qui signe les papiers? Est-ce que c'est entre les mains du nouveau conseil ou de l'ancien conseil?, souligne Richard Powers, directeur académique national de la Rotman School of Management.

D'ici à ce qu'un tribunal se prononce ou que les deux parties parviennent à s'entendre, M. Powers pense que des questions comme celles-ci entraveront l'entreprise et retarderont non seulement les activités quotidiennes, mais également les décisions stratégiques.

Il estime en outre qu'il sera difficile pour M. Natale de rester en poste, indépendamment de l'issue du conflit, et se demande si d'autres personnes quitteront l'entreprise.

Un impact sur l'acquisition de Shaw?

Quelle que soit la faction qui l'emportera, elle devra par ailleurs s'occuper de réaliser l'acquisition de Shaw Communications. Rogers attend toujours les approbations réglementaires pour prendre le contrôle de sa rivale de Calgary, comme convenu dans un accord de 26 milliards de dollars signé plus tôt cette année.

Les actions de Shaw ont chuté ces derniers jours alors que la dispute se poursuit. Rogers a accepté d'acheter Shaw pour 40,50 $ par action, mais lundi après-midi, le titre de Shaw a clôturé à 34,72 $ à la Bourse de Toronto, en baisse de 2,5 %.

Plus cela s'étire, [plus] cela met cette transaction en danger, en particulier si le cours de l'action commence à baisser, fait valoir M. Powers. À partir de quel moment vont-ils renégocier? Pourquoi payer 40 $, alors qu'on peut acheter l'action pour 34 $?

L'analyste Drew McReynolds, de RBC Dominion valeurs mobilières, et son associé Riley Gray croient également que l'accord est menacé. Dans une note aux investisseurs publiée lundi, ils brandissent la menace de dommages collatéraux.

« Les dommages collatéraux semblent désormais inévitables et, à notre avis, ne feront qu'augmenter à mesure qu'une résolution définitive prendra du temps. »

— Une citation de  Analyse de RBC Dominion valeurs mobilières

Ils citent une équipe de direction moins efficace au cours de la prochaine année, au moment où elle fait face aux défis continus de la pandémie de COVID-19 et dans un contexte où les entreprises de télécommunications se livrent une lutte pour lancer la technologie de fibre optique jusqu'au domicile.

L'autre défi est de rétablir la confiance des investisseurs au sujet de la gouvernance et des dirigeants, ajoutent-ils.

Avec les informations de La Presse canadienne

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