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Le déconfinement ontarien est-il trop hâtif ou électoraliste?

Le premier ministre ontarien, Doug Ford, et le Dr Kieran Moore, médecin hygiéniste en chef.

Le gouvernement ontarien dit vouloir être très prudent pour éviter d'avoir à confiner de nouveau.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Radio-Canada

Est-ce que le plan de déconfinement de l’Ontario, tel qu’il a été présenté vendredi, est trop hâtif ou électoraliste? Des experts interviewés par Radio-Canada se posent la question.

La province prévoit lever progressivement toutes les restrictions liées à la COVID-19 d’ici la fin de mars, date à laquelle le gouvernement compte éliminer l'obligation de porter le masque dans les lieux publics.

Les Ontariens seront conviés aux urnes pour décider du prochain gouvernement provincial le 2 juin 2022, soit deux mois après la date visée par le premier ministre, Doug Ford, pour la levée totale des restrictions sanitaires.

Évidemment, tout le plan pourrait dérailler si la situation sanitaire empirait.

De fait, si la situation demeure stable, Doug Ford pourra se targuer d’être un bon gestionnaire de crise. Par contre, la politologue Geneviève Tellier y voit un couteau à double tranchant. Si les cas remontent, cela pourrait être politiquement très coûteux pour celui qui a été élu en 2018.

Elle conseille d’ailleurs à Doug Ford de regarder du côté du Nouveau-Brunswick et de l’Alberta. Le premier ministre de cette dernière province, Jason Kenney, est vivement critiqué pour sa gestion de la pandémie de COVID-19.

Le spécialiste des maladies infectieuses à l’Hôpital général de Kingston, le Dr Santiago Perez Patrigeon, se demande s’il ne s’agit pas d’un clin d'œil politique aux récalcitrants. Je ne le sais pas du tout, mais je me pose la question.

Je dirais à M. Ford : regardez un peu dans les autres provinces. M. Kenney est obligé de reculer. Il a un peu la même personnalité que M. Ford. Après avoir largement et très rapidement déconfiné cet été, il a été obligé de confiner à nouveau. Ça n’aide pas son image. Ça n’aide pas sa popularité.

Geneviève Tellier convient qu’il est certes difficile de trouver le juste milieu lorsque vient le temps de gérer une pandémie. Doug Ford va devoir accepter que cela fait partie du jeu et ne pas trop en abuser. S’il déconfine trop vite, les gens vont le lui reprocher, comme on lui a reproché cet hiver de ne pas avoir agi assez rapidement.

La politologue regarde la caméra.

Geneviève Tellier, politologue à l’Université d’Ottawa, photographiée en 2019 (archives)

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Le Dr Hugues Loemba, virologue à l'Hôpital Monfort d'Ottawa, rappelle que le coronavirus a été, bien souvent, plus malin que nous.

De ce fait, il pourrait ne pas avoir dit son dernier mot. On a vu ce qui s'est passé aux États-Unis. Ils ont voulu supprimer le port du masque un peu trop tôt pour les personnes pleinement vaccinées. Il y avait beaucoup de gens non vaccinés autour d'elles, et il y a eu une flambée de la maladie. Il ne faudrait pas que ça arrive ici.

Portrait de l'homme lors d'une entrevue Skype.

Le Dr Hugues Loemba, virologue et chercheur à l'Hôpital Montfort et professeur agrégé de médecine à l'Université d'Ottawa (archives)

Photo : Radio-Canada

Le Dr Santiago Perez Patrigeon considère que ce plan de déconfinement est trop rapide.

Selon lui, le passeport vaccinal devrait rester en vigueur plus longtemps.

Si on vaccine les enfants de 5 à 11 ans, on stoppe la transmission et la pandémie s’arrête, pour l’Ontario du moins. À ce moment-là, on pourra penser à lever les restrictions, dont le passeport vaccinal. Mais tant qu’on n’en est pas là, moi, je ne toucherais pas au passeport vaccinal.

Le médecin croit aussi que les personnes récalcitrantes à se faire vacciner vont simplement s’armer de patience pour revisiter les endroits jugés non essentiels plutôt que de se faire administrer une dose.

Les gens qui ne veulent pas se faire vacciner vont attendre janvier pour aller au bar et au restaurant. Puis, en mars, quand tout sera levé, ils pourront être bien contents. Ils vont se dire : ''On n'a pas eu besoin de se faire vacciner.''

Avec les informations de Fiona Collienne et de Stella Dupuy

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