•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des organismes communautaires ferment leurs portes lundi en guise de protestation

Un homme déguisé en arbitre avec des affiches à l'extérieur.

Plusieurs organismes au Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord suspendent temporairement leurs services lundi dans le cadre d'une journée de revendication.

Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron

Plus de 70 organismes communautaires du Bas-Saint-Laurent et de la Côte-Nord ferment leurs portes pour une durée minimale de huit minutes, lundi, pour faire pression sur le gouvernement. Ils dénoncent un sous-financement de leurs activités.

Dans le cadre de la campagne nationale Engagez-vous pour le communautaire et de la journée d’action Coup de sifflet pour la CAQ, les organismes suspendront leur service à tour de rôle durant la journée. En cumulant les fermetures, les organismes auront été fermés pour la journée afin de faire entendre leurs revendications.

Ce sont 74 organismes du Bas-Saint-Laurent qui participent à la fermeture à relais. À Amqui et à Trois-Pistoles, ils se rassembleront pour se faire entendre.

Sur la Côte-Nord, une dizaine d’organismes participeront à leur manière : affiches placardées sur leurs locaux, fermeture d’au moins huit minutes ou fermeture complète.

Depuis un an et demi, les travailleurs ont contribué au filet social. Bien que les organismes soient des acteurs clés, on vit des enjeux de sous-financement chronique par rapport à notre autonomie et par rapport à un manque de reconnaissance, soutient Émilie Saint-Pierre, coordonnatrice à la Table régionale des organismes communautaires du Bas-Saint-Laurent (TROC).

Mme Saint-Pierre souligne que le Plan d’action gouvernemental en matière d’action communautaire, dont le lancement était prévu au printemps 2021, n’a pas été présenté par la Coalition avenir Québec (CAQ) cet été, lors du dépôt du budget provincial. Elle rappelle également que la CAQ s’était engagée à accorder un meilleur soutien aux organismes communautaires, lors de la dernière élection provinciale.

Il [le plan] était très attendu et on s’attendait à du financement. Rien de tout ça n’est arrivé; pas de plan d’action, pas de financement significatif. Il y a un ras-le-bol des organismes communautaires qui commencent à se faire sentir, soutient-elle.

« Ça fait 50 ans que les organismes travaillent à ce que la société québécoise soit plus juste et plus égalitaire au Québec. »

— Une citation de  Émilie Saint-Pierre, coordonnatrice du TROC Bas-Saint-Laurent
Émilie St-Pierre, coordonnatrice à la Table régionale des organismes communautaires du Bas-Saint-Laurent

Émilie St-Pierre, coordonnatrice à la Table régionale des organismes communautaires du Bas-Saint-Laurent. (archives)

Photo : Radio-Canada

Émilie Saint-Pierre est d’avis qu’au Bas-Saint-Laurent, il manque environ 20 millions de dollars pour que les organismes de la région mènent à bien leur mission. À l'échelle du Québec, le regroupement des organismes estime à 460 millions de dollars le manque à gagner.

Les organismes maintiennent un filet social à bout de bras, avec peu de ressources, et endurent depuis trop longtemps des conditions de travail peu compétitives sans obtenir de reconnaissance, témoigne la coordonnatrice du TROC Bas-Saint-Laurent.

En plus de les aider à accomplir plus efficacement leur mission, les organismes pensent qu’un meilleur financement contribuera aussi à réduire l’épuisement du personnel et des bénévoles.

Par courriel, la ministre du Tourisme et ministre responsable des régions du Bas-Saint-Laurent et de Lanaudière, Caroline Proulx, se dit très sensible à l’apport indispensable des organismes communautaires du Bas-Saint-Laurent pour préserver le tissu social et venir en aide aux personnes vulnérables . Elle mentionne également que les travaux d’élaboration du prochain Plan d’action gouvernemental en matière d’action communautaire sont déjà en cours et s’appuient sur une importante démarche de consultation auprès du milieu communautaire.

Nadia Bérubé, agente de liaison au TROC Côte-Nord, rappelle que les organismes n’ont pas cessé d’offrir leurs services durant la pandémie, assurant ainsi un filet social aux plus démunis. Si on avait à fermer plus qu’une journée, quels seraient les impacts?, se questionne-t-elle.

« Ça fait 15 ans qu’on demande d’être financé à la hauteur des services que nous offrons. »

— Une citation de  Nadia Bérubé, agente de liaison au Troc Côte-Nord

Ils revendiquent par ailleurs un réinvestissement majeur de la part du gouvernement provincial dans les services publics et les programmes sociaux.

Avec la collaboration de Laurie Dufresne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !