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Une facture plus salée à l’épicerie pour les Nord-Côtiers

Une personne pousse son panier d'épicerie.

Les prix des aliments ont augmenté de près de 4 % au cours de la dernière année, selon Statistique Canada. (archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Après des prix record de l’essence, c’est maintenant au tour de la facture d’épicerie de grimper vers de nouveaux sommets. Sur la Côte-Nord, c'est la goutte qui fait déborder le vase pour plusieurs consommateurs.

Les prix des aliments ont augmenté de 3,9 % au cours de la dernière année, selon Statistique Canada. Le prix du bœuf aurait même bondi de 15 % depuis janvier, toujours selon l'instance fédérale.

Cette augmentation considérable n'affecte pas tout le monde de la même façon, mentionne la députée fédérale de Manicouagan, Marilène Gill. La parlementaire bloquiste constate que certains vivent déjà des difficultés.

« Les gens n'ont pas tout ce qu'ils devraient avoir pour bien vivre. Les aînés sont touchés, les familles bien entendu, les gens à faible revenu, aussi. »

— Une citation de  Marilène Gill, députée fédérale de Manicouagan
Marilène Gill, députée du Bloc québécois pour la circonscription de Manicouagan

Marilène Gill, députée bloquiste de Manicouagan. (archives)

Photo : Marilène Gill

Plusieurs causes expliqueraient l’explosion des prix à la consommation : les ingrédients coûtent plus cher pour les transformateurs et le transport des marchandises fonctionne au ralenti.

Selon l'économiste et directeur principal du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l'Université Dalhousie, Sylvain Charlebois, la rareté de main-d’œuvre influencerait également cette croissance.

Le coût des intrants augmente pour les transformateurs. Pour acheter du blé, de l'orge ou du canola, ça coûte plus cher, mentionne l’expert.

Sylvain Charlebois accorde une entrevue de façon virtuelle à Radio-Canada

L'économiste Sylvain Charlebois, durant une entrevue avec Radio-Canada

Photo : Radio-Canada

M. Charlebois ajoute que la production a diminué récemment. Les inventaires sont en baisse au sein de l'hémisphère nord, résume-t-il. Plusieurs événements comme des sécheresses répertoriées au Canada et aux États-Unis, ainsi que des inondations en sol européen, ont selon lui créé des problèmes majeurs.

Nourrir les animaux coûte plus cher aussi, donc on fait attention à ce niveau-là. C'est pour ça que le comptoir des viandes est un problème, renchérit l’économiste.

Un boucher de dos, regarde le comptoir des viandes dans une épicerie

Le coût de la viande a augmenté, notamment celui du boeuf (archives)

Photo : Radio-Canada

L’éloignement et l’isolement de plusieurs communautés nord-côtières établissaient déjà le coût des aliments à un échelon plus élevé que la moyenne québécoise.

Si l'on ajoute à cette équation les récents problèmes d'approvisionnement qui ont été causés partiellement par la pandémie de COVID-19, les Nord-Côtiers se retrouvent avec une addition particulièrement salée.

Ça coûte des fois un peu plus cher pour livrer en région, mais [si en] plus on rajoute de l'inflation et l'augmentation des prix, vous avez compris que ça va coûter plus cher sur la Côte-Nord, indique le député de René-Lévesque, Martin Ouellet.

Martin Ouellet, député péquiste de René-Lévesque

Martin Ouellet, député péquiste de René-Lévesque

Photo : Radio-Canada

Il est difficile de prédire à quel moment les prix des aliments se stabiliseront. Sylvain Charlebois estime néanmoins que le taux d'inflation alimentaire pourrait continuer d'augmenter au cours de l'année.

Une hausse remarquée

La récente tendance exaspère les consommateurs rencontrés dans une épicerie de Sept-Îles, dimanche matin. Questionné par Radio-Canada, un homme admet avoir remarqué une tendance à la hausse, surtout au niveau des viandes, des légumes et fruits.

Des clients sortent d'une épicerie de Sept-Îles. Ils portent tous des masques.

Des clients sortent masqués d'une épicerie de Sept-Îles (archives)

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Plus tard, une autre cliente indique que ce phénomène la pousse à prendre des décisions. On va faire des choix différemment à l'épicerie ou on va attendre que la viande soit en spécial pour en acheter, cite-t-elle en exemple.

Une autre consommatrice rencontrée pendant ses emplettes est d'avis que le prix ne fluctue pas toujours, mais qu’il demeure important de vérifier les quantités afin de valider qu’on en a pour notre argent.

Quelles solutions?

Le député Martin Ouellet propose la mise en place d'un revenu minimum garanti afin qu’aucun individu ne soit laissé pour compte lorsqu'il est question de se nourrir convenablement.

« C'est un strict minimum. Dès le départ, le revenu minimum nous garantit un revenu d'appoint qui nous permet de mettre du pain et du beurre sur la table. »

— Une citation de  Martin Ouellet, député de René-Lévesque

Pour sa part, la députée Marilène Gill souhaite soutenir la mise en place d’une autonomie alimentaire en région, comme cela se fait progressivement en Basse-Côte-Nord.

Ça leur permet une sécurité aussi, peu importe ce qu'il se passe autour. Au moins, il y a une sécurité dans les communautés, fait valoir l’élue.

Selon le reportage de Lambert Gagné-Coulombe et avec les informations de Philippe Arseneault

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