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Le cours Culture et citoyenneté québécoise dans les classes de l’Estrie en 2023

Classe d'une école secondaire

Le nouveau cours Culture et citoyenneté québécoise fera son entrée dans les classes graduellement dès 2022.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le cours de Culture et de citoyenneté québécoise viendra bientôt remplacer celui d'Éthique et de culture religieuse dans les classes de l'Estrie.

Dès l'automne 2022, il pourrait graduellement faire son entrée dans certains groupes du primaire et du secondaire avant d'être intégré officiellement dans toutes les classes en 2023, a annoncé le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge, dimanche.

Le nouveau cours se déclinera en trois volets : la culture, la citoyenneté québécoise et la pensée critique.

Contrairement au programme enseigné auparavant, la culture religieuse ne sera plus mise à l'avant-plan.

Exclure la culture religieuse, une décision qui ne fait pas l'unanimité

Le fait d'exclure la notion de culture religieuse de ce cours reçoit néanmoins un accueil mitigé.

La doctorante de l'Université de Sherbrooke Chantal Bertrand a soutenu sa thèse sous le thème La pratique du dialogue en classe d’ECR au secondaire. Elle estime que l'abandon de ces notions de culture religieuse constituent une perte pour la culture générale des élèves.

« Je pense qu'un socle de connaissances sur la culture religieuse était essentiel, c'est ce que recommandent le Conseil de l'Europe et l'UNESCO. »

— Une citation de  Chantal Bertrand, professeure au Département de sciences de la religion de l'UQAM

Selon elle, le cours d'Éthique et culture religieuse amenait une approche novatrice dans les écoles, si bien que des pays comme la Suisse s'en sont ensuite inspirés dans l'élaboration de leur propre programme. Quand on a aucune connaissance sur les croyances de l'autre, c'est très facile de juger, de ne pas comprendre et de ne pas travailler ensemble, fait-elle valoir. Pour sa part, le professeur en droit à l'Université de Sherbrooke, Guillaume Rousseau, qui a aussi été conseiller juridique du gouvernement pour l'élaboration du projet de loi 21, rappelle que l'enseignement de la culture religieuse avait fait l'objet de plusieurs contestations devant les tribunaux.

« Dès que vous parlez de religion à l'école, ça peut heurter la liberté de conscience des parents et des enfants, donc c'est très délicat. »

— Une citation de  Guillaume Rousseau, professeur en droit à l'Université de Sherbrooke

Selon lui, l'enseignement de la culture religieuse risquait ainsi de contrevenir au principe du droit des parents à une éducation conforme à leurs convictions. Il estime qu'il vaut mieux aborder la question sous l'angle historique et sous l'angle des faits en s'assurant de ne pas porter de jugement de valeur positif et négatif. Il croit que ces connaissances pourraient en outre être transmises dans le cours Univers social dans lequel on enseigne notamment l'histoire.

La pensée critique, le droit et la sexualité

Néanmoins, le fait d'axer ce cours sur la pensée critique et d'ajouter différentes notions de droit notamment, est bien accueilli par ces experts.

Le professeur de droit Guillaume Rousseau se réjouit tout particulièrement du fait que les jeunes seront initiés très tôt aux principes des institutions judiciaires et démocratiques québécoises. Il rappelle d'ailleurs que la justice ne s'exerce pas que dans les tribunaux.

« Nos droits, il suffit de les connaître pour les faire valoir auprès des commerçants ou dans le cadre d'un contrat. Je pense que c'est très bon pour l'accès à la justice qu'il y ait cette sensibilisation-là. »

— Une citation de  Guillaume Rousseau, professeur en droit à l'Université de Sherbrooke

Chantal Bertrand affirme, quant à elle, que l'enseignement de la citoyenneté numérique, de l'environnement et de la sexualité constituent des ajouts forts intéressants au programme, même s'il pourrait constituer un défi de bien former les enseignants.

Elle espère que le cours continuera d'inciter les élèves à penser par eux-mêmes dans une approche de « réflexion plutôt que de conscientisation ».

« Il y a des choses qui sont fort intéressantes, ça va être l'angle qui va faire une différence. De demeurer dans une démarche de réflexion éthique et non pas d'arriver avec un protocole de ce qu'il faut dire, de ce qu'il ne faut pas dire. »

— Une citation de  Chantal Bertrand, professeure au Département de sciences de la religion de l'UQAM

Reste maintenant aux enseignants à se familiariser avec le nouveau programme. La professeure Chantal Bertrand qui participe à la formation universitaire des enseignants d'ECR souligne que ce ne sera pas une mince affaire et qu'il faudra s'assurer de donner les outils et le temps aux enseignants pour le faire.

Le ministre Jean-François Roberge a néanmoins assuré qu'une formation sur le cours leur sera offerte, ainsi que du matériel pédagogique adapté.

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