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Une chasse à l’orignal fructueuse en Abitibi-Témiscamingue

Des carcasses d'orignaux suspendues dans une chambre froide.

Les services de débitage ont fait face à une importante demande lors de la dernière période de chasse.

Photo : Gracieuseté

Tandis que prend fin la période de chasse à l’orignal en Abitibi-Témiscamingue, la récolte a de toute évidence été excellente pour de nombreux chasseurs, alors que des entreprises offrant le service de débitage affirment avoir été confrontées à une importante demande ces derniers jours.

À Rouyn-Noranda, la copropriétaire de la boucherie des Praz, Christel Groulx, soutient que le travail est toujours plus abondant lors des années non restrictives.

Il y a toujours une année sur deux où ça augmente considérablement, étant donné que la femelle est autorisée. Au-delà de ça, la récolte d’animaux a été bonne. Il y a plusieurs chasseurs qui m’ont dit que la call a été excellente cette année. Quand ils callaient, ça fonctionnait », indique-t-elle.

La boucherie des Praz, à Évain, est débordée en période de chasse.

La boucherie des Praz, à Évain, est débordée en période de chasse (archives).

Photo : Radio-Canada / Marc-Olivier Thibault

Les succès ont été tels que Christel Groulx affirme avoir dû refuser plusieurs chasseurs.

Ce n’est pas dans nos habitudes de refuser des gens, mais ce qu’il y a eu de particulier cette année, c’est que dans les quatre premières journées, les chambres froides étaient pleines. C’est vraiment exceptionnel. Ça veut dire qu’après la quatrième journée, j’avais 60 carcasses dans mes réfrigérateurs. C’est la première fois qu’on voyait ça aussi rapidement , soutient Mme Groulx.

Des bêtes gaspillées en raison de la chaleur

Avec les températures chaudes observées durant les premières journées de la chasse, plusieurs chasseurs se sont précipités à l’extérieur de la forêt pour mettre leur bête au frais et faire débiter la carcasse.

D’autres se sont plutôt fait jouer un mauvais tour par les températures élevées.

Pour la première fois, on a dû refuser des gens qui avaient un rendez-vous, mais qui se présentaient avec une carcasse trop dégradée. Il a fait tellement chaud que si tu n’étais pas capable de refroidir ta carcasse, c’est sûr qu’elle allait être abîmée , affirme Christel Groulx.

À Duparquet, le propriétaire de la pourvoirie Fern, Réjean Béchard, soutient avoir connu le même genre d'achalandage pour cette période de chasse. Il ajoute que la gestion de la boucherie et de l’entreposage des carcasses a été complexe, en raison des températures qui sont demeurées bien au-delà des normales pendant plusieurs jours.

J’ai refusé beaucoup de gens. Je n’ai pas eu le choix. Normalement, dans la zone 13 [zone occupant le territoire de l’Abitibi-Témiscamingue, NDLR], avec le froid qui est à l’extérieur, on est capable de prolonger le vieillissement de l’orignal de 12 à 14 jours. Avec ce qui se passait dehors, on a prévu que les orignaux ne feraient pas plus que 8 ou 9 jours. Ça a été beaucoup de refus au début, peut-être 40 à 60 orignaux en tout , détaille-t-il. 

Des morceaux de viande rouge de différentes coupes.

Les boucheries et services de débitage ont été fort occupés durant a période de chasse.

Photo : Pourvoirie Fern

Pour le vice-président de l’Association des chasseurs et pêcheurs de Rouyn-Noranda, Pierre Auger, les chasseurs qui ne sont pas certains de pouvoir conserver leur prise doivent prendre une décision basée sur l’éthique.

« Est-ce que ça vaut la peine que je récolte pour gaspiller? Ou suis-je mieux de conserver un beau souvenir d’avoir vu passer l’animal et peut-être récolter une semaine ou une année plus tard? Avec l’euphorie du moment, parfois les gens vont vouloir récolter, mais récolter pour gaspiller, ça ne donne rien.  »

— Une citation de  Pierre Auger, vice-président de l’Association des chasseurs et pêcheurs de Rouyn-Noranda

Sensibiliser pour éviter le gaspillage

Christel Groulx affirme que la sensibilisation est l’une des solutions pour éviter que des bêtes mal conservées ne soient gaspillées. 

Selon elle, les chasseurs devront s’habituer à de telles chaleurs automnales dans le futur.

Avec le réchauffement climatique, il faudra que les chasseurs pensent à mieux s’équiper pour refroidir les carcasses et le faire plus rapidement que dans le passé. Peut-être que dans le passé, tu pouvais partir sur le party avant de t’en occuper, mais là je pense qu’il faut vraiment s’occuper de sa viande avant de faire le party , croit-elle. 

Réjean Béchard reconnaît que davantage de carcasses ont été gaspillées cette année en raison de la chaleur. Il indique cependant que des moyens simples peuvent être mis en place pour éviter ces pertes. 

Les chasseurs devraient rentrer dans le bois avec des glacières pleines de glace pour refroidir la viande après l’abattage. Il est aussi possible de fabriquer un réfrigérateur ou d’utiliser des airs climatisés, qui fonctionnent avec des génératrices. Là où il y a le plus de gaspillage, c’est 6 à 7 heures après l’abattage. Si la viande ne refroidit pas assez, elle va surir , décrit-il.

C’est assez terrible. Au niveau de la senteur, quand un orignal a chauffé, la senteur de la viande est comparable un peu à celle de la moufette. C’est une viande qui s’en va directement à l’extérieur de la boucherie parce que ça peut empester la place assez vite. Il faut aussi surveiller les mouches, qui peuvent aller pondre dans les trous de balle et produire des vers , indique M. Béchard.

D’après Christel Groulx, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs devrait rendre plus accessible toute documentation susceptible d’éviter ce gaspillage. 

L’éducation, c’est bon pour les jeunes chasseurs, mais aussi pour les plus aguerris. Il y en a qui vont chasser depuis longtemps, mais qui ont de mauvais plis. Couper une carcasse à la hache, ce n’est peut-être pas l’idéal. Il y a des choses qui ne sont pas tout à fait au point, image-t-elle.

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