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Le manque de personnel dans le transport routier ne s’estompe pas

Deux camions exposés dans une grande halle couverte. Sur la remorque de l'un d'eux est posée une pancarte ''Nous embauchons'' avec un numéro de téléphone écrit en gros.

Avec ses offres d'emploi affichées en grand, le Salon du camion lourd de Québec avait des airs d'espace de recrutement, cette année.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

La pénurie de main-d'œuvre dans l’industrie du camionnage sévit encore et toujours. Les offres d’emploi foisonnent pour recruter des chauffeurs, des mécaniciens et autres. Pour combler leurs besoins, certains employeurs ne ménagent pas leurs efforts et ratissent large.

C’est le cas de François Robitaille, copropriétaire de Services GD, à Québec. Ce fabricant d’équipement de remorquage et de déneigement a publié des annonces sur les sites d’emploi traditionnels. Plus récemment, il s’est adjoint les services de chasseurs de têtes.

En ce moment, lui et ses associés ont besoin de cinq à 10 employés supplémentaires pour faire tourner leur entreprise à plein régime. En attendant, les responsables de Services GD demandent parfois à leurs salariés de cumuler les heures supplémentaires.

Une solution difficilement envisageable sur le long terme, François Robitaille en a bien conscience.

Ç'a ses limites parce qu’à un moment donné, quand tu demandes à tes employés de faire des heures supplémentaires à l’année, ça devient redondant. C’est moins motivant pour eux. Et des travailleurs découragés, c’est plus susceptible de démissionner, craint-il.

Télémédecine et abonnement au gym

Ce patron, comme bien d’autres, a bien compris que pour attirer du monde, il fallait déployer l’artillerie lourde. Les dirigeants du concessionnaire Globocam, présent entre autres à Montréal, Québec et Lévis, font de même.

Quand il s’agit de diffuser une offre, ils ne se limitent pas à mentionner l’intitulé du poste et la rémunération. Ils mettent aussi en avant tous les avantages dont peuvent bénéficier les employés.

Télémédecine, assurances collectives, programme de régime de retraite... On paye aussi pour le gym, énumère Marilou Viau, vice-présidente à la culture et au développement organisationnel chez Globocam.

Le concessionnaire mise aussi sur son personnel. On a des programmes de référencement à l’interne pour inciter nos salariés à parler en bien de notre entreprise à leur entourage.

Des soudeurs tunisiens, des chauffeurs français

Dans ce contexte de pénurie, les professionnels du camionnage ne négligent pas le recrutement à l’étranger. François Robitaille a embauché des soudeurs originaires de Tunisie. Chez Transport Matte, à Donnacona, des camionneurs français complètent les équipes de chauffeurs. Cela ne suffit pas pour autant.

Je pourrais accueillir demain matin un bon 10 camionneurs supplémentaires et j’aurais le travail pour eux sans aucun problème. Même chose pour quatre à cinq mécaniciens en plus, fait savoir Mélany Matte, copropriétaire.

Si le recrutement ressemble désormais à un véritable parcours du combattant pour ces chefs de compagnie, toutes leurs démarches et initiatives portent leurs fruits.

Par l’effort qu’on met dans notre image de marque, on a observé, dans les dernières semaines, des gens venir nous solliciter eux-mêmes. Ce qui ne se voyait pas l’an dernier. On a ainsi pourvu cinq postes sur la trentaine qu’on propose en ce moment, se réjouit Nadia Fournier, adjointe de direction et coordonnatrice en amélioration continue chez Globocam.

Deux personnes à un stand pendant une exposition sont en train de discuter l'un en face de l'autre. Des ballons jaunes sur lesquels on peut lire Zone recrutement sont visibles au premier plan de la photo.

Les concessionnaires qui ont participé au Salon du camion poids lourd de Québec en ont profité pour faire savoir le nombre et le type de postes qu'ils avaient à combler en ce moment et prendre contact avec des candidats potentiels.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Autre lueur d’espoir pour tous ces professionnels, le gouvernement fédéral a mis fin ce week-end à la Prestation canadienne de relance économique (PCRE) et à d’autres aides qu’il versait aux personnes touchées financièrement par la pandémie.

Plusieurs employeurs voyaient d’un mauvais œil ces compléments de revenus au prétexte que, selon eux, ils encourageaient celles et ceux qui les percevaient à délaisser le marché du travail.

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